Paris Match Belgique

Bijoux : Jeanne Toussaint, la « Panthère » belge qui fit chavirer Cartier

Jeanne Toussaint, la muse qui a inspiré la collection Panthère. On la surnommait aussi « la Coco Chanel de la joaillerie ». | © DR

bijoux

Elle a si fière allure qu’elle se décline à l’infini… En onyx, rubis ou émeraude, la Panthère n’a pas fini de montrer son pouvoir de séduction. Par Nadia Salmi.

Tout commence en 1914, avec un motif qui devient vite l’emblème de cette maison rendue célèbre par Louis Cartier, le petit-fils du fondateur. L’homme est en effet tombé sous le charme d’une Belge résolument libre, Jeanne Toussaint, surnommée alors « la Panthère » par le Tout-Paris qui applaudit sa singularité, son esprit et sa détermination. De quoi inspirer le bijoutier, qui crée pour elle en 1917 un étui à cigarettes décoré du fameux félin entre deux cyprès.

Talent et vision

C’est la première apparition du motif, le début d’une histoire importante, puisque Louis Cartier invite ensuite Jeanne à travailler avec lui. Un choix qui va bouleverser le petit monde de la bijouterie, tenu jusque-là par des hommes. Car Jeanne Toussaint a du talent et une vision qui va vite lui faire gravir les échelons. Pour elle, les bijoux sont des symboles d’indépendance. De bon augure pour accompagner l’évolution de la femme.

En 1933, elle succède à Louis Cartier et devient la seule, l’unique à diriger un atelier de haute joaillerie. Une première qui renforce l’aura de cette panthère qu’elle s’est appropriée jusqu’à en faire sa signature. Mais comme elle est perfectionniste, elle demande au meilleur de l’aider. Il s’appelle Peter Lemarchand, passe des heures à observer des félins au zoo et a un don unique pour traduire ses observations en bijoux de luxe… Succès fulgurant.

Lire aussi > Horlogerie : La Baignoire de Cartier, une montre légendaire portée par Romy Schneider

Les célébrités se passionnent vite pour cette collection qui incarne la beauté, le chic, l’audace et la puissance. Comble du luxe : Cartier crée du sur-mesure à chaque fois innovant. Preuve en est donnée avec le duc de Windsor qui voulait, pour Wallis Simpson, une broche en or avec une panthère en trois dimensions. Le résultat est somptueux, parsemé d’émail noir avec cabochon émeraude.

La magie de Jeanne Toussaint

Aujourd’hui, le design de la collection a évidemment évolué, mais sa symbolique n’a pas changé. « Tout au long de ce siècle, la Panthère s’est affirmée avec force et constance », précise l’actuel président de Cartier, Pierre Rainero.

La panthère Cartier est devenue une véritable icône culturelle.

«  Tour à tour ludique ou prédatrice, barbare ou bienveillante, elle s’adapte allègrement, comme en s’en jouant, à l’environnement stylistique de l’époque, saisissant l’esprit du temps telle une proie consentante. Bien davantage qu’un symbole de mode ou de statut, bien plus qu’un ornement, la panthère Cartier est devenue une véritable icône culturelle. »

Broche Panthère créée en 1948 à la demande du duc de Windsor, en or et émail noir, sur cabochon émeraude pesant plus de 116 carats. Panthère clip broche Cartier en platine, or, diamants et saphirs, dont un de 152,35 carats venant du Cachemire. Vendu à la duchesse de Windsor en 1949. Bracelet Panthère en or blanc, émeraude, onyx et diamants, prix sur demande.

Rien d’étonnant, dès lors, à ce que le centenaire de cette collection ait été célébré, en 2014, avec une série de 56 bijoux et une exposition à Paris au Grand Palais. Cinq ans plus tard, l’histoire se poursuit avec le même éclat. Car Panthère a depuis toujours le don de savoir s’inventer mille et une vies. Il y a les bijoux, bien sûr, les montres, mais aussi le parfum. Subtil et racé, comme le sillage que Jeanne Toussaint a laissé derrière elle.

Plus d’infos: Boutique Cartier Bruxelles 54 boulevard de Waterloo 02 537 51 61 – www.cartier.fr

CIM Internet