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Cosmétiques : les fabriquer soi-même pour ne plus se méfier

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"Une fois qu’on a compris ce qu’il y a dedans, on ne voit plus la cosmétique de la même manière". | © Instagram/senzcosmetics

Beauté et bien-être

Déodorant solide au palmarosa, gommage au café, dentifrice en tube à l’argile (avec sa brosse à dents en bambou)… Les consommateurs se tournent de plus en plus vers des produits naturels pour une maîtrise totale de leurs ingrédients, plus respectueux de l’environnement et de la peau. Décryptage avec l’une des adeptes de la slow cosmétique, Sophie Trenteseaux, créatrice de Make Senz.

Le tablier à peine enfilé, Sophie Trenteseaux se retourne vers les huit participantes à son atelier du jour. « Vous êtes prêtes ? » Devant chacune se trouvent quelques ustensiles. Deux berlins en verre, une balance, un fouet, un batteur électrique… Si à première vue cet atelier ressemble davantage à un cours de chimie ou un cours de cuisine, ici il est bien question de cosmétiques naturels. Appuyée sur la table, au fond de sa boutique à Ixelles, nichée entre la place du Châtelain et la rue du Bailli, Sophie Trenteseaux connaît bien l’exercice. Celle qui a longtemps travaillé dans l’univers des cosmétiques traditionnels a créé Make Senz, autrefois Senz, il y a six ans. « Je me suis rendue compte des limites du conventionnel », confie-t-elle, après un projet « pseudo-bio » qui l’a déçue. « Quand je me suis formée en aromathérapie, je me suis dit qu’on pourrait partir de là pour créer quelque chose de naturel ». 

À l’époque trop avant-gardiste, son concept s’accorde aujourd’hui parfaitement aux valeurs défendues par la tendance du retour naturel, qui connaît un réel engouement depuis deux-trois ans. « J’ai envie de proposer une alternative à la cosmétique industrielle, pas une cosmétique qui vend du miracle mais une cosmétique authentique, soucieuse d’accompagner et de respecter la peau dans tous ses états », annonce la formatrice qui défend des produits sains, éthiques et écologiques. Et cela se ressent directement dans son magasin d’où se dégage, dès la porte franchie, une odeur enivrante d’un mélange d’huiles d’essentielles qui donnent le ton. Dans cette boutique tout en longueur et en sobriété, Sophie propose une gamme de produits propres créés et fabriqués à la main en Belgique, des produits européens, eux aussi certifiés bio et vegan, ou encore des ateliers pour réaliser soi-même ses cosmétiques.

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Chasser le naturel, il revient au galop

Cet après-midi, ce sera « gamme visage sur mesure », l’un des plus « populaires », précise la créatrice de Make Senz, mais « ils fonctionnent tous bien ». Autour de la table, les huit participantes ont des profils bien différents : des curieuses qui commencent seulement à s’intéresser à la cosmétique naturelle, des adeptes de longue date venues apprendre à fabriquer pour ne plus devoir en acheter, des jeunes mamans, des peaux que la cosmétique conventionnelle n’aurait pas réussi à traiter… Mais toutes ont décidé de sauter le pas pour enfin savoir ce qu’elles mettent sur leur peau.

Je suis convaincue qu’utiliser des produits naturels est plus respectueux et plus bénéfique sur le long terme, pour la peau et pour son équilibre.

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Make Senz

« Les produits conventionnels ne soutiennent pas l’équilibre naturel de la peau. Ils vont plus le perturber que l’améliorer », déclare Sophie Trenteseaux. Silicones, parabènes, matières plastiques, pigments, huiles minérales… Ce que cache la cosmétique industrielle derrière des noms scientifiques souvent compliqués à retenir empêchent en réalité à la peau de s’auto-équilibrer. « Un cercle vicieux s’installe », commente la créatrice de Make Senz. Face aux imperfections laissées par ces produits douteux, « on a tendance à surconsommer des produits pour aller mieux ». Alors que les produits industriels sont bourrés de produits dangereux pour la santé et pour la peau, parfois cancérogènes, les produits naturels semblent être la solution pour retrouver confiance en la cosmétique.

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Selon moi, c’est bien plus sain de fonctionner comme cela que de vouloir tuer une mouche avec un bazouka, alors que ce n’est pas nécessaire.

Back to basics

Crème de jour, crème de nuit, baume à lèvres, crème anti-rides, anti-cernes… Les grandes marques bombardent de produits vendus comme la solution à tous nos problèmes. Pourtant, pour Sophie Trenteseaux, « cela n’est pas toujours nécessaire ». « Souvent aux gens qui viennent avec une grosse problématique de peau, je leur dis d’abord : back to basics », explique l’adepte du « less is more ». « Cela met du temps, c’est l’inconvénient du naturel. C’est le prix à payer pour y arriver. Selon moi, c’est bien plus sain de fonctionner comme cela que de vouloir tuer une mouche avec un bazouka, alors que ce n’est pas nécessaire ».

Si beaucoup de personnes pensent qu’elles ont de gros problèmes de peau, Sophie Trenteseaux assure que ce n’est pas souvent le cas. « Avec une hygiène de base et quelques conseils, on peut arriver à rétablir un équilibre », préconise-t-elle en précisant qu’elle ne remplacera jamais un dermatologue.

Faire le ménage naturellement

Mais Make Senz ne propose pas seulement de la cosmétique, on peut y trouver ou y fabriquer des produits ménagers. Ici encore, la formule « less is more » est de mise, à l’heure où il existe de nombreux produits ménagers, souvent chers. Jen, l’animatrice de l’atelier mensuel, va aider les personnes à prendre conscience que ce n’est pas nécessaire. « Avec quelques ingrédients, on arrive à faire beaucoup de choses », souligne Sophie. Moins technique que les cosmétiques, l’atelier « produits ménagers » est une bonne base pour refaire les recettes chez soi.

Et en ce qui concerne les cosmétiques ? « Le vrai frein au départ, c’est l’achat du matériel et la durée de vie des matières premières ». Mais, même pour cela Make Senz a la solution : « on propose des ateliers libres, où les personnes peuvent revenir ici pour fabriquer leurs produits, avec nos matières premières et nos ustensiles. Cela évite aux personnes de devoir investir et de gaspiller ».

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