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Fruits et légumes moches : le déficit des agriculteurs flamands

Devant les critères stricts de qualité esthétique, plus de deux tiers des agriculteurs ne peuvent pas vendre une partie de leur production de fruits et légumes. | © Flickr : Guo Chai Lim

Food et gastronomie

La discrimination des fruits et légumes dits « moches » continue de générer des pertes pour les agriculteurs.

Les exigences de qualité esthétique (couleur, forme et dimension) requises pour les fruits et légumes ne sont pas sans conséquence pour les agriculteurs flamands, qui subissent des pertes au niveau des ventes de l’ordre de 10% en raison de ce facteur, ressort-il d’une étude de l’Université de Gand menée pour le compte du département flamand de l’Agriculture et de la Pêche.

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Plus de la moitié des produits en dehors des critères de beauté

Selon l’étude, plus de deux tiers des agriculteurs ne peuvent vendre une partie de leur production via le canal normal car elle ne répond pas aux critères de qualité esthétique. C’est notamment le cas lorsque les fruits et légumes sont exposés à des conditions climatiques imprévisibles.

Plus de la moitié des produits qui ne répondent pas aux critères définis quittent la chaîne alimentaire humaine, soulignent les chercheurs Xavier Gellynck, Sara De Pelsmaeker, Evelien Lambrecht et Heidi Vandenhaute. Les fruits et légumes sont dès lors utilisés comme aliments pour animaux, pour la fermentation, pour le compostage ou ne sont tout simplement pas récoltés, ajoutent-ils.

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Le secteur a déjà entrepris plusieurs actions en vue de réduire les pertes en la matière. Mais les « criées et les autorités ont leur rôle à jouer », estiment encore les chercheurs.

Une seconde vie pour les fruits et légumes abimés

Il y a environ dix ans, la Commission Européenne avait décidé de revoir les canons de beauté des fruits et des légumes. Dans une lutte généralisée contre le gaspillage, des initiatives citoyennes et commerciales ont émergé de toutes parts. Jus de fruits, confitures, légumes en conserves, les fruits et légumes disgracieux ont su s’imposer progressivement sur le marché.

Récemment, la marque Hasbro s’est servi du célèbre Monsieur Patate pour lutter contre le gaspillage alimentaire en Angleterre. En créant un Monsieur Patate tordu, à l’images des légumes abîmés exclus du canal de production, la marque britannique invite les consommateurs à « acheter des patates moches ». Vendue aux enchères sur Ebay, la figurine tordue a pour but d’aider les différentes associations contre la faim en Angleterre.

Delhaize et ses « Drôles de Légumes »

En Belgique, des chaînes de grande distribution comme Carrefour ou Lidl se sont lancées dans la redistribution de fruits et légumes biscornus. Depuis juillet 2015, Delhaize commercialise des fruits et légumes qui ne correspondent pas aux normes de standards via l’initiative « Drôle de Légumes« . Si l’enseigne au lion est la première à proposer une telle initiative en Belgique, d’autres ont passé le pas avant lui comme les magasins Intermarché en France ou encore les supermarchés Albert Heijn aux Pays-Bas.

(Avec Belga)

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