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Pandémie : Le circuit court sollicité comme jamais

Les commandes aux producteurs locaux augmente en cette période de pandémie du coronavirus

Les maraîchers qui comptaient sur les marchés hebdomadaires en plein air doivent trouver d'autres solutions. | © Peter Wendt/Unsplash

Food et gastronomie

Chez certains maraîchers wallons, les commandes ont doublé, voire triplé.

 

La consommation en circuit court connaît un certain succès depuis le début de l’épidémie du nouveau coronavirus. Les maraîchers wallons profitent de cette situation même si tous ne sont pas logés à la même enseigne. Ceux habitués aux marchés communaux en plein air vont devoir trouver d’autres canaux de distribution alors que les fermes disposant d’un petit magasin annexe ou proposant des paniers de produits tournent à plein régime.

Éviter l’affluence des grandes surfaces

« Ces deux dernières semaines, les commandes ont doublé voire triplé chez nos maraîchers », indique le Centre interprofessionnel maraîcher (CIM) wallon. « Certains (consommateurs) ont préféré se rendre dans les commerces de proximité ou directement chez les producteurs pour éviter la promiscuité des grandes surfaces », relève le CIM.

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Le directeur opérationnel de Färm, Jean-David Couderc, confirme cet afflux. « La tendance est positive pour les 13 enseignes de la coopérative, les fournisseurs ayant même parfois du mal à suivre », confie-t-il. « Les gens mangent désormais tout le temps chez eux. Donc, nos clients traditionnels dépensent plus dans nos magasins mais nous accueillons également une nouvelle clientèle, probablement car les commerces en circuit court se sont montrés plus résilients à la crise que la grande distribution où certains rayons étaient vides », analyse-t-il.

Le revers de la médaille

Pour autant, tous les magasins ne tirent pas un plein bénéfice de la situation car des frais doivent être engagés pour pallier l’absentéisme, actuellement de 20 à 30%, et pour satisfaire aux mesures décidées par le gouvernement pour endiguer la propagation du Covid-19 comme la distanciation sociale dans les magasins. Des gants et des masques doivent aussi être fournis au personnel et un vigile a été engagé par magasin, notamment pour gérer le flux de la clientèle. « On peut estimer à 10 000 euros par mois et par magasin la somme nécessaire pour satisfaire aux mesures. Mais on ne lésine pas sur la sécurité », conclut M. Couderc.

Autre débouché de choix pour les cultivateurs wallons, les points de retrait en ligne comme ceux organisés par la Ruche qui dit oui (Boeren en Buren au nord du pays). Ce réseau disposant d’une centaine de « ruches » en Belgique a vu les ventes tripler cette semaine par rapport à une semaine normale. Quelque 2 000 clients ont effectué leur première commande. « Pour la première fois dans l’histoire, les 100 ‘ruches’ belges ont réalisé ensemble plus de 7 000 commandes sur une base hebdomadaire », indiquaient dans un communiqué les responsables. Autre site de commande de produits locaux en ligne, eFarmz annonçait, mardi déjà, être complet pour tout le reste de la semaine.

Bientôt un manque de main-d’œuvre ?

Si une bonne partie des cultivateurs wallons parviennent à écouler leurs marchandises en ce début de crise, le CIM est moins rassuré pour le court terme et craint un manque de main-d’œuvre pour les récoltes à venir. Le secteur horticole belge emploie quelques dizaines de milliers de saisonniers (de 15 000 en avril à 40 000 en mai), majoritairement des travailleurs en provenance des pays de l’Est, qui sont actuellement bloqués aux frontières. « La Fédération wallonne horticole et le Collège des producteurs travaillent à la mise en place d’une plate-forme permettant aux volontaires de se porter candidat pour l’une ou l’autre récolte de cultivateur », explique Claire Olivier, conseillère technique au CIM. L’outil devrait être prêt d’ici la fin de la semaine.

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« Lorsque cette crise sera derrière nous, il ne faudra pas oublier que nos producteurs se sont démenés pour nous fournir des produits de qualité pendant ces semaines de confinement, parfois au détriment de leur santé, et sans compter leurs heures de travail », espère le CIM.

Avec Belga

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