Paris Match Belgique

Cocktails : Les meilleures adresses bruxelloises

Pas moins de douze adresses où l'on retrouve les meilleurs cocktails de la capitale. | © Pexels

Food et gastronomie

Plus vivante que jamais, la scène cocktail belge vibre aussi au rythme des shakers bruxellois. Pour ne plus jamais se tromper d'adresse, Parismatch.be a concocté un guide des bars où les breuvages battent à plates coutures le classique mojito.

 

La machine est lancée, vrombissante, pétaradante : la scène cocktail bruxelloise connait enfin son essort. Et il était temps. En septembre dernier, Pierre Millour, le bartender français du Greenlab, s'impatientait : « La scène cocktail bruxelloise est super en retard, par rapport à Londres, Paris et la Flandre ». Et pourtant, partie de "nulle part il y a encore cinq ans », la capitale belge peut désormais se targuer de compter quelques belles adresses plus que crédibles, où s'accouder pour découvrir l'art de la mixologie, mais aussi celui d'assortir un bon moment à un bon cocktail.

À force de pérégrinations - alcoolisées, mais pas forcément - dans les rues de Bruxelles, Paris Match propose une carte de lieux à visiter, les yeux fermés, pour que la référence du bon cocktail cesse d'être le mojito fade d'un bar branché de la place Flagey.

Lire aussi > La nouvelle scène du cocktail bruxelloise invente l’art de bien boire sans être pompeux

©Arthur Orlans

Les Italiens

À rêver tous les soirs de l'art de vivre italien, on n'est guère étonné de découvrir que l'apéro est né quelque part dans la botte : dans les environs de Torino en 1786 à en croire les rumeurs, où l'on marie pour la première fois le vermouth au soda. Et quand on est - bien heureusement - incapable de lire une carte des boissons sans lorgner sur les amuse-bouches, c'est bien dans les restaurants italiens de la capitale qu'il faut se ruer.

Chez Cocina à Flagey, aux côtés des classiques Spritz et Negroni, citron et pamplemousse côtoient dans les verres le poivre et les tomates pomodoro, sous la baguette du barman du jour. Enfiévrées, les tables commandent aussi planches de charcuterie, légumes et fromages tout droit venus d’Italie. La burrata des Pouilles, garnie de copeaux de truffes noires fraiches, fait le boulot comme personne, avant une pizza qui croustille.

Lire aussi > Cocina : De la nécessité de l’aperitivo « à la bruxelloise »

©MiTo

Dernières venues dans la liste des pizzas de notre cœur, celles de MiTo ont justement attiré notre nez dans leur carte de cocktails. Dans ce restaurant italien lumineux aux hautes banquettes de cuir marron, on ne laisse pas de place au hasard : chaque pizza a son breuvage compagnon. On abandonne donc le traditionnel - et décevant - Apérol pour s'aventurer dans la gamme de spritz de la maison. Petit plus pour les fidèles, le menu change en fonction des saisons, et il en va de même pour les duos. Et si on n'a qu'une petite faim, le restaurant du Châtelain propose aussi sa formule aperitivo, avec un verre et une assiette pour dix euros. Une affaire qui ne se refuse pas.

Du côté du parvis de Saint-Gilles, à quelques encablures en vélo, on s'accoude - ou s'attable - au Cipiace, ouvert par les deux complices Giorgia Giordano et Andrea Petruzzi. Le court menu à base d'antipasti - et quelques plats - n'a dégal que le savoir-faire de sa carte apéritive. Le lieu fait également régulièrement venir des bartenders des quatre coins de Bruxelles, de l'Italie, voire du monde, pour découvrir d'autres tours de main et des saveurs étrangères.

Les insolites

Avec sa panoplie de mesurettes, passoires tarabiscotées et cuillères démesurées, le mixologiste fait souvent office de Mr. Hyde derrière son bar. Un univers fantastique que certains ont choisi d'adapter, à leur jus, des murs au plafond. L'expérience se passe alors dans le verre, mais aussi dès le pas de la porte.

C'est le cas au GreenLab, situé au bout de l'avenue Louise. Ces fiers organisateurs de l'unique Brussels Cocktail Week ont choisi de mettre à l'honneur le gin et l'absinthe dans un décor steampunk qui va puiser dans un style industriel, des cuivres polis et des ampoules tordues à la lumière tamisée. Derrière le comptoir chromé, on retrouve Sophie, Pierre et Leslie, deux Français et une Belge qui se sont donné pour mission de secouer la scène cocktail bruxelloise.

