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Christophe Hardiquest décide de fermer « Bon Bon » pour devenir un « cuisinier nomade »

bonbon restaurant

Christophe Hardiquest et Bon Bon. | © Instagram @bonbon_christophehardiquest

Food et gastronomie

Le chef doublement étoilé Christophe Hardiquest a annoncé lundi qu’il fermerait son restaurant « Bon Bon » situé à Woluwe-saint-Pierre le 30 juin prochain. En quête de sens et de renouveau, et assoiffé d’une multitude de projets, il a pour ambition de se reconvertir en « cuisinier nomade », a-t-il indiqué lors d’une interview accordée dans son restaurant à l’agence Belga.

 

« Je suis plus heureux que jamais. Ce n’est pas une défaite, ‘Bon Bon’ vient de réaliser sa meilleure année. Je n’ai pas de problème financier ou de santé, j’ai juste besoin de liberté, de me libérer l’esprit. Mon restaurant était un peu devenu un obstacle à mon dé ;veloppement », avoue-t-il, mettant en cause la « starification » des chefs. C’est une « convergence de petites choses » qui acte le moment venu pour le chef aux deux macarons: la difficulté du recrutement, la vie de famille, etc. « Et puis c’est une responsabilité d’avoir un 19,5/20 au Gault&Millau et deux étoiles Michelin. Le fait de devoir rester dans ma cuisine ne me permet pas d’avancer, comme je voudrais, dans mes projets », dont il ne dévoile que très peu pour l’instant.

Depuis le début de la pandémie de coronavirus, le chef s’est lancé dans une réflexion, estimant que la gastronomie et le restaurant de demain doivent pousser à modifier les modes de consommation. « Je confirme que les business models vont changer et je veux être l’un des premiers à le montrer. Je veux continuer dans la même lignée qu’aujourd’hui mais différemment, tout en restant artisan avant tout », explique l’homme de 45 ans évoquant des « missions », de la « consultance », du « coaching » et de la « recherche et développement ». « C’est comme si je sautais dans le vide sans parachute, mais je veux partager mon savoir-faire, valoriser ces 20 années de travail et aider certains acteurs à s’élever », ajoute-t-il encore, soulignant vouloir conserver une grande partie de son personnel qu’il a informé lundi matin.

« Je veux écrire un autre chapitre et passer à autre chose »

Lors du premier confinement, en mars 2020, le toqué d’origine liégeoise, qui avait décidé « de ne pas rester pieds et poings liés », passait déjà entre quatre et six heures par jour dans sa cuisine pour faire des essais – de panification au levain, de fermentation, de nouvelles charcuteries, entre autres – préparer l’après-crise avec de nouvelles recettes basées, évidemment, sur des produits locaux. L’humain doit également être mis, selon lui, davantage au centre de la gastronomie, tant par la valorisation des producteurs que du personnel.

Christophe Hardiquest a par ailleurs glissé que des acheteurs potentiels étaient intéressés par la reprise de la maison « Bon Bon ». « J’ai adoré cet endroit. Ma bonne âme et mes belles ondes y resteront, mais je veux écrire un autre chapitre et passer à autre chose. C’est important pour moi de devenir un peu nomade, d’ensemencer mon savoir à gauche, à droite, et de reprendre ma liberté. Je prépare quelques belles choses; plusieurs petits projets à taille humaine, où le savoir-faire va prendre une importance encore plus capitale », a-t-il assuré.

« Le business model de demain, ce sera des petites entités »

« J’aurai toujours un pied à Bruxelles, mais d’une autre manière; on va élargir notre terrain de jeu, ce sera un peu plus que la capitale. C’est un peu trop tôt pour en parler aujourd’hui, on est en train de négocier des projets. Je vais cuisiner d’abord pour le plaisir. Je veux pouvoir faire ça dans de petites entités, ça c’est certain, le business model de demain, ce sera des petites entités. »

Qui dit restaurant de demain, dit donc ouverture d’un autre établissement? « Peut-être, oui… un ou plusieurs », répond-il le sourire aux lèvres. « Aujourd’hui, ce qui est important, c’est se repositionner, pour ne pas perdre la foi. J’aime mon métier de cuisinier et je veux me réveiller le matin en étant excité par mes projets. C’est justement parce que tout va bien aujourd’hui, que je peux me permettre d’arrêter. »

Avec Belga

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