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Matali Crasset x Ikea #PS2017

Matali Crasset signe sa troisième collaboration pour la collection PS d’Ikea. | © DR

Design et maison

Les collections PS d’Ikea sont comme autant de tribunes à l’innovation, à la créativité et à la pointe du design, toujours à prix démocratiques. La dernière remonte à 2014 et la prochaine, en magasin le 7 février, rassemble 17 designers urbains des quatre coins du monde. Parmi lesquels l’emblématique Matali Crasset qui a créé pour l’occasion une lampe nomade filaire qu’on peut poser, porter, accrocher, déconnecter pour l’emmener jusqu’au fond du jardin (2 heures d’autonomie). La designeuse s’est inspirée d’une vieille lampe de cheminot, dans une version ultralégère et dans laquelle s’insère une ampoule LED : le symbole d’une transition entre deux époques, deux systèmes

Éclairage LED multifonction, collection PS2017, Matali Crasset x Ikea, 29,99 €, disponible le 7 février ©DR

La démocratisation du design fait partie intégrante de votre ADN. Cette troisième collaboration pour la collection PS trouve-t-elle sa raison d’être dans cette philosophie partagée ?

Tout à fait. Mais nous partageons surtout la notion de « singulier ». Au siècle dernier, le métier de designer était utilisé pour standardiser, faire des objets adaptés à la production de masse. Avec la collection PS on introduit la diversité, à mi-chemin entre ce que défend Ikea, c’est-à-dire faire des objets essentiels, qui vont servir au quotidien, vendus au juste prix, et l’objet singulier, plus pointu. C’est pour cela que je me sens assez à l’aise dans cette collaboration, je n’ai fait aucun compromis. Nous avons aussi participé à des workshops rassemblant tous les designers, pour que chacun y apporte sa culture et qu’on obtienne une vraie diversité.

 

Comment se passe concrètement l’élaboration d’un projet avec une grande entreprise ?

On ne sent pas qu’on travaille avec une grande entreprise : on travaille en petits groupes, avec un porteur de projet, des designers internes et nous, les designers externes. Au fil du temps, des experts interviennent pour apporter leurs compétences techniques, afin d’amener le projet à un résultat qui corresponde aux critères de tous. C’est un travail très bienveillant et constructif, même si parfois certaines pistes sont abandonnées en cours de route. Pour 2017, j’avais présenté deux projets, seule la lampe a été retenue… ça tombe bien, c’était ma préférée !

« Je n’ai fait aucun compromis »

Évidemment, cela ne sert à rien de proposer un objet très luxueux. L’idée c’est de trouver quelque chose d’à la fois singulier et assez facile à fabriquer. Ce qui m’a aidée aussi c’est d’aller visiter les usines de fabrication en Chine bien avant de concevoir l’idée de la lampe. Cela donne tout de suite des indications sur ce qui est possible ou pas. En l’occurrence ici, j’ai utilisé du filaire parce que j’ai bien aimé l’usine qui travaille cette technique.

Pourquoi vous être inspirée de la lampe de cheminot ?

J’aime beaucoup l’idée qu’à l’époque les ouvriers avaient un uniforme, des outils spécifiques, des accessoires. Cela formait un tout qui représentait un ancrage par rapport au métier, l’idée de garder cette trace m’intéressait. J’ai aussi été inspirée par le témoignage radio d’une vieille dame qui racontait l’arrivée de l’électricité chez elle. Elle disait « C’est magnifique, j’ai la lumière au plafond. Mais je vis ça comme un manque, je ne porte plus la bougie, je n’ai plus de contact ». Il faut être vigilant à garder les symboles, le patrimoine, les traces, les clés de lecture. En Europe on a cette force d’être attaché aux objets et à leur symbolique. Cette lampe, c’est comme un contenant symbolique.

 

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