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Décès de Paul Bocuse, le « pape de la gastronomie » française

Le chef Paul Bocuse, en septembre 2008. | © BELGA/EPA

Food et gastronomie

Le monde de la cuisine est en deuil ce samedi 20 janvier. Paul Bocuse, considéré comme le « cuisinier du siècle », est décédé à l’âge de 91 ans.

 

L’un des plus célèbres chefs français étoilés au monde est mort à 91 ans, ce samedi 20 janvier à 9h. « Pape de la gastronomie française », « primat des gueules » ou simplement « M. Paul », Paul Bocuse, décédé à 91 ans, a incarné avec une gouaille unique la gastronomie française durant des décennies, en étant le premier chef à parcourir le monde pour défendre ses couleurs. Star parmi les stars des fourneaux, bâtisseur d’un empire estimé à plus de 50 millions d’euros, Paul Bocuse, toujours prêt à poser avec sa veste et sa toque de cuisinier, était aussi le plus ancien des trois-étoiles au monde, depuis 1965 sans discontinuer.

Le ministre de l’Intérieur français, Gérard Collomb, ancien maire de Lyon, a rendu hommage au chef né le 11 février 1926 à Collonges-au-Mont-d’Or : « Monsieur Paul, c’était la France. Simplicité & générosité. Excellence & art de vivre. Le pape des gastronomes nous quitte. Puissent nos chefs, à Lyon, comme aux quatre coins du monde, longtemps cultiver les fruits de sa passion ».

En 2007, dans une interview croisée avec Alain Ducasse, Paul Bocuse déclarait : « Aujourd’hui, se faire connaître est plus facile qu’il y a quarante ans. Autrefois, seules les étoiles que vous obteniez révélaient votre valeur et permettaient de vous faire connaître. Et pourtant, il n’y a jamais eu autant de trois-étoiles, preuve que se faire connaître ne nuit pas à votre cuisine. […] J’ai eu la chance que mes parents aient un petit restaurant. Je l’ai repris en 1956. Six ans après, j’avais deux étoiles, et j’en ai décroché trois en 1965 ». Imaginant la cuisine de 2017, il pensait surtout au changement du matériel, évoquant « les fours qui cuisent au degré près » : « Imaginez que j’ai commencé avec des fours à charbon. Aujourd’hui, je suis un enfant de pauvre qui vit comme un gosse de riche ».

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Il avait transmis son don pour la gastronomie à son fils Jérôme, qui a permis le redressement de l’entreprise familiale : « On ne peut pas remplacer Paul Bocuse, il est unique ! C’est pourquoi je me suis construit seul, loin de lui. Il ne pouvait pas y avoir deux Bocuse l’un à côté de l’autre. Cela aurait fait du grabuge… », racontait-il à Paris Match en décembre dernier.

 

(Avec la rédaction Paris Match France)

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