Beauté bio : Décryptage des produits naturels

Beauté bio : Décryptage des produits naturels

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Acheter sans emballage est la meilleure solution pour réduire son empreinte environnementale. | © Christin Hume/Unsplash

Beauté et bien-être

Pour la planète et votre peau, vous avez décidé d’adopter un rituel écolo. Quels produits acheter, quels résultats attendre ? Suivez le guide. 

Le bio est-il vraiment efficace ?

La vraie question à se poser est : « Pourquoi le bio serait-il moins efficace ? » Si on en doute, c’est que, longtemps, la cosmétique biologique n’a pas revendiqué ses performances. Les clientes bio d’aujourd’hui réclamant du résultat, les marques dégainent enfin des tests. « Certains produits bio peuvent même être meilleurs que le conventionnel, souligne Aurélie Schanker, directrice marketing chez So’Bio Etic. Dans le bio, 70 % en moyenne des ingrédients sont actifs, car on utilise, pour créer les textures, des huiles végétales, contrairement au conventionnel qui a facilement recours à des substances inertes, non assimilables par l’organisme, comme des huiles minérales, des silicone ». De plus, le bio n’est pas cantonné aux « recettes de grand-mère ». Les méthodes d’extraction d’actifs naturels se sont perfectionnées et certaines molécules prisées du conventionnel pour leur haute efficacité anti-âge sont autorisées en bio, comme l’acide hyaluronique et l’ascorbyl glucoside, une vitamine C stabilisée.

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Et si on devenait minimaliste ? ©Holger Link/Unsplash

Peut-on faire confiance au bio « pas cher » ?

Longtemps, l’argument anti-bio a été le prix, jugé trop élevé. Des tarifs qui peuvent s’expliquer notamment par le coût des matières premières naturelles, le choix d’ingrédients issus de filières éthiques. Désormais, le secteur se démocratise, notamment avec l’arrivée de gammes certifiées en grandes surfaces. Précurseur du bio abordable, So’Bio Etic, du groupe Léa Nature, revendique des produits « à petits prix », mais pas des formules « à bas prix ». « Nous mettons l’argent où il faut, à savoir dans le produit et pas dans des coûts marketing, explique Aurélie Schanker. Nous sous-traitons aussi très peu et notre modèle d’entreprise familiale et indépendante nous permet de pratiquer des taux de marge inférieurs à la norme ». D’autres marques, comme Garnier Bio ou La Provençale, qui appartiennent au géant L’Oréal, misent sur les volumes pour réduire les coûts.

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Faut-il acheter forcément certifié ?

Le naturel étant de plus en plus prisé, il devient un argument marketing pour les marques qui mettent en avant leurs ingrédients végétaux… et passent le reste sous silence. Jusqu’à présent, pister les mentions « sans » (silicone, huiles minérales…) servait de repère. « À partir du 1er juillet, elles seront interdites en France et il deviendra compliqué de revendiquer l’absence d’ingrédients controversés », constate Aurélie Schanker. Si on ne sait pas décrypter la liste des composants, la certification bio par Ecocert s’impose plus que jamais comme une référence. Ce qui ne signifie pas qu’en dehors du bio certifié tout est à jeter. De nombreuses marques font des efforts pour formuler avec un maximum d’ingrédients naturels, sans produits issus de la pétrochimie, sans molécules décriées et tout en réduisant leur impact environnemental ; on les regroupe sous le terme « clean beauty ».

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Les produits bio ne sont ni spécialement plus chers ni moins efficaces. ©ANDI WHISKEY/Unsplash

Quels emballages choisir pour être plus écolo ?

Le pack idéal est celui qui n’existe pas ! Acheter solide (un pain de savon plutôt qu’un gel douche) et sans emballage est la solution la plus radicale pour limiter son empreinte environnementale. Cependant, l’offre étant encore très limitée, le recours au verre et au plastique est quasi inévitable. Si le verre a l’avantage de bien se recycler, il est très énergivore au moment de la fabrication comme du transport. Les marques réduisent donc de plus en plus le poids de verre de leurs récipients ou misent sur le rechargeable. Concernant le plastique, produit issu de la pétrochimie, on salue le développement de flacons composés en partie de plastique recyclé (le 100 % recyclé est encore rare). Le plastique végétal, obtenu à partir de canne à sucre, offre une solution alternative sans une goutte de pétrole. Les emballages à éviter au maximum : les gros pots lourds en verre, les flacons en plastique « neufs » et, de manière générale, les tubes plastique, souvent polymatériaux et donc difficiles à retraiter. Quel que soit le choix que l’on fait, l’important c’est aussi de jeter ses emballages vides dans la bonne poubelle de tri.

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Les labels

Ecocert et Cosmebio : Pour ces labels, 95 % du total des ingrédients sont d’origine naturelle, 95 % des ingrédients végétaux et 10 % du total des ingrédients sont issus de l’agriculture biologique. Ne sont pas autorisés les OGM, silicones, huiles minérales, parabènes, phéno-xyéthanol, parfums et colorants de synthèse, perturbateurs endocriniens. Les packs sont soit biodégradables soit recyclables. Pour avoir le label Cosmebio, il faut être certifié par Ecocert.

Cosmos : Cette norme européenne offre les mêmes garanties qu’Ecocert et Cosmebio, mais va plus loin avec 20 % du total des ingrédients issus de l’agriculture biologique.

Végan : Les ingrédients d’origine animale sont interdits, y compris le lait et le miel. Produit fini et ingrédients ne sont pas testés sur les animaux. Un produit végan n’est pas forcément bio ou naturel.

Mots-clés:
cosmétiques bio
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