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#Jedisnonchef, le compte Insta qui dénonce le sexisme en cuisine

témoignage sorti du compte instagram je dis non chef

En cuisine, ces remarques sexistes sont monnaie courante. | © Capture d'écran Instagram/Jedisnonchef

Food et gastronomie

#MeToo entre petit à petit dans l’horeca grâce au compte Instagram « Je dis non chef », qui rassemble les témoignages de femmes harcelées, agressées et violées dans les cuisines françaises.

 

« Je viens travailler tous les matins, juste pour mater tes seins ». « Je », c’est un chef deux étoiles. Dans l’horeca, comme dans chaque milieu dominé par des hommes, les femmes subissent régulièrement, voire quotidiennement, du harcèlement. C’est ce que démontre le compte Instagram Je dis non chef.

Lancé par Camille Aumont Carnel, à qui l’on doit déjà Je m’en bats le clito, ce compte au couteau aiguisé dénonce le sexisme ambiant dans les cuisines françaises, à travers des témoignages d’employées, apprenties et stagiaires. La militante féministe connait bien le sujet puisqu’elle a travaillé quatre ans en cuisine, aux côtés de chefs étoilés au guide Michelin. En juillet 2019, elle a décidé de raconter les horreurs qu’elle a subies pour « dire tout haut ce que tout le monde sait tout bas », expliquait-elle récemment au magazine Néon. Très vite, d’autres femmes ont voulu témoigner.

Lire aussi > Gastronomie : Stop aux machos des fourneaux

 

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Va chier. #jedisnonchef #balancetonporc #metoodelarestauration #metoo

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Bande de tarés. #jedisnonchef #metoodelarestauration #balancetonporc #metoo

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Briser l’omerta

Si certains messages dénoncent des faits racistes ou homophobes, la majorité des témoignages sont des femmes ayant subi du harcèlement moral ou sexuel, des agressions sexuelles, et des viols. Grâce à l’anonymat préservé par ce compte Instagram, elles peuvent dénoncer ces atrocités sans craindre de perdre leur place.

Parce qu’on lui a trop inculqué ce culte du silence et du « oui chef », Camille Aumont Carnel veut maintenant dire « non » et briser l’omerta. « Dans ce milieu, des Harvey Weinstein, qui violent, qui harcèlent, qui font du chantage sur les carrières, on en a mille. Il nous faut un #MeToo de la restauration, une Adèle Haenel de la restauration, pour que les témoignages à visage découvert affluent et que les têtes tombent enfin », lâche à LCI la jeune femme, âgée de 23 ans, espérant la fin de l’impunité derrière les fourneaux.

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