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La légende d’un whisky : The Dalmore

whisky the dalmore

Image d'illustration. | © DR

Food et gastronomie

C’est le 4eme plus cher au monde. Le « 62 Year Old » a été vendu 140 000 euros. Mais on peut visiter sa distillerie d’origine, en Ecosse, pour beaucoup moins cher.

 

La dépression vous guette ?  Les trains, les métros, les bus se font rares, les heures d’embouteillages s’accumulent… Alors fuyez ! Destination l’île noire. Au nord de l’Ecosse, au cœur des Highlands, à deux pas d’Inverness, pour découvrir le berceau de « The Dalmore », le légendaire whisky écossais. Tintin et Milou n’y sont pas, mais le fantôme du capitaine Haddock hante certainement la distillerie.

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Fondé en 1839 par Alexander Matheson, ce whisky a le droit d’arborer fièrement les bois d’un cerf comme emblème, grâce à l’un des ancêtres du clan Mackenzie, qui sauva le roi d’Ecosse de la furia d’un cerf, en le tuant d’une seule flèche. C’est ce clan qui tient les rênes de l’entreprise depuis 1867.

Au Castel Leod, à quelques encablures du village de Strathpeffer, on est reçu par le descendant des Mackenzie, en kilt évidemment, qui vous guide dans son château. Dans le parc, un châtaignier de 1550, observe. Lui sait le secret de la légende du Dalmore. Et il se trouve à la distillerie. Qui vous attend à Alness, sur la rive de la baie de Cromarty, face à l’île noire. Celle dont parlait Hergé. C’est ici qu’est cultivée l’orge nécessaire au single malt. Tout proche de la rivière Averon dont l’eau, d’une qualité exceptionnelle, favorise la distillation. C’est capital quand on sait qu’il en faut 11 litres pour 1,4 kilo d’orge…

La visite est classique : salle de brassage, de fermentation, la chambre des alambics et enfin, le coffre à alcool. De ce lieu scellé, fait de cuivre et de verre, sortira le cœur de chauffe, 63°, dont les fûts seront remplis.

C’est à ce stade qu’intervient le sorcier des lieux : Richard PATERSON, surnommé « the Nose ».  Depuis 50 ans, c’est l’âme de Dalmore. En 2002, son coup de génie fut de créer le « Dalmore 62 ans ». Assemblé dans de prestigieux fûts datant respectivement de 1868, 1876, 1926 et 1939. La première des 12 bouteilles mises en vente atteignit la somme de 41000 euros. Les 11 autres dépassèrent les 70 00 euros. Et en 2011, il battit le record du monde avec un flacon vendu… 140 000 euros.

La dégustation

Shauna Gennens, qui dirige depuis 30 ans l’entreprise, dispose 7 verres devant vous. Le liquide du premier à la couleur de l‘eau. C’est le cœur de chauffe. Et c’est du brutal ! 63° envahissent d’un coup votre bouche et votre nez. C’est de la grappa puissance 1000. Le verre de Xérès qui suit, dont les fûts assurent le vieillissement des Dalmore, calme le feu de votre palais. Puis se succèdent, le 12 ans, 15, le 18, le Cigar malt, le port Wood, dernier né de la collection, et le superbe King Alexander III. Trois d’entre eux sont à tomber.

Le 15 ans d’abord, avec ses parfums de pêche, de brioche et d’épices mêlées. Le 18 ans ensuite. 43°, le préféré des grands amateurs. Vieilli 14 ans en fûts de chêne américain, puis de Xérès et de Cherry de première qualité. Lui exhale une odeur boisée de raisin sec, orange et miel.

Enfin, le King Alexander III.  40°. Le chef d’œuvre, maturé entre 23 et 24 ans, mariant 6 vieillissements différents en un même flacon : Bourbon, Xérès Olorosso Matusalem, Madère, Marsala, Porto et Cabernet Sauvignon.

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Si vous tenez encore debout, on vous invitera à rejoindre le Gellions bar à Inverness pour une soirée de folie. La bière succédant au whisky, des discussions sans fin s’amorcent avec vos sympathiques voisins de bar. Le tout au son d’une musique celtique endiablée et vous vous laissez entrainer dans un Ceilidh (la danse nationale) de feu. Au point de s’apercevoir qu’on est en train de chanter Flower of Scotland et de hurler : « Vive l’Ecosse libre ! ».

https://www.thedalmore.com/

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