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Du rôle primordial de la sieste au travail

Après la pause café, bientôt la pause sieste ? | © Ostrich Pillow

Beauté et bien-être

S’interrompre dans sa journée de travail pour aller faire une sieste dans un espace prévu à cet effet, un scénario à dormir debout ? Pas selon les spécialistes du sommeil, pour qui cela aurait des effets bénéfiques, ainsi que l’ont bien compris de plus en plus d’entreprises. 

Et pourtant, le pari était loin d’être gagné en 2012 quand le Kickstarter pour créer le Ostrich Pillow a été lancé. Nommé en hommage aux autruches (« ostrich », dans la langue de Shakespeare), ce drôle d’hybride entre un coussin et un casque invite à enfouir sa tête non pas dans le sable mais bien dans un cocon de tissu où oublier son entourage le temps d’une sieste bien méritée. Et nul besoin de lit ou de canapé puisque l’Ostrich Pillow est conçu pour s’endormir à même son bureau. La promesse des concepteurs du coussin : « un micro environnement dans lequel faire une sieste en toute quiétude où que vous soyez ». Un concept visiblement des plus alléchants puisque ce ne sont pas moins de 195 000 dollars qui ont été récoltés pour le financer, au lieu des 70 000 dollars demandés.

Augmenter la mémoire et diminuer le stress

Car les « power naps », ces micro-siestes adoubées par les jeunes parents épuisés et les étudiants en session, sont on ne peut plus bénéficiaires, et auraient le pouvoir d’augmenter la productivité de plus de 30%. Selon l’expert de la santé US Yuri Elkaim, ces power naps augmenteraient également les capacités de mémoire et d’apprentissage, tout en diminuant le stress et en améliorant la bonne humeur. Tout bénéfice, donc, pour les entreprises. Où la pratique est (très) lentement mais sûrement en train de se normaliser. Comme toujours, lorsqu’il s’agit de cadres de travail visionnaires, c’est de la Silicon Valley que l’influx est venu, les grandes entreprises qui s’y trouvent bénéficiant toutes ou presque d’espaces où les employés peuvent s’isoler le temps d’un micro sommeil réparateur.

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Flickr @ vtengr4047

Des pauses qui peuvent paraître en contradiction totale avec la philosophie de « présentéisme » qui prévaut encore dans le monde du travail, qui semble pourtant avoir tout à gagner en rendant les pauses sieste possibles. Comme le souligne la spécialiste du sommeil Christabel Majendie, « une courte sieste en cas de pic de fatigue au travail amène à une meilleure attention, ce qui donne lieu à une performance augmentée et à des capacités de mémoire restaurées ». Mais gare toutefois à y voir la solution miracle. Le spécialiste britannique des cycles du sommeil James Wilson rappelle en effet qu’une sieste ne remplace pas une bonne nuit de sommeil, et peut même avoir tendance à empirer des cycles du sommeil irréguliers. Un rappel nécessaire quand on sait qu’un Belge sur deux se lève fatigué au moins un jour par semaine.

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