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Arnaud Delvenne, le candidat belge qui éblouit Top Chef : « Je pensais faire l’imbécile quelques semaines et rentrer chez moi »

Le cuisinier exprime sa créativité jusqu'à ses chaussettes hautes en couleur, à l'image de sa cuisine. | © Flambert

Food et gastronomie

Ils étaient trois Belges en compétition cette année dans Top Chef, il n’en reste à présent plus qu’un: Arnaud Delvenne. Un Liégeois fier de ses origines, aussi dymanique dans la vie que dans sa cuisine. Rencontre.

 

Un grand sourire aux lèvres et toujours le mot pour rire, Arnaud Delvenne est le candidat Belge qui s’est révélé cette année dans la célèbre émission culinaire. Le chef de 36 ans vient d’ailleurs d’ouvrir un nouveau restaurant, Nono, dans le centre de Liège. Un établissement où il est au plus près des clients pour les régaler de part sa cuisine italienne et son franc-parler.

Comment l’envie de participer à Top Chef vous est venue ?

« Ce n’était pas une envie personnelle. En réalité, c’est mon ancienne belle-soeur qui m’a inscrit et je l’ai appris durant le tournage. Quand je l’ai su, je venais de quitter son frère, mais je l’ai quand même remerciée (rires).  Modeste comme je suis, je pensais que la production était venue me chercher toute seule. Je ne m’étais pas du tout entraîné avant. Rien dans ma vie n’est organisé, il faut y aller au feeling. C’est de cette manière que sortent les plus belles choses. »

Comment décririez-vous votre cuisine ?

« Gourmande, complètement folle et tout de même light. Je fais attention au gras, aux féculents, au sucre ou au sel. Par ma cuisine j’aimerais faire passer le message de l’amour. C’est quelque chose que j’ai appris sur Top Chef, cuisiner pour faire passer un message. Quand tu as quelque chose à l’intérieur de toi et que tu arrives à le faire transparaître dans ton assiette c’est meilleur et les clients sont encore plus contents. Quand tu fais quelque chose par passion tu ne travailles pas. Le jour où je devrais travailler, je changerai de métier. Top Chef m’a appris à me connaitre et à découvrir ma cuisine, j’ai tout gagné. »

Qu’est-ce que cela vous fait d’être le dernier candidat belge en lice ?

« Je suis très content, mais je ne m’y attendais pas du tout. Je pensais rester deux ou trois semaines maximum. Faire l’imbécile, montrer ma tête et amuser la gallerie avant de retourner travailler. »

Vous faites partie de la brigade de Glenn Viel, tout nouveau chef dans le jury de Top Chef cette année. Si vous aviez eu le choix, auriez-vous choisi quelqu’un d’autre ?

« Oui, à la base je voulais aller chez Hélène Daroze ou Philippe Etchebest. Parce qu’elle m’aurait apporté le côté maternel et réconfortant et au contraire, le chef m’aurait lui mis de sacré coups de pied aux fesses. »

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Vous avez affirmé plus d’une fois que votre homosexualité avez été un handicap dans la cuisine. Comment expliquez-vous qu’aujourd’hui l’orientation sexuelle soit encore un obstacle ?

« Car en fait, on essaie toujours de tout genrer. Le combat des homosexuels est le même que celui des femmes. On doit toujours prouver que l’on est l’égal d’un homme car cuisinier, en autre, est un métier ultra hiérarchisé et au sommet d’une hiérarchie on retrouve toujours un homme hétérosexuel. Et pouquoi cela ne pourrait pas être une femme ou un homosexuel ? On vit encore comme en 1940 alors qu’on est en 2022. Les choses évoluent mais très lentement. »

Quel est le plat que vous préférez cuisiner et à l’inverse, celui que vous détestez préparer?

« J’adore les pâtes, peu importe la variété. J’ai un amour inconsidéré pour ce plat, il faut dire qu’il y a une belle communauté italienne en Belgique, surtout à Liège. Par contre, ma bête noire ce serait plutôt les abats. Je préfère le groupe aux aliments (rires). J’en mange certains, mais si je peux ne pas les préparer c’est très bien, parce que ce sont des entrailles quand même. Je dis que c’est mieux dans le corps que dans l’assiette. »

Comment était l’ambiance de tournage sur le plateau de Top Chef ?

« C’était une véritable colonnie de vacances. On s’entend tous vraiment très bien et encore maintenant. Cette année, il y a vraiment eu une cohésion très forte, dès que quelqu’un partait on était tous tristes. Je suis encore en contact avec la plupart des candidats et on s’appelle régulièrement. J’ai rencontré de véritables amis et ils font partie de ma vie maintenant. »

Participer à Top Chef cela ne vous faisez pas peur ?

« Il faut oser et il faut le faire ! Mais ce qui me faisait peur c’était ma maman, (ndlr sa mère est aujourd’hui décédée) car quand tu fais engueler par ta mère tu n’es jamais bien. Le reste je m’en foutais. Quand je suis rentré dans l’aventure j’ai coupé mon téléphone et tous mes accès aux réseaux sociaux. Je ne voulais de lien avec personne, je voulais vraiment être dans ma bulle et faire une introspection. »

Quel chef a le plus mauvais caractère ?

« Sans hésitation, Paul Pairet. Il en est même très amusant, parce qu’il est dans une autre génération et dans une autre culture. Il vient de Shangai, c’est vraiment tout autre chose. »

Quand on est cuisinier, on est fier d’être belge ?

« On est fier d’être Belge tout le temps, par que lorsqu’on est cuisinier. On doit est fier de sa patrie. Elle est magnifique, on a les frites, le steak, la mayonnaise, le chocolat, la bière et le filet américain qui n’est absolument pas français, mettons les choses au clair. »

Vous avez subi une opération gastrique bypass qui vous a fait perdre beaucoup de poids. Est-ce selon vous la cuisine de goût peu aller avec une cuisine diététique ?

« Mais bien sûr, aujourd’hui je me fais beaucoup plus plaisir alors que je mange moins qu’avant. Maintenant je fais très attention à ce que je mange et je choisis des aliments pour me faire plaisir. Je vais davantage apprécier une feuille de salade assaisonée avec de bonnes choses qu’une crasse, je suis plus dans la recherche. Lorsque l’on a un estomac normal on veut juste manger pour se nourir dans la plupart du temps, alors que moi je dois penser à me nourir en me faisant plaisir. Je pense donc autrement. »

Vous avez ouvert votre restaurant à Liège, Nono. Pouvez-vous nous en dire plus ?

« C’est la première page d’un chapitre dans lequel j’ai réuni des amis et des super producteurs. J’ai voulu créer un concept où je rassemble les clients autour de ma cuisine, puisque la salle entoure la cuisine. Les clients voient les plans de travail et ils peuvent parler avec nous. J’ai bien entendu voulu mettre la cuisine itaienne à l’honneur avec des pâtes, du poisson ou de la viande, l’idée c’est de se régaler. »

© @Flambert
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