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Quand les sœurs de l’Abbaye de Maredret se lancent dans la bière artisanale belge

Quand les sœurs de l'Abbaye de Maredret se lancent dans la bière artisanale belge

L'Altus (6,8%) et la Triplus (8%) mélangent l'épeautre, plusieurs épices pour un résultat boisé et unique. | © DR

Food et gastronomie

La Triplus présente un arôme fleuri et sort du lot par sa saveur délicate.

 

C’est une collaboration peu commune mais qui fonctionne. L’Abbaye de Maredret a été fondée en 1893 par Agnès de Hemptinne pour accueillir des sœurs Bénédictines. Situé dans un vaste domaine de 15 hectares, il est actuellement toujours occupé par une vingtaine de religieuses. Elles vivent selon la règle de saint Benoît qui rythme la vie quotidienne en 8 heures de travail, 8 heures de prière et 8 heures de repos. Les sœurs fabriquent et vendent des confitures, du jus de pomme, des biscuits, des céramiques, des tissages et des enluminures. Le domaine devenant trop grand à entretenir pour seulement 20 sœurs, ces dernières font tout leur possible pour entretenir et sauvegarder ce lieu impressionnant, aux faux airs de Westminster. Le brasseur familial belge Anthony Martin s’est alors rapproché d’elles afin d’élaborer ensemble une gamme de bières.

Quand les sœurs de l'Abbaye de Maredret se lancent dans la bière artisanale belge
L’Abbaye de Maredret. © DR

Bien plus qu’un projet solidaire pour aider les sœurs, la famille Martin s’est réellement inspirée de l’Abbaye de Maredret. « C’est dans le jardin médicinal, dans le verger et dans le potager que les sœurs et notre équipe ont puisé leur inspiration », explique Anthony Martin. « Bien évidemment les bières Maredret n’ont pas vocation médicinale, mais les matières premières utilisées ont été sélectionnées par notre Maître-Brasseur pour leurs propriétés et leur valeur intrinsèque. » Preuve s’il en est de la sincérité de leur collaboration, les bières ont été goûtées par les sœurs avant leur validation. La famille Martin et leur Maître-Brasseur sont venus à deux reprises à l’Abbaye pour faire déguster entre 6 et 8 bières, afin de recueillir l’opinion des sœurs. « Elles se sont laissé prendre au jeu, elles étaient très impliquées », nous confie Jonathan Martin, arrière-petit-fils du fondateur du groupe familial John Martin.

Une Triple au goût épicé et boisé

C’est la première fois qu’une bière est issue d’une abbaye de soeurs Bénédictines en Belgique. Les deux bières artisanales Maredret « Altus » (6,8%) et « Triplus » (8%) mélangent l’épeautre, le laurier, la sauge et bien d’autres épices. Ces épices sont combinées de manière à ce que le moment d’explosion de chacun d’elle procure une sensation unique. Lorsqu’on déguste la Triplus, on perçoit en premier la sauge, au goût épicé et boisé. Le laurier permet, quant à lui, de donner beaucoup de goût pendant plus longtemps. Vient ensuite le galanga, dont le goût se rapproche du gingembre, qui procure une note piquante sans être agressive. L’épeautre sert de pierre angulaire, apportant des notes florales, de noisettes et légèrement amères. Un vrai équilibre entre les arômes qui a été recherché pendant un an et demi pour l’Altus, et de nombreuses années pour la Triplus. Cette dernière, aux allures de bière triple, tient un arôme fleuri et sort du lot par sa saveur délicate.

La vente de ces bières permettra aux sœurs de pouvoir restaurer cette immense Abbaye qui n’est financée par aucun subside. Anthony Martin assure même que le contrat prévoit un versement minimum de redevances, quels que soient les résultats commerciaux. Les bières de Maredret sont d’ores et déjà en vente dans la petite boutique de l’abbaye, à la Ferme de Mont-Saint-Jean et dans les points de vente de Carrefour.

Mots-clés:
bière belge Maredret
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