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« Tutti Frutti », les diamants colorés exceptionnels d’une joaillerie liégeoise

David Marchal, heureux d’incarner la troisième génération d’une maison née en 1922. | © DR

bijoux

Pourvu qu’il y ait une multitude de couleurs. Voilà la devise de cette bijouterie-joaillerie-horlogerie de la Cité ardente. Depuis une dizaine d’années, en effet, on voue ici un véritable culte aux diamants qui ne sont pas blancs. Par Nadia Salmi

C’est un monde à part, impossible à quitter une fois qu’on y est entré. Et ça tombe bien pour David Marchal, qui y trouve chaque jour son bonheur. « C’est en voyant les diamants de couleur dans un écrin que l’idée d’une collection Tutti Frutti m’est venue il y a trois ans. C’est ma préférée. Pour réaliser ces bijoux d’exception, je mixe les tonalités froides ou chaudes en fonction de la carnation de la personne. »

Beauté dans la rareté

Il faut dire que la combinaison de couleurs est d’une richesse incomparable : rouge grenat, vert, orange, jaune canari, rose ou encore brun. On trouve de tout, d’où l’utilité d’avoir une nomenclature pour classer les nuances. Le GIA (Gemological Institute of America) a mis au point une échelle de gradation d’intensité. « Un diamant de couleur est beau s’il rentre dans le club des “fancy colors” , c’est-à-dire s’il a une tonalité vive. C’est ce qu’il y a de plus rare, en fait. Pour notre collection Tutti Frutti, nous ne travaillons qu’avec la crème de la crème des diamants : les “fancy intense” ou “fancy vivid” . »

La bague Tutti Frutti, un bijou d’exception : 1,23 carat de diamants de couleur et 0,64 carat de brillants, 11 000 euros. DR/David Marchal

Encore faut-il les trouver… Chaque année, David Marchal fait inlassablement le tour des bourses diamantaires : Anvers, Hong Kong et Ramat Gan, un quartier de Tel Aviv. Là, les pierres sont taillées, prêtes à l’emploi. Un avantage dans un parcours semé d’embûches. Car la nature n’est pas très généreuse en ce qui concerne les diamants de couleur. Ils sont en effet plus rares que le diamant blanc, le saphir, l’émeraude ou le rubis. « Imaginez qu’à l’échelle de la production mondiale, on doit retourner dix mille diamants pour en trouver un qui soit jaune, vert ou orange. C’est vraiment très difficile de maintenir ma gamme de pierres. Pour réaliser un bijou Tutti Frutti, il me faut en permanence une centaine de diamants. C’est dire si, au début, j’avais du mal à m’en défaire quand j’en vendais. »

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La vie en rose

Pour beaucoup d’amoureux du diamant, la crainte augmente au fur et à mesure qu’une mine se tarit. C’est le cas d’Argyle, qui se trouve dans le nord-ouest de l’Australie et fournit 80 % des diamants bruns et 90 % des diamants roses. Un problème de taille, car cette mine fermera fin 2020. « Ce qui inquiète les uns fait le bonheur des autres, à savoir les investisseurs. En attendant, je continue de sélectionner et de travailler ces pierres précieuses avec mon équipe. C’est du 100 % made in Belgium. »

Nous sommes conscients d’exercer un métier privilégié.

Du croquis à la monture en passant par le sertissage des pierres, tout est fait à la main. Avec, à chaque fois, le souci du détail, hérité du passé. La maison Marchal fêtera en 2022 son centième anniversaire : l’occasion pour la troisième génération de se réjouir, puisque la saga familiale continuera avec Tom. « Nous sommes conscients d’exercer un métier privilégié », conclut David. « D’abord parce que nous manipulons des pièces exceptionnelles. Ensuite, parce que nous sommes en contact avec des gens qui sont toujours de bonne humeur. L’acquisition d’un bijou est un moment magique. A nous de le respecter en créant ce qu’il y a de plus merveilleux. » n

Pus d’infos sur joaillier-marchal.be.

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