Art givré : Des étudiants créent des glaces à l’eau polluée de Taiwan

Le projet s'est fait connaitre sous le nom "Polluted Water Popsicles" ("Esquimaux à l'eau polluée"). | © Facebook @PollutedWaterPopsicles

Design et maison

À Taiwan, de jeunes artistes ont moulé 100 esquimaux à partir d’eau contaminée provenant de 100 sources différentes. 

 

On ne décrira jamais suffisamment bien le désir brûlant pour une glace à l’eau, une journée d’été torride, et sa concrétisation assoiffée chez le glacier ambulant, voire, dans les cas les plus extrêmes, dans un quelconque magasin de nuit. C’est un plaisir simple, pas bien cher, et si jouissif qu’on en oublierait de quoi sont faits ces bâtons de paradis : d’eau parfumée, et dans les scénarios les plus naturels, d’eau minérale et de fruits.

Sauf à la National Taiwan University of Arts, où on a opté, le temps de 100 esquimaux, pour une composition un poil différente : de l’eau contaminée, provenant des rivières et lacs de Taiwan, rapporte Vice. Suffisament translucides, les glaces sur bâtonnet laissent apparaitre mégôts, déchets et particules non-identifiées, pour un résultat poétique dans un sens, mais pas très alléchant.

Les créateurs de ces glaces à l’eau polluée sont trois étudiants de l’université d’arts, Hung I-chen, Guo Yi-hui et Cheng Yu-ti, qui manient le bac à glaçon aussi bien que la résine de polyester, dans laquelle sont emprisonnées les œuvres givrées pour empêcher leur fonte. Elles sont ensuite emballées dans les traditionnels paquets colorés, sauf que ceux-ci comportent également des informations sur les lieux de récolte de l’eau et les différents éléments de contamination qu’on y retrouve.

Alerte artistique

Depuis le lancement de leur initiative artistique, baptisée « Polluted Water Popsicles« , les étudiants taiwanais font des émules. Ils multiplient les interviews et les expositions, tandis qu’ils viennent d’être nommés finalistes du Young Ping Design Award, un prix qui célèbre les projets et produits innovants créés par des artistes parlant chinois.

Ils ont également été reçus par un centre pour l’éducation taiwanais – l’occasion pour les étudiants d’asseoir une réputation naissante et de sonner l’alerte quant à l’état des cours d’eau de l’île.

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