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Les huit nouvelles tendances alimentaires des Belges

Plus que jamais les notions de plaisir et de santé s'invitent à la table des Belges. | © DPA

Food et gastronomie

Nous consacrons aujourd’hui plus de 13% de nos revenus à l’achat de denrées alimentaires et le contenu de nos assiettes fait l’objet d’une attention grandissante. L’agence d’observation des tendances Weber Shandwick publie un rapport complet sur l’évolution de nos habitudes et du marché. Bonne nouvelle : ce sont en général les premières qui influencent le deuxième. Tour d’horizon des nouvelles tendances alimentaires.

 

1. La chasse aux gaspis

Nous jetons entre 15 et 25 kilos de nourriture par an, de quoi nourrir 100 000 familles… Terrifiant, même si nos voisins néerlandais flirtent avec les 50 kilos. Les campagnes d’ONG et les enquêtes des médias nous ont sensibilisés, et les politiques s’engagent : le plan REGAL initié par le Gouvernement wallon vise ainsi à réduire le gaspillage alimentaire de 30% d’ici 2025. La stratégie : pousser consommateurs et entreprises à la durabilité, en favorisant les matériaux recyclables ou (bio)dégradables pour les emballages, les solutions de stockage, la redistribution des invendus aux banques alimentaires et une meilleure information sur les dates de péremption.

2 initiatives font la différence :

  • Re-Fruit achète aux producteurs leurs fruits et légumes dits « moches » et les revend quasi à moitié prix aux citoyens, sandwicheries et traiteurs
  • Rekub est une appli gratuite qui indique aux distributeurs quels produits peuvent encore être vendus et consommés sans danger, malgré le dépassement de leur date de péremption.

2. De plus en plus local

La production de masse et le transport de nos denrées ont un impact énorme sur notre consommation de CO2, évaluée à 8 tonnes par an et par famille de 4 personnes. Là encore, le consommateur réagit en favorisant de plus en plus les circuits courts et les producteurs locaux : en 2016, on note une augmentation de 1,5% des ventes des petits producteurs.

Trois supermarchés agissent :

  • Delhaize s’implique en initiant une ferme urbaine sur le toit de son magasin de la chaussée de Boondael, à Bruxelles.  Un dispositif ultra moderne qui permet de réduire l’énergie nécessaire à la production , mais surtout l’empreinte carbone puisqu’on supprime les transports.
  • Belgomarkt  ont opté pour un choix radical, en ne vendant que des produits belgo-belges.
  • D’ici, avec deux points de vente en Wallonie, offre également une gamme de produits locaux ou de produits transformés par des sociétés locales (café, pâtes, huiles d’olive,…)
  • Chez Belgomarkt, 100% Belge, 100% local.© Belgomarkt.be

 3. Moins de viande au menu

Souvent par conviction, le mangeur 2017 réduit drastiquement sa consommation de viande : -13% en 8 ans ! Sans pour autant devenir végétariens, nous sommes sensibles aux conditions d’élevage et d’abattage, à l’impact environnemental des grandes fermes et aux bénéfices que les légumes et légumineuses apportent à notre santé. Le chiffre qui calme ? La production d’1 kilo de bœuf requiert 15 000 litres d’eau, contre 900 pour 1 kilo de blé.

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4.  Cap sur une meilleure santé

Du tonus, la prévention de certaines maladies, un poids équilibré… autant de préoccupations majeures qui nous poussent à modifier le contenu de nos caddies. Et l’on peut dire merci aux campagnes de sensibilisation qui nous alertent sur l’obésité (5,2% d’augmentation depuis 2004) ou la surconsommation de sel (-10% depuis 2007). Plus largement, nous ingérons en général trop de gras saturés et de sucres rapides, et pas assez de fibres.

Le Gouvernement fédéral s’engage :

En 2016, il a signé avec la FEVIA (Fédération de l’industrie alimentaire) et Comeos (porte-parole du commerce et des services) la convention Alimentation Équilibrée, dans lequel ils s’engagent à réduire de 5% les calories ingérées à l’horizon 2020. Par exemple, les céréales du petit-déjeuner verront leur taux de sucre baisser de 4%, les acides gras saturés (contenus dans le chocolat) de 2,5%, et les fibres augmenter de 5%.

