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Les pâtes considérées comme des légumes dans les écoles américaines

pâtes servies à la cantine scolaire

De nouvelles directives inquiétantes pour la santé et l'éducation des enfants américains. | © Unsplash/Keri Liwi

Food et gastronomie

Les nouvelles directives nutritionnelles scolaires, proposées par l’administration Trump, ne risquent pas de lutter contre l’obésité infantile, en considérant certaines pâtes et les pommes de terre comme des légumes.

 

Michelle Obama se serait bien passée de ce cadeau. Le jour de son anniversaire, vendredi 17 janvier, l’administration Trump a annoncé vouloir revenir sur le programme qu’elle a initié pour promouvoir des repas plus sains dans les écoles et réduire l’obésité infantile, dans un pays où près d’un enfant ou adolescent sur cinq est en surpoids. Partant du constat que les élèves jettent la nourriture qui leur est proposée si elle n’est pas « appétissante », il propose par exemple non pas de rayer les légumes du menu, mais de les présenter sous forme de frites.

« Les écoles et académies scolaires nous disent qu’il y a encore trop de gaspillage alimentaire et qu’une plus grande flexibilité de bon sens est nécessaire pour fournir aux élèves des repas nutritifs et appétissants », justifie le ministre dans un communiqué. Il propose ainsi, entre autres, d’offrir à 100 000 écoles et 30 millions d’élèves « plus de variétés de légumes », ainsi que des « menus à la carte ».

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À première vue, augmenter l’offre de légumes est une excellente idée, tout dépend de ce que l’on considère comme tel. Proposées par le Ministère de l’Agriculture, les directives présentent un changement inquiétant pour la santé (et l’éducation) des enfants : les pâtes à base de pommes de terre, de soja et de farines végétales seraient en effet considérées comme une portion de légumes, indique The Independent. « Les pâtes à base de farine végétale peuvent être considérées comme un légume, même si les pâtes ne sont pas servies avec un autre légume reconnaissable », rapporte le journal britannique, citant la règle en question. Les pommes de terre veulent également être servies comme légume tous les jours.

Les directives de l’administration Trump permettraient aux enfants de recevoir qu’une demi-tasse de fruits plutôt qu’une entière au petit-déjeuner.

Porte ouverte au lobbying

Pire encore, selon Colin Schwartz, responsable juridique du Centre pour la science dans l’intérêt public, cette réforme fédérale, si approuvée, « créerait une énorme faille dans les directives nutritionnelles scolaires, ouvrant la voie aux enfants pour choisir des pizzas, des hamburgers, des frites et d’autres aliments riches en calories, en graisses saturées ou en sodium au lieu de repas scolaires équilibrés tous les jours ». Pour beaucoup d’élèves des quartiers pauvres, le lunch est le seul repas possiblement équilibré de la journée.

Cette faille pourrait être exploitée par les lobbies de l’industrie agroalimentaire afin d’étendre leur empreinte sur les menus scolaires, dénoncent les organisations liées à la santé. « Il ne s’agit pas seulement de ce qu’il y a dans l’assiette, mais également de la manière dont c’est préparé », a également regretté Nancy Roman, présidente du Partenariat pour une Amérique en meilleure santé, citée dans le Washington Post. « Les jeunes enfants ont particulièrement besoin d’être exposés aux fruits et légumes non transformés, faciles à manger. »

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