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Devenir propriétaire du château du film le Tatoué pour 50 euros : un défi fou mais réalisable

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« Mais c’est une ruine, c’est une ruine » s’exclamait Louis De Funès face à Jean Gabin dans le Tatoué en 1968. Et la situation du château ne s’est pas améliorée. Au point que ce patrimoine de la Dordogne est aujourd’hui menacé de disparition. Une association se mobilise et fait appel au public.

Construit au 15ème siècle, le château de Paluel est emblématique dans le Périgord mais, à l’instar de nombreux édifices du même style en France, il tombe en ruines faute de rénovations et d’entretien depuis des décennies. Le dernier propriétaire du lieu n’a absolument fait aucun travaux, selon l’association Adopte Un Château, depuis son rachat en 2007. Aujourd’hui, le batiment situé dans un domaine de 36 hectares tombe en ruines et sera vendu aux enchères le 21 septembre prochain. Adopte Un Château, qui lève des fonds pour venir en aide en France aux rénovateurs de batisses historiques de ce genre, veut trouver 10.000 co-propriétaires à 50 euros pour racheter l’édifice rendu célèbre par le film « Le Tatoué » en 1968. Symbole supplémentaire, ce fut la dernière fois que les deux monstres sacrés du cinéma français se retrouvaient à l’écran.

La crainte de ces défenseurs du patrimoine français est que le nouvel acquéreur soit plus intéressé par le volume du terrain que par son bâti historique. Avec le risque de voir à nouveau une part de patrimoine immobilier français disparaître.

Et pour y faire quoi ?

Un projet social et touristique selon la description du crowdfunding. « Nous croyons au pouvoir collectif et nous voulons que VOUS, les futurs propriétaires, décidiez collectivement et démocratiquement de l’avenir du château. Résidence d’artistes ? Lieu culturel innovant et populaire ?  Nous souhaitons que le château devienne un symbole de l’expression collective, créative et bien entendu tourné vers la préservation et le rayonnement du patrimoine et de la culture ». 

Sur 20minutes.fr, l’association explique qu’elle est également active sur d’autres projets car sur les 35.000 châteaux existants en France, 600 sont en péril et l’association estime que ce chiffre va être multiplié par dix, d’ici dix ans. Les raisons essentielles ? Une absence de rénovation et d’entretien qui s’accentue depuis le 19ème siècle et la diminution des aides de l’État français pour rénover ces témoignages de l’Histoire.

Un autre projet serait d’y installer le musée Louis De Funès qui a fermé ses portes en novembre 2016.

Avec 50 euros, la vie de chatelain ?

L’idée est là : permettre à 10 000 personnes de prendre en main le destin du château. Pour 50 euros, chaque contributeur reçoit une part dans une société à constituer. Il est évidemment possible d’acquérir autant de parts qu’on le souhaite. Si l’objectif est atteint, la société fonctionnera ensuite de façon démocratique, avec un conseil d’administration et une assemblée générale annuelle. Et si les 500 000 euros ne sont pas rassemblés ? Chacun sera remboursé totalement de son versement. Et en quelques jours, plus de 60.000 euros ont déjà été récoltés. Insuffisant mais encourageant à moins d’un mois de l’échéance fatale pour ce qui était la « charmante maison de campagne d’un Jean Gabin au dos orné d’un Modigliani ».

 

 

 

 

 

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