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Wikkelhouse, la maison de carton qui tourne une page dans l’immobilier

Wikkelhouse

Wikkelhouse, la maison qui cartonne | © Facebook @ Wikkelhouse

Design et maison

Après une création longue de plusieurs années et riche en rebondissements, la maison de carton a fait son arrivée sur le marché. Et elle s’annonce déjà comme le futur de l’immobilier. 

Bienvenue dans la révolution du préfabriqué, les maisons de carton véritablement habitables. Un matériau tout sauf cheap : finitions en bois clair, grande baie vitrée, la température et l’acoustique tempérées par le carton qui évoquent la douceur et l’art de vivre scandinave, dont le succès n’est plus à démontrer. Cette merveille est fabriquée à Amsterdam, dans l’atelier de Fiction Factory qui porte bien son nom. Ni designer ni ingénieur, son fondateur, Oep Schilling, se présente comme un creative maker  de 54 ans. Traduisez : un inventeur bien de son temps, aux préoccupations écolos mais à l’esthétique sophistiquée.

Wikkelhouse, la maison enveloppée

L’histoire de la maison en carton est une aventure à rebondissements, un coup de cœur, une philosophie. René Snel, à la tête d’une entreprise de packaging néerlandaise, invente le livre tubulaire dans les années 1990. Personne n’en entendra jamais parler, mais l’ultra-résistance de son invention interroge. Il est mis au défi de construire une maison légère et peu chère qui pourrait idéalement répondre à des crises humanitaires. L’inventeur met alors au point une machine rotative qui colle 24 couches successives de carton – « Wikkelhouse » signifie maison enveloppée – et crée le module de base d’un logement de 1,2 mètre de largeur sur 4,6 mètres de longueur, soit 5 mètres carrés et 500 kilos qui peuvent s’assembler et se customiser à l’infini.

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Le pari est tenu, mais la machine aussitôt oubliée. « C’était avant le discours d’Al Gore, analyse Oep Schilling, et la prise de conscience sur le climat, avant aussi le succès viral des Smartphones et la mobilité qu’ils ont apportée ». L’ex-comédien, devenu spécialiste de la construction de décors scéniques, où le carton joue un grand rôle, découvre la machine en 2012. Le coup de foudre est inévitable. Il envisage de lui donner d’autres dimensions : écologique, nomade et médiatique.

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Une maison qui respire

En 2017, au bout de quatre ans de tests, la maison est commercialisée. Carton et bois proviennent de forêts écogérées labellisées FSC, le plus souvent de pins. La colle est à l’eau et le revêtement imperméable dernier cri laisse respirer la maison. Elle est garantie dix ans, sa durée de vie estimée entre cinquante et cent ans. Elle s’affiche à 39 000  euros pour un module de 50 mètres carrés et à 70 000  euros avec toutes les options d’aménagement.

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Avec 60 salariés, Fiction Factory construit pour le moment une vingtaine de modules par an. Oep, lui aussi, est lancé : « On m’a proposé d’imaginer une édition spéciale Arctique. Je suis prêt à aller l’assembler moi-même ! » Mais la maison en carton est perfectible. Son poids rend le transport coûteux, elle n’est pas empilable… Elle est retoquée pour l’humanitaire. « Ce projet est une piste de réflexion pour les futures générations. Aux Pays-Bas, posé sur des polders, l’habitat de demain est une préoccupation constante et le carton commence à avoir ses fans ». Tour à tour rooftop, péniche, cabane, maison, école, restaurant… La Wikkelhouse se laisse porter. Et le projet cartonne.

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