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Pour échapper au confinement, si on testait la méditation ?

Méditation peut nous aider pendant le confinement

En cette période, de plus en plus de personnes font face à des troubles anxieux. | © Ksenia Makagonova/Unsplash

Beauté et bien-être

La méditation n’est pas un exercice facile, mais en ces temps stressants et confinés, elle peut être une manière de s’apaiser.

 

Cela fait maintenant sept semaines que les Belges sont confinés à cause de la pandémie de covid-19. Sept semaines. Soit, presque aussi longtemps que toutes les vacances d’été. Vu comme ça, on comprend que certaines personnes puissent trouver que ce confinement s’éternise. Mais pour l’aborder un peu plus sereinement, éviter de bouillonner et que notre colère explose, pourquoi ne pas commencer à se mettre à la méditation ?

La méditation, pour qui ?

Pour les parents qui s’occupent de leurs enfants, enfermés 24/24h à la maison, tout en continuant à travailler à distance, pour les personnes confinées seules qui ne voit depuis presque deux mois que cette même personne avec laquelle elles vont courir deux fois par semaine, pour les couples qui commencent à être mis à rude épreuve ou pour ces colocations qui commencent tout doucement à taper sur le système, il est temps que ça se finisse. Et c’est bientôt le cas. La première phase de déconfinement a débuté ce lundi. Pour toutes les personnes qui commencent à trouver le temps long et qui ont de plus en plus de mal à aborder cette pandémie sans angoisser.

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De plus en plus de personnes adoptent ce voyage intérieur. À tel point que sur l’application Petit Bambou, la star en matière de méditation grand public autonome, les inscriptions ont explosé depuis le début du confinement. « Cela démontre une soif de résilience, mais aussi un besoin de communion », confie son cofondateur Benjamin Blasco au Monde.

D’après une enquête de l’institution publique Sciensano auprès d’un échantillon de 44 000 personnes, « les troubles anxieux (20%) ont fortement augmenté depuis le début de la crise du coronavirus en comparaison avec les résultats de l’enquête de santé de 2018 (11%) ». Assailli par les changements de plan, l’avortement de nos projets pour les prochains mois, l’incertitude de la situation et les véritables risques qui existent pour notre santé et celle de nos proches, on se retrouve perdus et démunis. Sans oublier qu’avec lui, le confinement a apporté son lot d’éloignement social et de liens coupés. Or, l’être humain est un animal sociable. Tout cela forme donc un cocktail explosif pour notre santé mentale et notre bien-être. Alors, à la recherche d’une forme d’apaisement, la population se tourne tout doucement vers ce qui est à portée de main : des applications de sport, yoga ou méditation, des exercices courts et facilement réalisables à la maison.

Et pour quoi faire ?

Dans une interview dans l’émission CQFD de la RTBF, le docteur en psychologie à l’ULB, Ilios Kotsou, explique que des études ont démontré que la méditation pouvait réduire jusqu’à 51% le taux de cortisol, soit l’hormone du stress. Sur France 3, Emmanuel Faure, instructeur MBSR (Réduction du Stress Basée sur la Pleine Conscience) à Lille, explique les impacts que des séances courtes de méditation de pleine conscience (une dizaine de minutes par jour) ont pu avoir sur une centaine de personnes testées à Wuhan pendant leur période de confinement. « On se rend compte finalement qu’il y a une différence d’anxiété ou de qualité de sommeil entre les personnes qui pratiquent la méditation et celles qui ne la pratiquent pas », rapporte-t-il.

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Certes, la méditation n’aura aucun impact sur le confinement. Cependant, elle pourrait nous permettre de nous ancrer dans la réalité plus que jamais. Grâce à la pleine conscience, on arrive à s’analyser, à comprendre nos émotions et nos réactions. « La méditation va me révéler à moi-même mon stress, ma colère ou pourquoi pas ma haine. Je peux remettre alors en question cette réaction automatique. Je deviens conscient de la situation, et des sentiments qui m’animent en général, si je médite régulièrement. Cette attention à soi et cette prise de conscience rendent plus lucide, permettent répondre plus que de réagir et donc de modifier son comportement », explique encore Emmanuel Faure.

Promesses de réduction du stress, d’une meilleure attention et d’un recul sur ce qui nous arrive. C’est le moment de tester cet exercice, même si ce n’est que quelques minutes par jour.

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