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La solitude, ce facteur de mauvaise santé

Le sentiment d'isolement empire le vécu du malade, mais peut aussi le rendre plus sujet aux maladies.

Beauté et bien-être

Une récente étude américaine a révélé les effets néfastes provoqués par le sentiment de solitude sur le corps humain. Une personne en « manque d’amitié », ou de vie sociale, serait plus sujette au maladies. 

Un article intitulé « Pourquoi la solitude est-elle tellement toxique ?», publié par le quotidien canadien « The Globe and Mail », révèle les résultats de l’étude récente dirigée par le Dr Chris Fagundes, dont l’intention a été d’explorer ce que la solitude pouvait avoir comme impact sur le corps humain. Professeur en sciences sociales, spécialisé en santé mentale et en psycho-neuro-immunologie, le docteur Fagundes a, pour commencer, voulu étudier l’impact de la solitude sur des personnes déjà malades. Avec son équipe, il a alors recruté 213 participants en bonne santé pour les questionner sur la manière dont ils se sentaient seuls, ou socialement isolés, rapporte le « Globe and Mail ». Ensuite, Fagundes leur a inoculé des gouttes nasales contenant une source de rhinovirus 39, un des virus responsables du rhume banal. Sa première découverte, après que ses sujets se soient tous bien enrhumés :  la solitude accentue la sensation de maladie. En effet, selon ses propres termes, « lorsqu’elles sont malades, les personnes les plus solitaires se sente plus mal » que celles qui se sentent entourées, explique le Dr. Fagundes.

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Solitude ressentie vs. solitude objective

Mais ce n’est pas tout. Fort de ses premiers résultats, le docteur, également professeur du département de psychologie, de l’université Rice de Houston (Texas), dit qu’il suspecte cette sensation accrue de misère de ne pas être uniquement une question de perception. Il lui semble que la solitude accentuerait carrément les risques de maladie lorsque le sujet est en bonne santé. C’est en tout cas le chemin que prends la conclusion de son étude. Ses résultats ont suggéré qu’il serait intéressant pour les services de santé publique de considérer des facteurs psychosociaux comme la solitude ressentie (et pas forcément objective, qui serait, elle, plutôt mesurée aux nombre d’amis et de relations) pour comprendre ce que ressentent les personnes atteintes de maladies graves ou chroniques. Car pour le docteur Fagundes, la recherche sur les effets de la solitude ne devrait pas s’arrêter au seul rhume.

Solution britannique : le Ministère de la Solitude

Et c’est peut-être au Royaume-Uni que la solution est née le mois dernier, avec la création du Ministère de la Solitude avec à sa tête, sa ministre, Tracey Crouch. Pour pallier l’isolement vécu par plusieurs millions de britaniques, l’entité a été créée en janvier 2018.

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« Pour beaucoup trop de gens, la solitude est la triste réalité de la vie moderne », a déclaré Theresa May dans un communiqué. « Je veux relever ce défi pour notre société et pour que nous prenions tous des mesures face à la solitude endurée par les personnes âgées, les accompagnateurs, ceux qui ont perdu des êtres chers – ceux qui n’ont personne à qui parler ou partager leurs pensées et expériences avec », a-t-elle poursuivi.

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