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Quand l’Amérique s’enivre à l’eau pétillante alcoolisée

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Une canette de White Claw contient 100 calories et deux grammes maximum de sucre. | © Capture d'écran Facebook/White Claw

Food et gastronomie

Pourvu qu’on ait l’ivresse… l’eau pétillante alcoolisée fait fureur aux États-Unis, où les jeunes l’ont adoptée dans l’espoir qu’elle pèse moins sur leur ligne que la bière ou le vin.

Cet été, sa « griffe » était partout : dans les parcs, sur les plages, dans les soirées entre amis ou dans les stades de base-ball. L’eau pétillante alcoolisée fait fureur aux États-Unis. Cette boisson gazeuse, le plus souvent vendue en canettes, contient de l’alcool à cinq degrés, obtenu à partir de sucres fermentés ou de malt, et est souvent aromatisée, avec des goûts allant de la cerise à la mangue. Ses ventes ont augmenté de près de 200% cette année sur le sol américain comparé à 2018, selon l’Institut de recherches en marketing Nielsen. Et la tendance a traversé l’Atlantique avec une percée au Royaume-Uni et en Suède.

« Pour moi, ça remplace toutes les autres boissons alcoolisées en canette », explique à l’AFP Hannah Stempler, une New Yorkaise de 25 ans, en sirotant une White claw, la marque la plus à la mode. Le groupe Mark Anthony Brands qui la produit assure que ses ventes ont bondi de 265% depuis le début de l’année et qu’il détient 61% du marché. Début septembre, un vent de panique a même soufflé sur New York quand des commerces ont fait état de pénuries de White Claw, forçant l’entreprise à redoubler d’efforts pour satisfaire la demande. Truly, un de ses concurrents, a également vu ses ventes s’envoler de 163% au deuxième trimestre, selon une étude du cabinet Macquarie.

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Hannah Stempler, qui travaille à la télévision, explique s’être convertie à ce breuvage parce qu’elle est « soucieuse de sa santé ». Une canette de White Claw contient 100 calories et deux grammes maximum de sucre, contre 140 calories en moyenne pour une bière et cinq fois plus de sucre. Le choix de multiples parfums plaît également à une clientèle « de millenials qui a grandi avec une dizaine de goûts pour le Gatorade (boisson destinée aux sportifs) et des plats venus du monde entier », explique Sanjiv Gajiwala, vice-président du marketing chez White Claw.

Mais c’est un influenceur sur Youtube, Trevor Wallace, qui a donné le dernier coup de pouce à cette boisson lancée en 2016. En juin, le comédien a posté une vidéo parodiant les buveurs de White Claw qui est devenue virale, avec 2,5 millions de vues en deux mois et de nombreux détournements sur les réseaux sociaux.

Selon les analystes, cette mode secoue le marché des boissons alcoolisées avec des ventes en baisse pour les fabricants de bière. Ces derniers sont toutefois présents sur ce segment, même si leurs produits ne parviennent pas pour l’instant à rivaliser avec la White Claw ou la Truly.

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À consommer avec modération

Si ces eaux sont moins caloriques, elles n’en restent pas moins alcoolisées, relève Aaron White de l’Institut national sur l’alcoolisme, qui met en garde contre le risque de dépendance. « L’alcool est une drogue » quelle que soit la manière de le consommer, dit-il à l’AFP, en s’inquiétant que la marque Four Loko prévoie de distribuer une de ces eaux avec 14% d’alcool.

D’autres boissons alcoolisées ont fait l’objet d’un engouement similaire par le passé avant de s’effacer, comme les mélanges de vin et de jus de fruits des années 80 ou le Zima, à base de malt dans les années 90. Mais Rob Fink, un New-Yorkais de 29 ans, pense que les eaux alcoolisées vont perdurer aux côtés de la bière et du vin. « Il y a de la place pour toutes ces boissons », dit-il.

L’industrie des sodas alcoolisés représente 550 millions de dollars et pourrait atteindre 2,5 milliards d’ici à 2020, selon un analyste d’UBS cité récemment dans Business Insider. La White Claw n’est encore entrée que dans 6% des foyers américains, souligne Sanjiv Gajiwala en se frottant les mains : « il nous reste une grande marge de progression. » 

Avec Belga

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