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Tri dans sa salle de bain : La fondatrice de la marque belge Bee Nature nous aide à déchiffrer l’étiquette de nos produits cosmétiques

produits de beauté étiquette santé

Le confinement est la période idéale pour faire le tri dans sa salle de bain et commencer à acheter des produits de qualité pour notre santé. | © Unsplash / Charisse Kenion.

Beauté et bien-être

Marine André, à la tête de la gamme de cosmétiques bio Bee Nature, nous apprend à distinguer un bon produit d’un mauvais en un claquement de doigts.

 

Le confinement est la période idéale pour faire le tri dans sa salle de bain et commencer à acheter des produits de qualité pour notre santé. En effet, nous sommes de plus en plus nombreux à nous soucier des bienfaits sanitaires et environnementaux de nos produits cosmétiques. De plus en plus d’applications permettent aujourd’hui d’obtenir une note en un clin d’oeil sur n’importe quel produit de beauté scanné : Yuka, Clean Beauty,…

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Pourtant, les étiquettes de nos produits de soin ne sont pas si indéchiffrables que nous l’imaginons. S’ils sont bien souvent écrits en tout petit et remplis de termes difficiles à traduire, il peut devenir aisé de les décrypter pourvu qu’on ait la bonne méthode. Surtout si votre application n’a pas encore répertorié le produit que vous souhaitez analyser. Le confinement est l’occasion rêvée pour analyser la composition vos produits de soin quotidiens – ceux que vous utilisez peut-être depuis des années – et peut-être opter pour des cosmétiques plus sains à l’avenir. Voici les conseils experts de Marine André, directrice et créatrice des soins dermocosmétiques naturels belges Bee Nature

 

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Comment savoir si je peux faire confiance à un produit cosmétique ?

1. Se repérer au packaging

« Avant de s’attaquer à la recette, on va faire attention au packaging », prévient Marine André. « Il s’agit de développer notre sens critique. On est face à un rayon et on ne sait à priori pas à quoi on a affaire ».

La première chose qui doit nous sauter aux yeux concerne le pourcentage d’ingrédients naturels, s’il est haut, il sera généralement revendiqué sur le packaging. On lira ainsi « Plus de 95% » ou « Plus de 99% ». Rappelons qu’un produit cosmétique est considéré comme naturel lorsqu’il dépasse les 95% d’ingrédients naturels. On peut donc déjà se diriger vers ce type de produits.

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La seconde étape consiste à regarder si un label bio se trouve sur le packaging, c’est le second indice à repérer. Il existe des labels belges, européens, américains, allemands,… La plupart se valent. Certains feront attention à des éléments plutôt qu’à d’autres (méthodologie, formule,…) mais on peut leur faire confiance. « S’il n’y a pas de label bio, cela ne veut pas dire que le produit n’est pas bon. Un label bio est très cher à financer – nous n’en n’avions d’ailleurs pas au début – mais il est généralement un bon indicateur de la qualité du produit ».

 

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2. Analyser la recette

C’est la fameuse liste INCI (International Nomenclature for Cosmetic Ingredients). Il s’agit de la liste d’ingrédients, la composition de votre produit en gros. À nouveau, il s’agira de procéder par étapes.

La première chose à vérifier est que votre produit comporte des huiles végétales et pas d’huiles minérales. Les huiles minérales sont faciles à identifier, ils se présentent généralement sous les termes « paraffinum liquidum », parfois aussi appelé « petrolatum ». Issu du pétrole, c’est l’ingrédient à éviter à tout prix. « Cette huile forme une barrière imperméable avec l’extérieur et empêche la peau de respirer et donc de se déshydrater. À l’inverse, l’huile végétale va apporter des acides aminés et des vitamines pour, à l’inverse, nourrir la peau », explique Marine André.

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Le second ingrédient à éviter est le phénoxyéthanol, un perturbateur endocrinien. « On le retrouve dans beaucoup de cosmétiques. Il s’agit d’un agent texturant qui va donner une belle texture à vos produits cosmétiques et jouer un rôle de conservateur mais dérégler votre système hormonal ».

Le troisième ingrédient à proscrire ? Les parabens, ou tout ce qui termine généralement en « aben ». Il y en a malheureusement beaucoup dans un nombre important de produits de beauté.

Étape suivante, l’EDTA. Ce sont tous les ingrédients qui terminent en « inon », « iconon », « syloxan », etc. Il s’agit des silicones que l’on va retrouver dans les shampooings, pour leur donner une texture agréable. Le problème, c’est qu’il est aussi largement accusé de toxicité, pollution et irritations.

 

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Il y a ensuite le Sodium Lauryl Sulfate (SLS). Ces sulfates vont, au contact de l’eau, mousser et éliminer les corps gras. Ils agissent en réalité comme des détergents puissants et ils sont présents dans la majorité des produits que l’on utilise sous la douche : shampooings, après-shampooings, gels douche, savons… « Les gros laboratoires vont en mettre plusieurs très agressifs et irritants. En les bannissant de vos produits du quotidien, votre cuir chevelu et votre corps se porteront beaucoup mieux. »

Pourquoi apprendre à déchiffrer une étiquette cosmétique quand on a Yuka ?

« Yuka va vous aider la cosmétique naturelle mais ne prend pas en compte tout le côté tolérance dermatologique », prévient Marine André. « On peut avoir une formule avec 90% d’ingrédients d’origine naturelle mais qui peuvent être mauvais pour la peau ». Il n’existe pas encore d’application pour la tolérance cutanée des ingrédients dans les cosmétiques. « Naturel et dermatologique ne veulent pas du tout dire la même chose », ajoute-t-elle.

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Sa marque de cosmétique Bee Nature propose notamment une gamme pour les bébés et leurs mamans – Babee Nature – qui prend en charge le caractère naturel ET dermatologique des produits.

Attention au greenwashing

Pour sa marque de soins dermocosmétiques Bee Nature, Marine André a décidé de tout miser sur un ingrédient : le miel. Cet ingrédient millénaire aux nombreuses vertus est connu des vieux remèdes de grands-mères. Capable de soigner les plaies, les blessures mais aussi d’embellir la peau, il contient à lui tout seul plus de 180 éléments nutritifs qui viennent combler les déficits de la peau.

 

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Le miel est donc un élément important de son packaging, mais il se retrouve aussi en tête dans la recette de chaque produit. « Si une marque revendique un ingrédient en particulier (miel, avocat,…), il doit apparaître en second dans liste d’ingrédients, juste après l’eau qui sera toujours en premier. Si l’ingrédient se retrouve en avant-dernière place dans la formule, c’est qu’il s’agit d’un parfum synthétique, c’est du greenwashing ». La liste INCI est toujours présentée dans l’ordre décroissant.

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« On fonctionne également par formules très courtes chez Bee Nature. Plus il y a d’ingrédients, plus il y a de risques d’allergie », ajoute également Marine. Dernier élément important à préciser, ne vous fiez pas au pourcentage à côté de l’ingrédient principal. 5% de miel, c’est en réalité dix fois plus que dans la plupart des autres recettes cosmétiques. Lorsqu’une marque revendique un ingrédient, on le retrouve généralement entre 0,5 et 1%. Pourquoi pas plus que 5% ? Si le chiffre paraît faible, il s’agit en vérité du juste dosage pour que l’ingrédient fasse un maximum son effet.

Pour conclure, rappelons qu’au-delà d’un tri important dans ses produits de beauté, c’est un mode de vie et des choix globalement plus sains qu’il convient d’adopter : nourriture, vêtements, produits de nettoyage,…

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