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Auréolée d’étoiles, Hélène Darroze plaide pour une gastronomie décomplexée et sans tralala

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"Cette période nous a ramenés tous à ce qui est essentiel, le partage et la relation. On a besoin de liens, de choses authentiques". | © JOEL SAGET / AFP.

Food et gastronomie

En pleine interrogation sur l’avenir de la haute gastronomie après le Covid, la cheffe française Hélène Darroze rouvre son restaurant triplement étoilé à Londres et investit les cuisines d’un palace en Provence. Sans tralala et en toute confiance.

 

« On a toujours privilégié le côté familial, très proche du client, très décomplexé. » C’est avec ces mots qu’Hélène Darroze, dans un entretien avec l’AFP, annonce la couleur en marge de l’ouverture de son restaurant éphémère dans le sud de la France. La cheffe a succès a en effet signé le premier dîner à la Villa La Coste, hôtel de luxe situé au milieu des vignes qui offre un parcours d’art moderne en pleine nature, près d’Aix-en-Provence.

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Le caviar assaisonne le concombre, les gamberoni rôtis aux épices relèvent la carotte et l’agneau met en valeur le pois chiche – servi frais et sous forme de panisses. Le légume y est au centre de l’assiette inspirée des jardins de Provence. Le menu dîner de sept plats coûte 135 euros.

Le goût de la proximité

Bien qu’intégré au palace, « cela reste un restaurant de campagne », déclare Hélène Darroze. « J’ai l’impression de me retrouver chez mon grand-père où il y a une proximité avec les convives qui est incroyable. C’est une maison de famille et cela ne peut que marcher », assure la cheffe, couronnée cette année d’une deuxième étoile Michelin pour son restaurant Marsan à Paris et d’une troisième pour « Hélène Darroze at The Connaught » à Londres.

À midi, un père avec deux petits garçons examinent le menu, repartent, reviennent, patientent sans s’attabler. Ils guettent la cheffe dont la popularité est à son comble en France grâce à sa participation à l’émission « Top Chef » sur la chaine française M6, regardée plus que jamais pendant le confinement et remportée deux fois de suite par ses candidats. Au bout de 30 minutes, elle passe et pose en photo avec les garçons.

« Cette période nous a ramenés tous à ce qui est essentiel, le partage et la relation. On a besoin de liens, de choses authentiques », souligne Hélène Darroze.

À Londres, « on a rouvert au Connaught, c’est un succès fou ! », se félicite-t-elle, soulignant que « c’est beaucoup moins cher » que dans les restaurants 3 étoiles des palaces à Paris, tous fermés depuis le début de la crise sanitaire.

« Les assiettes sont beaucoup plus décomplexées, moins travaillées »

« Le problème de la France, c’est le coût du travail. Entre Londres et Paris, il y a une très grosse différence dans les charges sociales et cela se ressent sur l’addition ». Jusqu’à présent « on ne demandait pas beaucoup de rentabilité aux palaces, je suis sûre que cela va changer (…). Cela va passer par moins de tralala ».

Le changement de cap « à 180 degrés » au Plaza Athénée, palace et restaurant parisien, semble en être la preuve. Après 20 ans de bons et loyaux services, Alain Ducasse, le chef le plus étoilé au monde et mentor d’Hélène Darroze – elle a été la responsable administrative au Louis XV à Monte-Carlo et il l’avait poussée à faire de la grande cuisine -, a passé cette semaine le relais à Jean Imbert, zéro étoile mais lauréat de Top Chef et ami des célébrités.

Ce changement « est radical, il a été surprenant (…). C’est aussi une ouverture vers une façon de travailler différente, de communiquer différemment », analyse Hélène Darroze. Jurée depuis sept ans à « Top Chef », devenu un tremplin pour les candidats, Hélène Darroze observe avec bienveillance la ‘peopolisation’ des chefs. « Ils ont leur agent ! », sourit la cheffe, se félicitant que le métier de cuisinier soit « aujourd’hui valorisé grâce à la médiatisation ».

« Quand j’étais jeune, je n’ai pas fait d’études de cuisine. J’étais une bonne élève, j’étais une femme, donc je suis allée à l’université. La cuisine, c’était la voie de garage à cette époque-là », se souvient-elle. Propulsés par la télévision et plus sûrs d’eux, les jeunes chefs « se posent beaucoup moins de questions, ils sont plus intuitifs ».

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« Cela ne me choque pas. Ils respectent la matière première, ils ont un engagement pour l’environnement. Les assiettes sont beaucoup plus décomplexées, moins travaillées. Mais le goût est là, les produits sont là », conclut-elle.

Avec Belga

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