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À votre insu, des « animaux » dans votre yaourt

Yaourt

L'ONG Foodwatch dénonce l'étiquetage souvent obscur des industries alimentaires. | © Dennis Klein / Unsplash

Food et gastronomie

L’ONG Foodwatch dénonce les étiquetages obscurs des entreprises alimentaires. Le consommateur n’est souvent pas conscient de qu’il avale.  

 

Un avertissement qui a de quoi nous encourager à regarder de plus près la liste des ingrédients de ce que nous consommons. Si le geste est une habitude pour la plupart des vegan et pour les personnes souffrant d’allergies alimentaires, il est généralement rare que le consommateur scrute attentivement les ingrédients des produits qu’il achète, souvent inscrits dans une écriture minuscule à l’abri des regards. En conséquence, il n’est pas toujours au fait de ce qu’il avale.

C’est ce phénomène que dénonce l’ONG Foodwatch dans un communiqué, rapporté par France InfoElle considère que le consommateur devrait être mieux averti, et dénonce l’étiquetage souvent obscur des industries alimentaires. Manque de précision, ingrédients inconnus du consommateur lambda : des produits énormément consommés sont mis en cause.

Yoplait, Haribo, Carrefour pointés du doigt

© Foodwatch

Les marques omettent par exemple régulièrement de préciser l’origine de la gélatine dans les ingrédients, souvent animale.  « Les industriels de l’agroalimentaire utilisent [ces ingrédients] à dessein, mais se gardent bien de l’indiquer clairement », déplore l’ONG. Sur le banc des accusés : la marque Yoplait. En effet, les yaourts « Panier de Yoplait 0% » contiennent de la gélatine de bœuf, mais seul le terme « gélatine » est indiqué à l’arrière de l’emballage. L’ONG a en outre lancé une pétition contre la marque, l’appelant à « renseigne[r] la vérité en toutes lettres sur les emballages ». Le président de Yoplait France, Nicolas de La Giroday, s’est défendu en affirmant que le composant d’origine bovine était présent à dans une quantité « inférieure à 0,5% ». Deux autres produits sont accusés du même « délit d’indication vague » : l’authentique petit ourson en guimauve de Cémoi et les « -Chamallows d’Haribo.

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Mais pour Foodwatch, indiquer l’origine animale ne suffit pas : il faut qu’elle soit visible sur l’emballage. L’ONG accuse par exemple le Tiramisu de Carrefour – qui contient de la gélatine porcine – de ne pas l’afficher de façon assez évidente pour le consommateur. « Celle-ci est présentée sur un des côtés de l’emballage » et donc « difficilement lisible ». De plus, « on n’ose pas tourner le produit pour lire les ingrédients pour ne pas en ‘saboter’ la présentation ».

Shellac, présure : des ingrédients qui n’évoquent rien

Autre problème : les ingrédients inscrits sur les emballages, mais dont l’origine animale est inconnue du consommateur. L’un d’entre eux est le « shellac ». Cet additif naturel similaire à la résine est issu d’insectes. Il se retrouve notamment dans « La glace Façon glacier, fraise et morceaux de meringue » de Carte d’Or. Le shellac est aussi utilisé pour traiter certains fruits après la récolte, notamment les « Pommes Fuji ». Et sur celles-ci, l’utilisation du shellac n’est pas inscrite du tout, ce genre d’indication n’étant pas obligatoire pour les fruits.

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D’autre part, le « comté AOP U bio de Système U » contient une enzyme qu’on trouve dans les veaux abattus appelé la présure. Celle-ci se retrouve par ailleurs dans énormément de fromages et est même obligatoire pour recevoir une Appellation d’Origine Protégée ou un label rouge. Et les boissons gazeuses ne sont pas en reste : l’Orangina rouge continent en effet du carmin, qui est bien inscrit sur l’étiquette. Or :  « Encore faut-il savoir que le carmin est un additif issu de la cochenille, un insecte… », s’offusque Foodwatch.

Enfin, l’utilisation du bouillon de volaille dans certains mets salés devrait être précisée, estime Foodwatch. Par exemple, elle se retrouve dans les « flageolets extra-fin, oignons et carottes » de Cassegrain ne contenant à priori que des légumes. En conclusion : ouvrez les yeux, un consommateur averti en vaut deux.

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