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Le champagne se met au vert

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Les récoltes 2019 ont été favorables. | © Thomas Schaefer/Unsplash

Food et gastronomie

Victime du réchauffement climatique, la région Champagne réduit peu à peu ses émissions de CO2.

 

Le secteur du champagne a réduit ses émissions de CO2 de 14% en quinze ans, a-t-il annoncé hier. Peu à peu des petits pas sont pris pour renforcer son caractère durable, l’accent est notamment mis sur les bouteilles et les cartons plus légers, selon le Bureau du Champagne Benelux et le Comité Champagne.

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Une année « exceptionnelle »

Le secteur indique que les récoltes 2019 ont été favorables grâce au climat chaud et ensoleillé d’août et de septembre. Mais l’année de la récolte a également été caractérisée par les gelées printanières, qui ont détruit certains des bourgeons, et les vagues de chaleur de juin et juillet, qui ont réduit de 10% le potentiel de récolte.

Les représentants du secteur soulignent que la région Champagne, dans le nord-est de la France, est déjà pleinement confrontée aux conséquences du changement climatique : la température moyenne a augmenté de 1,1°C en 30 ans. Bien que ce réchauffement ait eu jusqu’à présent un effet positif sur la qualité du produit, un ensemble de mesures a été déployée depuis 2003 pour encourager tous les acteurs du secteur à devenir plus durables.

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Objectif -75% d’émissions d’ici 2050. ©Boudewijn Huysmans/Unsplash

Selon le Comité Champagne, ces mesures ont déjà porté leurs fruits. « Entre 2003 et 2018, nous avons réduit les émissions de CO2 de 14%. Calculé par bouteille, cela représente une réduction de 20% », a déclaré Pierre Naviaux, responsable du projet environnemental du Comité Champagne. « L’objectif est de réduire les émissions de 25% d’ici 2025, ce qui est conforme à l’objectif de la France. Nous sommes donc sur la bonne voie, mais il reste encore du travail à faire ». D’ici 2050, le secteur veut même réduire les émissions de CO2 de 75%.

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Dans le plan d’action que le secteur a mis en place, une attention toute particulière est portée sur l’impact des emballages et des transports. La bouteille de champagne standard a été allégée de 7% (de 900 à 835 grammes). Les cartons pèsent maintenant presque trois fois moins. « Une étude que nous avons réalisée à ce sujet a montré de manière surprenante que l’emballage représentait la plus grande part des émissions avec 32% », explique Naviaux. Le plan d’action met également l’accent sur la biodiversité et la gestion de l’eau. De cette manière, les eaux usées provenant de la production de vin sont entièrement récupérées et l’objectif est d’arrêter l’utilisation des désherbants d’ici 2025.

Les Belges, toujours aussi fans du brut

La Belgique reste le cinquième importateur mondial de champagne, affichant 5,8% de toutes les exportations en 2018. Parmi les 9 092 105 bouteilles arrivées sur le territoire l’an dernier (hors caisses emportées par les Belges eux-mêmes), 92,8% étaient des bruts sans année, 3,4% des rosés et 1,8% des demi-secs, les 2% restants étant composés d’extra bruts, de bruts natures et de millésimés.

Le chiffre d’affaires du secteur viticole champenois s’est élevé à 4,9 milliards d’euros, dont 2,9 à l’export. Sur les 301,9 millions de flacons expédiés (bouteilles sorties de caves champenoises) en 2018, 51% ont été exportés. Outre la France qui en garde donc 49%, le Royaume-Uni, les États-Unis et le Japon dépassent la Belgique en termes d’expéditions. Les exportations belges ont ainsi connu une très légère progression, de 0,2%, en 2018, tandis que la valeur de celles-ci a bondi de 1,9% pour atteindre 144 933 821 euros. Les bruts non millésimés restent ainsi les breuvages champenois les plus consommés en Belgique. « La tendance des vins de Champagne moins dosés (extra brut ou zéro dosage, aussi appelé brut nature) ont amorcé une hausse il y a quelques années mais restent un marché de niche », soulève M. Le Mailloux, porte-parole du Comité Champagne.

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La région viticole de Champagne représente 16 000 vignerons et 340 maisons réparties sur près de 34 000 hectares (soit 0,4% de la surface du vignoble mondial). Les trois cépages principalement cultivés y sont le pinot noir (38%), le meunier (31%) et le chardonnay (31%). Les cépages anciens, tels que l’arbane, le petit meslier, le pinot blanc et le pinot gris y sont également autorisés mais ne représentent actuellement que 0,3% du vignoble. Les volumes de champagne représentent moins de 10% des vins effervescents dans le monde.

Avec Belga

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