Paris Match Belgique

N’ayez pas peur du stress, maîtrisez-le !

Faites de vos émotions vos véritables alliées | © Credit : Flickr, Hey Paul Studios.

Modes et styles de vie

À tous ceux qui sont de nature anxieuse, angoissée. À tous les flippés, les stressés de service, les inquiets, les frileux, les défaitistes, les paranos… Rassurez-vous, votre anxiété peut vous offrir de belles surprises. À une condition : que vous appreniez à la maîtriser. La formule magique ? Transformez votre stress en excitation.

Jean est un bon gars. Entreprenant, créatif, il respire la joie de vivre et semble toujours prêt à prendre des initiatives. Son problème : la confiance en soi et le self-control.

Aujourd’hui, il a rendez-vous pour un entretien d’embauche. Un poste très important, selon les dires. Dans l’ascenseur qui le monte au 8e étage de l’immeuble, il panique. Son cœur palpite, sa respiration s’accélère, ses poumons s’agitent en même temps que son estomac vacille. Les gouttes de sueur dégoulinent sur ses pommettes rougies et moites. La dernière fois qu’il s’est senti aussi mal, il a tenté de se calmer avec des mots tels que « relax », « calme-toi » ou encore « ça va bien se passer ». En vain.

Lire aussi : « La charge mentale » ou le syndrome des femmes épuisées de penser à tout, tout le temps

Cette fois-ci, il décide de procéder autrement. De sa bouche asséchée par les émotions, il marmonne discrètement : « Je suis exalté ». Soudain, « chimiraculeusement », la sensation d’anxiété se transforme en un sentiment d’excitation. Paul se sent subitement énergique et déterminé à réussir son entretien d’embauche. Deux heures plus tard, il a le job. Il se sent comme un héros.

Anxiété ou excitation, du pareil au même

Ceci n’est pas une fiction mais de la science, pure et dure. Une science des émotions basée sur le fait que les symptômes physiques – tels que les palpitations cardiaques, les poumons qui se soulèvent, la sudation, l’estomac agité – peuvent traduire des émotions différentes comme la colère, l’anxiété ou… l’excitation.

C’est Ian Robertson, éminent scientifique du Center for BrainHealth à l’Université du Texas qui le révèle dans son dernier ouvrage :  « The Stress Test : How pressure can you make you stronger and sharper« . Ou comment la pression peut-elle vous rendre plus fort et plus performant. Après 30 ans de recherches sur les mécanismes du stress, il déclare dans une récente étude qu’il est possible de s’en servir pour booster ses aptitudes.

Selon l’auteur, « la peur d’avoir peur » pousse les gens à se retrancher dans leur crainte et leur frilosité, générant ainsi un cercle vicieux. Le scientifique rappelle que la maîtrise du stress est primordiale pour développer la confiance en soi et l’épanouissement personnel. Et pour ce faire, rien de tel que d’inverser le processus en transformant le cercle vicieux en un cercle vertueux.

Émotions malléables

Si les mêmes symptômes physiques peuvent traduire différentes émotions (tristesse, peur, colère, excitation, …) alors comment savoir ce que l’on ressent réellement ? Et comment donc maîtriser son anxiété ? La réponse est simple : le contexte.

Lire aussi : Souffrance au travail : un mauvais patron serait pire pour la santé que le tabagisme passif

Selon l’étude de Robertson, il est possible de transformer le stress en une source d’énergie positive et stimulante. Comment ? En interprétant différemment les symptômes et extraire nos émotions de leur contexte. Quand on est en colère, le cœur s’emballe, on respire plus rapidement, le teint rougit, la peau devient moite. Tout comme quand on a la frousse on qu’on est sexuellement excité. En d’autres termes, les mêmes effets d’adrénaline surviennent pour des émotions totalement différentes. La solution résiderait donc dans le fait d’interpréter autrement les symptômes que l’on ressent.

Mieux interpréter les symptômes du stress

Si l’on commence à rougir lorsque l’on prend la parole en public, il suffit de s’imaginer excité (dans le sens positif du terme) plutôt que paniqué. Dans une situation susceptible de nous rendre nerveux, on peut choisir d’adopter deux états d’esprit : la menace ou le challenge, explique Robertson.

Se positionner dans une optique de challenge, c’est donc interpréter son stress comme une opportunité de réussite plutôt que d’échec.

La menace va concentrer votre esprit sur les aspects négatifs de la situation (le risque de vous ridiculiser, par exemple) tandis que le challenge vous orientera vers les versants positifs (impressionner, faire du bon travail).

Les trois mots magiques

Dans son étude, Ian Robertson a démontré que se dire « je suis calme » pour atténuer les sensations d’anxiété ne servait à rien. Que du contraire. Le calme et l’anxiété étant deux sentiments diamétralement opposés, contrer l’un avec l’autre s’avérerait inutile.

Je ne suis pas calme, je suis exalté !

Lire aussi : Hand spinners : enfants accros, la folie des toupies agace les professeurs

En revanche, prononcer les mots – même mentalement – : « je suis exalté » aurait un effet bien plus stimulant. Le sentiment d’excitation étant similaire au sentiment d’anxiété, il serait plus facile de passer d’un état à l’autre. Ses expériences indiquent qu’en prononçant ces trois mots magiques, on se sent non seulement plus confiant mais aussi plus performant et ce dans toutes les disciplines. Ce stimulus biochimique pourrait ainsi booster vos performances en maths, en chant, en prise de parole en public ou même en équitation !

Cette preuve scientifique démontre qu’il suffit de programmer notre cerveau sur le bon mode de manière à faire du stress un véritable allié. De quoi transformer les moments de panique et de solitude du quotidien en petites victoires ordinaires.

Mots-clés:
stress santé science livre
CIM Internet