©La pharmacie anglaise

Qualité british oblige, la Pharmacie anglaise au Coudenberg semble désormais bien ancrée dans l'histoire moderne du quartier, avec un "cabinet de curiosité" qui fait la part belle aux gins. Le lieu est tenu par Francesco Ravo, qui vient par ailleurs d'ouvrir la toute dernière adresse de la capitale : le Arthur Orlans, rue Antoine Dansaert. Comme pour l'authentique pharmacie bruxelloise, le bar à cocktail lounge recycle le chic et le rétro d'une ancienne maison de couture datant de 1958. Si on apprécie moins sa décoration d'inspiration coloniale, on ne peut que tomber d'accord face à la collection impressionnante de gins derrière le bar, que le barman du jour se fera un plaisir d'accomoder selon vos préférences. Pour la carte, c'est le complice Gino Baldan qui est aux manettes, avec des propositions de cocktails idéalement de saison, dans les accords avec les alcools.

L'ambiance y est feutrée, comme dans un bar clandestin classieux. On y entre d'ailleurs qu'après avoir sonné, un peu comme au Jalousy, le bar "secret" de Jérémie Renier. De retour au Sablon, il faudra en effet montrer patte blanche et donner le mot de passe de la semaine pour espérer entrer dans ce petit club du centre-ville. Pour en savoir plus, il faudra vous y aventurer, après être devenu membre.

©Facebook/Vertigo

Moins secrète, mais tout aussi discrète, l'adresse du Vertigo est située au-delà de la très pittoresque « Estrille du vieux Bruxelles », dans un petit passage du Sablon. Sous les poutres anciennes à l'intérieur ou la douce chaleur de la terrasse, on se laisse charmer par les inventions délicates d'Ennio, au shaker, celui-là même qui a fait ses preuves au Jalousy, à deux pas. alors forcément, on ne peut pas se tromper.

Les distingués

Il y a des soirées qui n'ont pas de prix et où ce qui importe, c'est le cadre - et un bon cocktail. Avant de s'asseoir pour une soirée - et quelle soirée - chez Rouge Tomate, on fait alors un crochet au Alice Cocktail Bar, le bar de la maison. Avec ses murs pourpres situés avenue Louise, Alice s'est installée dans les années 40 et dispose même d'un fumoir pour les amateurs de cigares. Si la carte des cocktails est plutôt classique, les bartenders savent surprendre sur demande.

Lire aussi > Cocktails : la vie sauvage des bartenders

À la recherche d'un lieu élégant, mais sans chichis, on met le cap sur la Maison blanche, ouverte en plein cœur du Châtelain il y a peu. L'aperitivo se fait ici belge, avec une proposition de croquettes - crevettes, carbonnades, ou encore jambon ibérico revisités avec soin - et une sélection de cocktails "signature", aux côtés des classiques. Pour un prix tout à fait abordable - 14 euros -, on peut aussi opter pour l'option "carte blanche". Rien d'autre que la surprise du jour.

Les passionnés

La vie est belle, rue Antoine Dansaert, indéniablement. Et cette certitude a donné son nom à une petite enseigne du numéro 161, Life is Beautiful. Après avoir démontré ses talents au Toukoul de la rue de Laeken, le barman Harouna s'est lancée dans l'aventure en duo avec sa compagne, d'un bar à cocktail central et ultra-chaleureux. On se souvient assurément avec émotion des boissons du moment piochés dans la carte et les idées du mixologistes : fraiches, équilibrées et accompagnées de tapas préparés quotidiennement par Caroline, la maitresse des lieux. Comme à la maison, les cocktails de qualité en plus.

©Life is Beautiful

Cédric Lansival de la Pharmacie anglaise est un boulimique. Après être passé par feu Hortense et s'être installé au Sablon, il n'a pas résisté à l'envie de cumuler les projets avec l'ouverture l'année dernière de Hortense second chapitre, près de la place Flagey. Le barman en chef y est venu inspirer la carte déjà très travaillée de Matthieu Chaumont et du chef flamand Nicolas Decloedt. Chez Hortense & Humus - puisque c'est comme ça qu'on l'appelle désormais -, on fait fi des conventions, tant en matière de goûts que de prix, vraiment abordables. Dans l'assiette aussi, c'est un régal végétal précis, qu'on retrouve peut-être encore trop peu à Bruxelles, pas encore forcément la capitale du vegan. Mais comme les cocktails, tout vient à point...

On ne se lasse pas de l'histoire du Yi Chan, cantine asiatique drôlement placée dans l'une des rues adjacentes à la place Saint-Géry, connue pour sa multitude de tables vietnamiennes, pas forcément délicates. Mais celle-ci est un petit trésor caché. Yen Pham, le rejeton d'un couple de restaurateurs, a décidé il y a deux ans de reprendre l'enseigne familiale pour la moderniser, à sa sauce. Les dim-sums et les cocktails experts sont désormais la carte de visite de la maison et peuvent se déguster à la queuleuleu ou côté à côté. Le concepteur de la carte a le tour de main, assurément.

CIM Internet