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Selon une enquête, le Belge est prêt à manger des insectes, mais préfère ne pas les voir

insectes belges

Image d'illustration. | © Kriket.

Food et gastronomie

Plus d’un tiers des Belges (34 %) disent avoir déjà mangé des insectes au moins une fois dans leur vie.

 

En témoigne le premier « Baromètre des insectes », un projet de recherche mis sur pied par la start-up bruxelloise KRIKET, productrice de la première barre belge aux grillons, et le département marketing de l’HOGENT. En outre, 75,8 % des Belges se disent ouverts aux insectes en tant que produit alimentaire, ce qui représente une forte augmentation par rapport aux 19 % de la recherche menée par l’Université de Gand en 2014. « Nous constatons que beaucoup de consommateurs sont prêts à les goûter, surtout lorsqu’ils sont transformés en un produit accessible à consommer », raconte le professeur Freek Van Baelen (HOGENT).

Les insectes destinés à la consommation humaine sont autorisés sur le marché belge par l’agence alimentaire fédérale AFSCA depuis 2014, mais malgré leurs avantages pour la santé et la planète, manger des insectes ne s’est pas encore imposé en Belgique. Néanmoins, les mentalités semblent évoluer, selon une étude de marché réalisée par l’HOGENT. Cette enquête a été menée par Ellis Bauwens et Axana Lefebvre, toutes deux étudiantes en marketing à l’HOGENT, dans le cadre de leur stage-projet.

Curieux

Que pense la population belge de la consommation d’insectes ? Quelles sont les motivations et les principaux obstacles à l’intégration des insectes dans notre alimentation ? Telles étaient les questions principales de ce « Baromètre des insectes » dans le cadre duquel les étudiantes de l’HOGENT ont interrogé 283 consommateurs de différentes catégories d’âge dans 10 villes flamandes. Elle a montré que 34 % des répondants ont mangé des insectes au moins une fois dans leur vie.

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Kriket.

Ce chiffre pourrait augmenter sensiblement dans les années à venir, car plus des trois quarts des personnes interrogées sont ouvertes à l’idée de manger des insectes, principalement par curiosité. Outre la curiosité, l’aspect nutritif et durable des insectes semblent être deux facteurs de motivation importants.

D’autre part, de nombreux consommateurs ont du mal à accepter l’apparence des insectes. Cela constitue clairement une barrière pour commencer à manger des insectes en masse. Si les insectes ne sont pas reconnaissables dans un produit alimentaire, cela diminue considérablement la barrière psychologique. De plus, le prix et l’incertitude quant à l’origine des insectes empêchent certains répondants de manger des grillons, des vers ou des sauterelles.

Plus d’informations sont nécessaires

Une communication élargie et claire sur les avantages des insectes, le processus de production et leurs conditions de vie est également essentielle pour dissiper les doutes des consommateurs, concluent les chercheurs. Enfin, plus de consommateurs seraient enclins à goûter les insectes s’ils étaient disponibles dans davantage de canaux de distribution, disent-ils. « Une grande partie des consommateurs belges semblent prêts à ajouter les insectes dans leur alimentation.

Lire aussi > Des barres de céréales à base d’insectes : Et si cette nouvelle habitude alimentaire devenait notre quotidien ?

Les avantages de la consommation d’insectes pour le climat, l’environnement, la souffrance animale et la santé a beaucoup d’importance pour eux. Il s’agira surtout de convaincre les Belges du goût, de la facilité de préparation et du prix des insectes. Notre conseil aux entreprises qui mettent des insectes sur le marché est donc le suivant : faites goûter les consommateurs, donnez-leur des informations sur le produit et inspirez vos clients sur la manière de l’utiliser », conseille Freek Van Baelen, professeur à HOGENT.

Les insectes comme source alternative et durable de protéines

Au cours des dix dernières années, la consommation de viande aux Pays-Bas a diminué de 8,8 %, alors que, dans le même temps, la demande de protéines alternatives a considérablement augmenté. Les insectes sont présentés, entre autres, par les Nations unies comme la source de protéines de l’avenir : ils n’utilisent qu’une fraction des matières premières que consomment les vaches, les porcs et les poulets, ils transforment plus efficacement leur nourriture en protéines et, en outre, ils peuvent être élevés avec les flux résiduels de l’industrie alimentaire. Sachant que la population mondiale augmentera de deux milliards d’habitants d’ici 2050, ils peuvent jouer un rôle crucial dans la limitation de l’impact climatique du système alimentaire.

Les chiffres de l’IPIFF (International Platform of Insects for Food and Feed) montrent que quelque 9 millions d’Européens mangeaient déjà des insectes en 2019. Avec la suppression des obstacles juridiques, l’offre croissante de produits à base d’insectes et l’acceptation progressive par les consommateurs, ce chiffre pourrait atteindre 390 millions de consommateurs d’insectes d’ici 2030. Au début de cette année, la Commission européenne a approuvé le ver de farine comme le tout premier insecte destiné à la consommation humaine. On s’attend à ce que les grillons et les sauterelles suivent bientôt cet exemple.

C’est également la conviction de Michiel van Meervenne, fondateur de la jeune entreprise KRIKET : « En 2018, nous avons lancé la première barre belge aux grillons avec KRIKET parce que nous pensons que les insectes peuvent être un supplément sain, durable et savoureux à notre alimentation occidentale. Depuis lors, nous avons conquis de nombreux consommateurs avec nos produits lors de dégustations et dans les rayons de nos magasins partenaires », dit-il.

 

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Michiel a fondé KRIKET avec sa sœur Anneleen en 2018 après une campagne de crowdfunding réussie. L’entreprise bruxelloise propose actuellement des barres et des granolas à base de poudre de grillons. Pour faire de ces barres un produit sain, équilibré et nutritif, les jeunes entrepreneurs ont travaillé en collaboration avec le département de nutrition et de diététique de l’HOGENT.

On peut trouver ces barres dans les rayons de Bio-Planet, Färm, AS Adventure, White Night et Aveve, entre autres. Au total, KRIKET compte désormais quelque 500 points de distribution répartis entre la Belgique, l’Allemagne et les Pays-Bas. En 2019, KRIKET a remporté le concours de start-up de Metro et Lufthansa et a conclu un partenariat structurel avec Colruyt Group en 2020. Michiel Van Meervenne considère l’étude de marché de l’HOGENT comme une étape importante, car pour la première fois, on a pu établir une cartographie systématique du nombre de Belges qui mangeaient déjà des insectes et les raisons pour lesquelles ils le faisaient ou non. « En répétant ce baromètre chaque année, nous aurons une vision très précise de l’évolution de la perception de la consommation d’insectes dans les années à venir », conclut-il.

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