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On sait enfin pourquoi vous détestez (tellement) la coriandre

coriandre

On connaît tous quelqu'un qui commande ses nouilles sautées "sans coriandre, svp". | © Unsplash / Vita Marija Murenaite

Food et gastronomie

D’après les spécialistes, l’aversion pour la coriandre se transmettrait de génération en génération.

 

Basilic, persil, ciboulette… Au rayon des fines herbes, rares sont ceux qui tirent la grimace à l’idée d’agrémenter leur plat d’une petite touche green, parfumée et vitaminée. Poulet au romarin, saumon à l’aneth, tarte au citron et au thym ; autant de recettes savoureuses qui titillent subtilement les papilles.

Mais dans la grande famille des herbes aromatiques, certaines sont rangées tout au fond du placard et n’y sortent que lors de rares occasions. Prenez la coriandre, par exemple. On connaît tous quelqu’un qui déteste cette plante au parfum prononcé, souvent cuisinée dans les plats asiatiques et latino-américains. « Une question de goût », se dit-on. Pas seulement.

Héréditaire, mon cher

En feuilles ou en graines, version fraîche ou séchée, la coriandre fait partie des épices mal-aimées du monde entier. Rapportée par Le Figaro, une étude de 2012 publiée dans la revue Flavour indique que 21 % des Asiatiques, 17 % des Européens et 14 % des Africains n’aimeraient pas l’herbe qui parfume les plats sautés au curry et autres taboulés. Ce qu’on lui reproche ? Son goût – fort et particulièrement âcre – et son odeur communément jugée désagréable. Et si nous sommes autant à ne pas la supporter, c’est davantage pour des raisons génétiques que gustatives.

Comme pour d’autres aliments, la génétique joue un rôle dans l’aversion ou non de la coriandre. © Pixabay

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Pour la plupart des scientifiques, l’aversion pour la coriandre serait en effet héréditaire. Comme l’explique au Figaro Philippe Pouillart, immuno-pharmacologue spécialisé en pratique culinaire et santé en France, il existe un gène qui serait particulièrement sensible aux composés organiques de la plante aromatique, appelés aldéhydes. « Le gène OR6A2 contrôle la sensibilité aux aldéhydes : il code pour des récepteurs olfactifs et gustatifs, autant de capteurs biologiques qui détectent des substances chimiques. Ces récepteurs envoient des signaux à notre cerveau pour les transformer en descripteurs d’arômes et saveurs », précise-t-il. Et de poursuivre : « Chez certaines personnes, le gêne n’est pas exprimé et serait donc moins sensible. Chez d’autres, en revanche, il est sur-exprimé ».

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Un constat confirmé par d’autres études, ajoute Le Figaro. Notamment celle menée il y a près de 20 ans par Charles Wysocki, neuroscientifique comportemental en Pennsylvanie, sur des jumeaux. Ses recherches avaient montré que 80% des vrais jumeaux ressentaient la même chose pour la coriandre.

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