Pourquoi les taches de rousseur d’une mannequin font polémique en Chine

Pourquoi les taches de rousseur d’une mannequin font polémique en Chine

taches de rousseur

Les taches de rousseur de Jing Wen sont habituellement dissimulées sous du maquillage ou retouchées sur Photoshop. | © Capture d'écran/Zara

Beauté et bien-être

Zara a suscité un vaste débat en Chine en publiant récemment des photos de l’une des mannequins phares du pays sans retoucher ses taches de rousseur.

« La beauté est ici ». Voilà le nom de la nouvelle campagne publicitaire de Zara pour promouvoir sa dernière gamme de rouge à lèvres. Sur les images apparaît l’une des plus célèbres mannequins chinoises Jing Wen. Hormis ses lèvres colorées, la jeune femme présente un maquillage plutôt naturel, révélant même ses taches de rousseur. Un détail qui n’est pas passé inaperçu aux yeux de nombreux Chinois, habitués à les voir retouchées sur Photoshop.

Sur Sina Weibo, l’équivalent chinois du réseau social Twitter, certains internautes contrariés par ces images ont accusé la marque espagnole d' »enlaidir » la mannequin, en offrant une représentation peu flatteuse et non représentative des femmes asiatiques. « Après avoir vu cette publicité, j’ai décidé que je n’achèterai plus de produits de chez Zara », écrit une internaute, citée par CNN. « Non pas parce que je pense que le modèle est moche, mais parce que vous discriminez la vision de la beauté des Asiatiques. » « Nous, les femmes asiatiques, n’avons pas de taches de rousseur », déclare une autre, avant d’ajouter que la marque « a dû faire de gros efforts pour trouver un tel mannequin ». 

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Face à la polémique, une porte-parole de Zara a précisé que la campagne de publicité ciblait le marché mondial, et non pas la Chine en particulier, ajoutant que les photos avaient été réalisées « sans trucages ». « C’est ce à quoi Jing Wen ressemble, et les photos n’ont pas été retouchées ». Une démarche saluée par de nombreux internautes chinois. « Chaque personne a une compréhension différente de la beauté et nous n’avons pas besoin d’avoir la même vision de l’esthétique », peut-on lire en commentaire sur Weibo, selon CNN, « mais nous devons être ouverts aux différents visages ». Plusieurs journaux appartenant à l’État, souvent connus pour avoir critiqué les entreprises occidentales pour leurs supposées transgressions en Chine, se sont également exprimés en faveur de la campagne.

Une beauté porcelaine

En Chine, les teints pâles et impeccables sont souvent considérés comme plus attrayants, complexant les femmes qui ne respectent pas naturellement ce standard de beauté, valable également pour une large partie des pays asiatiques. Les produits pour éclaircir la peau, non sans conséquences, sont d’ailleurs monnaie courante dans l’industrie cosmétique. Certaines même n’hésitant pas à passer par une intervention au laser pour se faire retirer des grains de beauté ou leurs taches de rousseurs.

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Si elle n’a pas encore réagi à la polémique, Jing Wen avait déjà évoqué ses taches de rousseur dans une interview à Vogue en 2016, citée par la BBC. « Quand j’étais petite, je les détestais vraiment parce que normalement les Asiatiques n’en ont pas. Au lycée, j’essayais toujours de les couvrir, mais maintenant c’est bon. Je les aime bien, et ça suffit ».

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