Paris Match Belgique

Match Knokke Déco : Pauline Vanthournout, figure de style

1. L’architecte d’intérieur, Pauline Vanthournout.

L’architecte d’intérieur Pauline Vanthournout. | © DR.

Design et maison

Pétillante et enthousiaste, l’architecte d’intérieur Pauline Vanthournout nous reçoit dans sa maison knokkoise. Un lieu de vie à son image.

 

Pour elle, chaque projet est une nouvelle aventure, qu’il s’agisse de mettre un scène un intérieur ou de développer sa ligne de mobilier dont le premier opus vise à mettre le pouf dans tous ses états.

Paris Match. Comment vous définissez-vous en tant qu’architecte d’intérieur ?
Pauline Vanthournout. J’ai un style très personnel qui met à l’honneur les matériaux nobles et parfois inattendus. Chaque détail est important. La maison doit refléter la personnalité de ceux qui l’habitent. À l’instar de la mode, l’aménagement intérieur est un moyen d’expression. Certains ont envie de classicisme, d’autres se reconnaissent dans un style plus avant-gardiste. La vie est parfois tellement compliquée qu’il est essentiel que l’intérieur soit un havre de paix. Un endroit où l’on se ressource et où on se sent en harmonie. La petite phrase « home sweet home » n’est pas anodine. La maison doit être inspirante. Chaque pièce doit être une expérience et lorsqu’on parcourt l’ensemble, ça doit être comme une balade.

Vous travaillez pour de grande Maisons, notamment Chanel, pouvez-vous nous en parler ?
Je travaille pour Chanel depuis 13 ans, dont 9 ans en tant que salariée et maintenant en tant que free lance. C’est une Maison qui a une histoire forte et qui évolue tout en préservant son ADN. Tout le monde rêve de travailler pour une griffe comme celle-là. Chanel a contribué à faire de moi la Pauline que je suis aujourd’hui. J’en suis reconnaissante !

Le living, une pièce à vivre, baignée de lumière. DR.

 Aimez-vous casser les codes ?
Je préfère dire que je réinterprète les choses. Dans une pièce, la circulation est importante et il faut un certain équilibre. Je n’oublie jamais que la maison est un lieu de vie et d’expression, pas un musée ou un show room ! Rien ne doit être figé.

Qu’est-ce qu’un intérieur contemporain en 2020 ?
C’est un intérieur qui doit toujours être agréable à vivre en 2030 ! Si on utilise des matériaux nobles pour lesquels on a un coup de cœur, qu’on met de l’émotion et de la poésie, on s’y sentira bien longtemps. Un aménagement réussi est intemporel. Je préfère le mot moderne plutôt que contemporain.

Une vue de l’escalier où Pauline a osé la couleur. DR.

À quoi peut-on s’attendre en faisant appel à vous ?
Une expérience spontanée, honnête, rassurante, et surtout joyeuse.

Votre maison à Knokke réserve de belle surprises… Classique à l’extérieur et totalement moderne à l’intérieur. Est-ce important en décoration de jouer la carte des contrastes ?
Une maison, où que ce soit dans le monde, a déjà une histoire à raconter. Et l’histoire se poursuit à l’intérieur, en fonction de ceux qui y habitent. Parfois, il y a un contraste entre les deux, mais pas forcément. Et puis, tout est en mouvement, ne fut-ce que par l’interaction de la lumière extérieure. C’est un challenge d’aménager un lieu existant en faisant de certaines contraintes un atout. Un poteau au milieu du salon, ça peut être compliqué, sauf s’il devient un élément fort du décor. Lorsqu’on part d’une feuille blanche, c’est toujours plus simple.

La salle de bain en granit norvégien. DR.

La couleur tient une place importante dans votre travail ?
Actuellement, les gens ont souvent très peur et se disent qu’en faisant des choix très sobres, ils ne s’en lasseront pas. Moi je pars du principe qu’il y a des endroits de passage, comme un hall d’entrée, et puis il y a des pièces où lon séjourne. Pourquoi ne pas oser mettre de la couleur dans les lieux de passage ? En Belgique, il fait souvent gris. Mettre un peu de soleil dans notre maison, c’est un plus. Et puis la couleur influence l’humeur, c’est bien connu !

Avez-vous des matériaux de prédilection ?
Je ne travaille jamais à partir d’un matériau. Je travaille une image dans son ensemble. Après on fait des recherches sur les matériaux, les couleurs,… Je ne me mets pas de barrière et c’est la conversation que j’ai avec les clients qui m’orientera petit à petit vers tel ou tel choix.

Aimez-vous chiner des objets ou du mobilier ancien ?
J’adore le côté architectural de mon travail. Quand cette phase là est aboutie, je recherche le mobilier. Parfois un client veut aussi qu’une pièce de mobilier soit l’élément central de mon travail. Idéalement, j’adorerais chiner chez les antiquaires. Heureusement, maintenant grâce à Internet je peux le faire à n’importe quelle heure sur mon ordinateur.

Faites-vous attention au fait de travailler avec les artisans locaux lorsqu’on vous confie un aménagement ?
J’ai beaucoup voyagé et je me suis rendue compte que chaque pays a des points forts, des savoir-faire et des métiers d’art qu’il perpétue. Il faut aller chercher les talents là où ils se trouvent. Par exemple, pour ma collection de poufs Haute Couture, « Eau de Pouf », je travaille avec des plumassiers basés à Paris.

Y a-t-il une époque précise à laquelle vous auriez aimé vivre ?
Je suis très heureuse aujourd’hui, mais j’aurais bien aimé avoir plusieurs vies pour les vivre toutes. C’est comme un voyage ! La beauté est partout, tout le temps.

Les poufs « Haute Couture » de la ligne Eau de Pouf, créée par Pauline Vanthournout. DR.

Quelle est, selon vous, la pire faute de goût en matière de décoration ?
C’est de vivre dans un intérieur qui ne reflète pas sa propre personnalité et où l’on ne se sent pas bien.

Avez-vous l’impression que depuis le début de la pandémie, les Belges font encore plus attention à leur intérieur ?
Les Belges y font attention depuis longtemps. Nous sommes un peuple accueillant et nous faisons en sorte de le faire savoir à ceux qui poussent la porte de notre lieu de vie. Le confinement a peut-être incité à s’investir plus au niveau du jardin… ou de la cuisine parce que c’est un peu plus compliqué d’aller au restaurant !

Y a-t-il un projet spécifique dont vous pouvez nous parler.
Un peu comme une collection de parfum, j’ai créé une ligne de poufs appelée Eau de Pouf avec, d’un côté « Pif Paf Pouf », les basiques, et de l’autre les poufs « Haute Couture ». Pour celle-là, je fais appel à différents métiers d’art et je tente de réinventer cette pièce de mobilier. Placée à certains endroits stratégiques, elle modifie complètement l’atmosphère. Un rêve ? M’occuper de l’architecture intérieure d’un hôtel pour lequel on me donne carte blanche !

www.paulinevanthournout.com – 0472 661 654

CIM Internet