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On sait enfin pourquoi tant de gens détestent la coriandre

coriandre

On connaît tous quelqu'un qui fuit l'herbe verte comme la peste. | © unsplash / Lindsay Moe.

Food et gastronomie

Pour certains, elle détiendrait même un « goût de savon ».

 

Basilic, persil, ciboulette… Au rayon des fines herbes, rares sont ceux qui tirent la grimace à l’idée d’agrémenter leur plat d’une petite touche green, parfumée et vitaminée. Poulet au romarin, saumon à l’aneth, tarte au citron et au thym ; autant de recettes savoureuses qui titillent subtilement les papilles.

Mais dans la grande famille des herbes aromatiques, certaines sont rangées tout au fond du placard et n’y sortent que lors de rares occasions. Prenez la coriandre, par exemple. On connaît tous quelqu’un qui déteste cette plante au parfum prononcé, souvent cuisinée dans les plats asiatiques et latino-américains. « Une question de goût », se dit-on. Pas seulement.

Une haine qui coule dans les veines

En feuilles ou en graines, version fraîche ou séchée, la coriandre fait partie des épices mal-aimées du monde entier. Et la science a trouvé pourquoi : ce serait une question de gènes. Dans une étude publiée dans The Telegraph, des scientifiques ont expliqué s’être penchés sur le profil des haters de la plante et avoir pu déterminer leur point commun : tous.tes sont porteur.se.s du gène récepteur OR6A2 et détestent les aldéhydes, un composant qu’on retrouve dans la coriandre, mais aussi dans le savon, d’où la comparaison fréquente.

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Comme pour d’autres aliments, la génétique joue un rôle dans l’aversion ou non de la coriandre. © Unsplash.

Comme l’explique le Docteur Philippe Pouillart, nutritionniste et enseignant-chercheur en pratique culinaire et santé à l’Institut polytechnique UniLaSalle de Beauvais à 20Minutes, le OR6A2 est « un gène spécifique qui contrôle la sensibilité des récepteurs olfactifs et gustatifs aux aldéhydes. Or, les aldéhydes sont un composant chimique que l’on retrouve dans la coriandre, mais aussi dans le savon. Ainsi, si chez vous le gène OR6A2 est surexprimé, vous avez un risque de détester la coriandre et de lui trouver un goût de savon ».

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Et ce n’est pas tout. Selon le professeur Russell Keats de la Deakin University’s School of Exercise and Nutrition Sciences, cette aversion pour la coriandre est aussi due à la quantité, au type et aux variations naturelles des récepteurs du nez qui sont responsables de notre perception des aliments. Ainsi, cette herbe peut avoir un goût différent selon la personne qui la mange. Tout simplement. 

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