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Tiny house, petit espace pour grands horizons

Tiny House

"Home is where you park", le slogan de Wildernest. | © John Stapels/Wildernest Tiny House

Design et maison

Si elles invitent directement à l’aventure et au voyage, ces mini-maisons écoresponsables et mobiles, appelées en anglais « tiny houses », se présentent également comme une solution à nos modes de vie toujours plus cher et polluant.

Imaginez une cabane cosy, lumineuse et en bois placée au cœur d’une forêt luxuriante, au milieu d’un champ ensoleillé, au bord d’un lac bleu turquoise… Ancrée dans la nature, cette tiny house peut être déplacée au gré de vos envies, pour le plus grand plaisir de vos oreilles et de vos yeux. « Vous avez la possibilité de bouger votre maison chaque jour et de vous réveiller chaque matin face à une nouvelle peinture », explique Emile De Dryver, jeune architecte qui développe le concept chez Wildernest. Créée en 2016 par le parapentiste professionnel Tom De Dorlodot après un voyage au Canada, l’entreprise est la première en Belgique à avoir implanté ces maisons miniatures sur roues.

Sorties tout droit du compte Instagram d’un blogueur écolo qui aurait abandonné la « vanlife » car trop populaire, les tiny houses imaginées par Wildernest offrent une expérience unique et rêvée notamment pour les couples à la recherche d’une nuit insolite en Belgique. Placée au milieu d’un champ à Vieusart, aux portes de Louvain-La-Neuve, la cabane en bois disponible sur Airbnb est une véritable invitation à la détente. De l’herbe à perte de vue entourée de grands arbres et broutée de temps en temps par des vaches. Le cadre est dépaysant, même pour ceux habitant à la campagne. À l’intérieur, tout ce qui a de plus simple et chaleureux : une banquette confortable à côté d’un poêle à bois, une table mobile où boire son café en admirant la vue, une mini-kitchenette avec le nécessaire pour cuisiner, une chambre aménagée dans le toit, en-dessous de poutres en bois… L’endroit idéal pour déconnecter et se reconnecter à la nature.

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Tiny house
© John Stapels/Wildernest Tiny House
Tiny house
© John Stapels/Wildernest Tiny house

Less is more

Mais l’expérience « tiny house » est loin d’être réservée à la location. En compagnie des artisans de chez Taïga, entreprise spécialisée dans la construction de charpentes en bois à Grez-Doiceau, Wildernest propose également de construire ce petit coin de paradis mobile et écoresponsable. Contrairement aux caravanes traditionnelles qui peuplent les routes des vacances et les campings, les tiny houses dessinées par Emile De Dryver évitent à tout prix le plastique ou le faux bois. Avec une isolation faite en laine de bois recyclée, des matériaux de qualité et une structure fabriquée à la main en Belgique, ces cabanes auto-suffisantes grâce à la récupération de l’eau et l’installation possible de panneaux solaires ne dénotent pas avec l’environnement naturel sur lequel elles sont posées.

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« Vu que le but de la tiny house est d’être mise dans la nature, vous allez vivre beaucoup plus en harmonie avec l’extérieur que lorsque vous vivez dans une grande maison », analyse l’architecte de 25 ans. Mais comment vivre dans un si petit espace ? « Dans les trois-quarts des maisons, on trouve plein de brol inutile », répond-il en toute honnêteté. « Pour vivre dans un petit espace, il faut d’abord faire un tri. Habiter dans une tiny house, c’est vraiment faire la démarche de vivre seulement avec ce qui est utile, vous devez revenir à l’essentiel. C’est un choix de vie ».

Nouvelle façon de se loger

Avec l’immobilier de plus en plus cher, les espaces de plus en plus petits et les millennials qui préfèrent investir dans les voyages plutôt que dans une maison, ce retour aux sources qui s’inscrit dans une tendance minimaliste attire. « Vivre dans des plus petits espaces, c’est au goût du jour », confie le jeune architecte de 25 ans, admettant que ce n’est tout de même pas à la portée de tous.

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Arrivée aux États-Unis après la crise des subprimes qui a laissé de nombreux Américains sans toit, ni argent, cette autre façon de se loger se présente telle une solution pour ceux qui n’ont pas le compte en banque pour s’acheter un appartement ou le courage de rembourser un prêt pendant 25 ans.

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© John Stapels/Wildernest Tiny House

Les possibilités sont infinies

Outre la résidence principale, les applications de la tiny house sont nombreuses. Food truck, gîtes, bar mobile, espace réservé aux enfants près de la maison… « Tout est possible », résume Emile De Dryver qui s’adapte à chaque fois aux besoins du propriétaire et qui s’inspire fortement des mobiliers de bateaux où « tout est bien pensé dans un petit espace ».

Dernièrement, Wildernest s’est associé avec la marque de vêtements Patagonia pour une aventure exceptionnelle : à travers l’Europe, et même dans les montagnes enneigées, la tiny house a pris cette fois-ci la forme d’un atelier de couture itinérant pour réparer les vêtements abîmés. L’objectif était ainsi de prolonger leur durée de vie pour limiter le gaspillage et notre impact sur la planète. Leur slogan était simple : « Better than new » (« Mieux que nouveau »). « Pile dans l’esprit Tiny House », dit l’architecte qui prône l’utilisation des matériaux recyclables.

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