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La rondelle de citron, l’entorse surprenante (et méconnue) au régime vegan

citron vegan

Image d'illustration. | © Unsplash / Joanna Kosinska

Food et gastronomie

Un vegan averti en vaut deux.

Imaginez un peu. Vous êtes sur la terrasse d’un café, le gosier légèrement desséché par les dernières chaudes journées d’été. Ne sachant pas de quoi vous sustenter, vous jeter un rapide coup d’œil à la carte, disposée sur un coin de table en acier. Là, écrit juste en dessous de « Boissons fraîches » se trouvent alors deux versions du sempiternel Coca-Cola ; l’une vegan, l’autre pas. Interloqué, vous vous penchez sur le détail qui justifie cette distinction, avant de découvrir qu’elle réside dans une simple rondelle de citron.

C’est, à peu de chose près, ce qui est arrivé à Jack Monroe cette semaine. En consultant le menu proposé par Pizza Express, cette journaliste et écrivaine britannique a repéré un avertissement, indiquant que le Coca-Cola convenait aux vegans à condition qu’il soit servi sans rondelle de citron. Sur Twitter, la blogueuse culinaire a partagé sa découverte, non sans cacher sa confusion. « Euh, que fabrique Pizza Express avec ses citrons pour les rendre inappropriés au régime vegan ? », s’interroge-t-elle sur la toile. « Je viens de m’en rendre compte et n’arrive toujours pas à comprendre. »

Additif à base d’insectes

Ni une ni deux, les internautes se sont emparés du post pour y suggérer les théories les plus délirantes, tentant d’expliquer comment le citron a bien pu devenir un aliment non végé. Repérés par le journal suisse Le Matin, certains commentaires ont imaginé des citrons « stockés dans de la graisse de bacon » ou « injectés de bouillon de poule », jusqu’à fabuler sur des « citronniers carnivores ».

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Mais derrière ses airs de mauvaise blague, le détail relevé par Jack Monroe et relayé par The Independent cache une très sérieuse réalité. Interpellée sur Twitter, c’est la chaîne de restaurants elle-même qui a mis un terme à la vague de spéculations. À la question « quand est-ce que les citrons ne sont plus des citrons ? », Pizza Express a répondu que les citrons « traités » contenaient « une laque dérivée d’insectes » et n’étaient donc pas considérés comme « strictement vegan ».

Vigilance et transparence

Pour leur conservation, certains citrons industriels sont en effet enduits de gomme-laque, précise le HuffPost, une résine issue de la sécrétion de cochenille asiatique. Fréquemment utilisée par les industries alimentaires et pharmaceutiques (dans les bonbons ou les pilules, par exemple), cette gomme baptisée « shellac » sert surtout à la fabrication de vernis et de peintures, lit-on encore sur Wikipédia. Particulièrement efficace pour la finition du bois, cet additif (numéroté E904) servirait en outre à traiter certains fruits et légumes.

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Face au manque encore drastique de transparence sur la composition de certains produits, le magazine américain appellent les personnes qui pratiquent le véganisme à la vigilance. Car s’il existe la cire de polyéthylène, qui elle convient aux vegans, l’association The Vegan Society recommande de préférer les fruits et légumes non-traités ou de se renseigner sur les additifs qu’ils pourraient contenir. Du moins, « si vous voulez être totalement sûr de ne pas consommer de protéines animales ».

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