Concours mondial de sommellerie : incroyables épreuves et stress au max

Concentration totale pour un candidat juste avant le début de l’épreuve théorique. | © Jean Bernard

Food et gastronomie

C’est fou tout ce que l’on peut demander de connaître à un sommelier, ce spécialiste généraliste des lisuides et des terroirs… La chronique d’Eric Boschman.

 

Lors de la journée d’hier mercredi 13 mars, les 19 candidats retenus (dont le Français qui représente la Belgique, Antoine Lehebel)  durent associer vins et terroirs en associant trois verres et trois pierres. Ils durent aussi associer une bière brune de Belgique, à reconnaître à l’aveugle au préalable, avec un dessert. Sans oublier des épreuves de service, avec une décantation et bien entendu une épreuve théorique pas piquée des vers et un essai de trois pages avec comme question « Qu’est-ce qu’un sommelier ? » C’est presque philosophique ça, hein ?

Bien entendu tout cela se déroule à l’ombre d’un chronomètre, qui ajoute à la pression du public et des médias dans les pièces, sans oublier les délégations et les hordes de supporters qui voient en « leur » candidat le héros de l’année. Aux yeux d’un néophyte ces questions peuvent paraître loin du monde du vin ; certes, mais le métier de sommelier englobe tous les liquides que l’on sert dans un restaurant de l’eau au café en passant par le vin, les alcools, les bières sans oublier les cigares. Ces derniers ne sont pas liquides, je vous l’accorde, mais ils sont élaborés, pour les meilleurs d’entre eux, à la manière de grands vins par assemblage de différents terroirs de feuille, puis d’âge et de fermentation et on parle aussi de millésime. Le sommelier est un spécialiste généraliste qui, à la manière de cette vieille publicité à propos des fromages belges, connaît « un peu de tout »

Pourquoi une fois encore en Belgique ?

Ce jeune homme barbu est le candidat belge à l’œuvre durant la demi-finale lors de l’épreuve de la décantation, Antoine Lehebel. © Jean Bernard

Parce que le président de la Gilde des Sommeliers de Belgique, William Wouters est un gentil rêveur et qu’il sait qu’il a autour de lui une équipe soudée de femmes et d’hommes aussi rêveurs que lui. Lorsqu’il s’est agi de poser la candidature de la Belgique, il a fallu faire face à celle de Bordeaux. Pour nos amis hexagonaux les jeux étaient faits d’avance, qui pourrait résister à l’appel du vignoble le plus célèbre de la planète ? C’est là que la bonhommie de l’homme a joué en plein.

Pourquoi ne pas organiser un truc à la belge à Anvers, finalement ? Pas de longs déplacements, tout se fait à pieds ou presque, pas de soirées tralala tout se fait en walking dinner à la bonne franquette ou presque, on boit du vin mais aussi de la bière, pas de chichis et une énorme fête pour clore la semaine. Bon, derrière il y a une bande de copains, bénévoles, appuyée par une structure professionnelle, qui s’est donnée corps et âme, 15 heures par jours sans compter afin que le concours se déroule sans anicroche. A la belge et avec le sourire quoi qu’il advienne. Et puis, avouons-le, cette petite rivalité entre la Belgique et la France, gagnée par La Gilde des Sommeliers de Belgique a de quoi donner le sourire aux visages fatigués du dernier jour.

Le prochain championnat du monde des sommeliers aura lieu à Chypre en 2022.

La Sommellerie belge s’engage auprès des étudiants

Vlanderen Vorming et le WSET Belgium ont eu l’idée de motiver les étudiants des écoles hôtelières du Royaume à découvrir les arcanes et les finesses du métier de sommelier. Deux MasterClass destinée uniquement à ce jeune public, et données par des sommeliers internationaux de renom sont organisées dans les locaux où aura lieu la finale du concours. C’est l’occasion rêvée pour ces futurs professionnels de la restauration d’approcher de très près les meilleurs sommeliers de la planète et, qui sait, de s’en inspirer afin de se lancer dans une carrière similaire. Un futur meilleur sommelier du monde sera peut-être assis parmi ces élèves, allez savoir…

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