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Christophe Hardiquest (Bon-Bon) : « Je veux me sortir de ma prison dorée… » (VIDÉO)

Depuis le début de la pandémie de coronavirus, le chef a lancé une réflexion, estimant que la gastronomie et le restaurant de demain doivent se baser sur un nouveau business model et pousser à modifier les modes de consommation. | © BELGA PHOTO BENOIT DOPPAGNE

Food et gastronomie

Fin janvier, Christophe Hardiquest annonçait sa volonté de fermer « Bon Bon » pour devenir un « cuisinier nomade ». Invité du « 50 minutes avec » de LN24, le chef étoilé revient sur la genèse de cette décision et son futur en tant que cuisinier, ce qu’il entend rester !

En quête de sens et de renouveau, et assoiffé d’une multitude de projets, Christophe Hardiquest a pour ambition de se reconvertir en « cuisinier nomade », a-t-il indiqué lors d’une interview accordée dans son restaurant à l’agence Belga le mois derniere. « Je suis plus heureux que jamais. Ce n’est pas une défaite, ‘Bon Bon’ vient de réaliser sa meilleure année. Je n’ai pas de problème financier ou de santé, j’ai juste besoin de liberté, de me libérer l’esprit. Mon restaurant était un peu devenu un obstacle à mon développement« , avouait-il mettant en cause la « starification » des chefs.

Voici son passage dans l’émission animée par Martin Buxant sur LN24 !

« Et puis c’est une responsabilité de devoir garder un 19,5/20 au Gault&Millau et deux étoiles Michelin. Le fait de devoir rester dans ma cuisine ne me permet pas d’avancer, comme je voudrais, dans mes projets », dont il ne dévoilera rien pour l’instant.
Depuis le début de la pandémie de coronavirus, le chef a lancé une réflexion, estimant que la gastronomie et le restaurant de demain doivent se baser sur un nouveau business model et pousser à modifier les modes de consommation. « Je veux continuer dans la même lignée qu’aujourd’hui mais différemment », explique l’homme de 45 ans évoquant des « missions », de la « consultance », du « coaching » et de la « recherche et développement ». « C’est comme si je sautais dans le vide sans parachute, mais je veux partager mon savoir-faire, valoriser ces 20 années de travail et aider certains acteurs », ajoute-t-il encore, soulignant vouloir continuer à se former, ainsi que certains membres de son personnel, qu’il ne laissera pas tomber.
Lors du premier confinement, en mars 2020, le toqué d’origine liégeoise, qui avait décidé « de ne pas rester pieds et poings liés », passait déjà entre quatre et six heures par jour dans sa cuisine pour faire des essais et préparer l’après-crise avec de nouvelles recettes basées, évidemment, sur des produits locaux. L’humain doit également être mis, selon lui, davantage au centre de la gastronomie, tant par la valorisation des producteurs que du personnel.
« Je pourrais rester à ronronner comme ça pendant 15 ans encore, mais j’ai besoin de bousculer les choses. Je n’ai jamais suivi les carcans, j’ai toujours été à contre-courant. Je veux sortir de ma zone de confort et c’est vrai que le Covid a accéléré les choses. Il fallait acter la décision pour débloquer des choses. Bon Bon est mort, vive Bon Bon », lance-t-il finalement en guise de conclusion.
Son restaurant « Bon Bon »** a ouvert ses portes il y a 20 ans, avenue Louise, dans un magasin de meubles avant de déménager dans un petit bistro de quartier, à Uccle. Très rapidement, en 2004, l’enseigne est flanquée d’une étoile au Michelin. Le chef installe ensuite ses cuisines, en 2011, dans l’ancien restaurant « Les trois couleurs », situé sur l’avenue de Tervuren, à Woluwe-saint-Pierre. Il obtient son deuxième macaron en 2013. Il est en outre le seul, avec le « Hof van Cleve »*** de Peter Goossens, à afficher un 19,5/20 au Gault&Millau.

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