5.  Allergies et intolérances : constat ou phobie?

Un peu des deux, en réalité. Si nombre de consommateurs sont influencés par les modes portées en étendard par des influenceurs (beaucoup de blogueuses, notamment) et des personnalités (Gwyneth Paltrow ou, plus rigolo : le Roi Philippe !) qui éliminent gluten, lactose et parfois sucre de leur régime alimentaire, les allergies sont bel et bien réelles chez nous, et même en augmentation. En 10 ans, le nombre de Belges souffrant d’allergie alimentaire a augmenté de 2%, entraînant une adaptation de leurs habitudes.

L’offre commerciale s’adapte :

  • Delhaize offre à la vente 30% de produits gluten free de plus qu’en 2014.
  • Les restaurateurs misent sur le légume, comme chez Hortense&Humus, 100% végétal de l’assiette aux cocktails ou Damien Bouchery dont le lunch est végétarien (comme lui !) depuis février.

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6. Le service à domicile

Livraison des courses, abonnements à des menus tout prêts ou quasi… en alimentation comme en tout, nous avons pris l’habitude de nous faire livrer. Une très grosse tendnace : les commandes en ligne ont augmenté de 50% sur le seul 2e trimestre 2016, et les projections sont à l’avenant: on prévoit que les Belges, à l’instar des Néerlandais, se feront livrer au moins un repas par semaine en 2017. L’explication? Le manque de temps au quotidien, évidement…

Les initiatives se multiplient :

  • Menu Next Door, une communauté de voisins, permet à l’un de déguster le plat mitonné par l’autre… et de nouer des liens
  • Les abonnements à un service de livraison de plats tout prêts ou d’ingrédients accompagnés d’une recette provoquent un vrai buzz tels que Hello Fresh ou SmartMat ;
  • La plupart des grandes enseignes s’en inspirent pour lancer leurs propres abonnements à des box contenant des repas préparés.

7. De plus en plus nomades

Horaires et lieux de travail moins fixes (dû au télétravail et à l’uberisation du marché de l’emploi), mobilité accrue (nous passons en moyenne 1,5h par jour dans les transports)… tout nous pousse à bousculer les horaires fixes des repas, sans pour autant – et même de moins en moins – en sacrifier la qualité!

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3 façons de consommer express:

  • En explorant l’offre des supermarchés dont les rayons frais regorgent de repas à emporter et consommer dans la foulée
  • En découvrant la multitude d‘échoppes qui nous permettent de manger sur le pouce, mais sainement. Elles fleurissent dans toutes les grandes villes, comme autant de rispostes à la junkfood.
  • En guettant l’arrivée d’Amazon Go en Europe : le géant de la distribution online a déjà « ouvert » un supermarché virtuel à Seattle.

8. Meltingpopotte

Plus si exotique, la cuisine exotique. Elle fait partie intégrante de nos menus, que ce soit à la maison ou au resto. Après les bagels et les cheese-cakes en 2015, en 2016 ce sont les burgers et les ramen japonais qui ont fleuri sur nos trottoirs belges. Cette année, on prédit une grosse tendance de la cuisine juive et du poké hawaïen. Les explications de cet engouement sont multiples : on bave devant les photos de foodies du monde entier sur Instagram, on veut rompre la monotonie quotidienne mais l’on cherche surtout de nouvelles sensations, des expériences inédites.

5 surprises venues d’ailleurs, à tester en 2017 :

  • Le poké hawaïen (salade de poisson cru mariné)
  • Les yaourts salés turcs, grecs, indiens (aromatisés aux herbes et/ou légumes)
  • Le curcuma à gogo (en poudre ou en pâtes ; préparations salées et sucrées)
  • Les algues asiatiques (en poudre, en feuilles, réhydratées, salées ou sucrées)
  • Les minipoissons méditerranéens (sardines, anchois…)

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