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Lara Fabian : « Quand je suis en Belgique, je vais déguster un américain place du Sablon »

La chanteuse se confie : Ma fille m’a dit : “Maman, tu devrais en faire un livre. Ce sont vraiment de superbes récits.” | © DR

Food et gastronomie

Dans son premier livre intitulé « Tout », Lara Fabian raconte les événements les plus importants de sa destinée : ils se sont toujours déroulés autour d’une table ou dans la cuisine. Elle a donc choisi d’expliquer, à travers dix-sept recettes de cuisine, dix-sept histoires inédites et intimes de ses vies privée et professionnelle.

 

Par Christian Marchand

Paris Match. Vous défrayez la chronique avec une autobiographie gourmande (voir notre encadré). C’est votre maman Luisa qui vous a transmis cette passion de la gastronomie ?
Lara Fabian. Oui, ma mère me l’a léguée et sa maman avant elle. Je suis vraiment l’héritière de cette transmission. Chez nous, la table a toujours été quelque chose d’important et aujourd’hui plus que jamais, c’est un endroit qui unit les êtres. Tout ou presque peut s’y résoudre. Voilà pourquoi des plats, des recettes font intimement partie des histoires de bonheur que je raconte. La cuisine permet de déconnecter. On peut laisser libre cours à sa créativité. C’est très libérateur, très méditatif.

Vous faites vous-mêmes vos courses pour préparer vos petits plats ?
Toujours. C’est ce que vous trouvez au marché qui définit ce qu’il y aura dans l’assiette.

Beaucoup d’artistes ne sont plus dans le monde réel. Ils sont souvent assistés. Ou, par peur des foules, ils restent chez eux à la maison…
Pas moi. J’aime trop les gens et le contact.

Motivée pour participer à « Top Chef », maintenant ?
(Elle éclate de rire) Non. Ce livre n’a pas vertu à me redéfinir en tant que chef. Je suis juste une fille qui cuisine pour les gens qu’elle aime.

Dans votre ouvrage, vous rendez hommage à vos parents. On apprend que vous êtes née à sept mois et avez été victime de troubles alimentaires.
Mes parents occupent une place très importante dans ma vie. Maman était une belle personne : la bonté était inscrite dans ses cellules, elle était d’une grande générosité. Pour revenir à votre question, oui, j’ai été victime de troubles alimentaires pendant sept ans. C’est un peu comme une addiction. Comme un problème d’alcool ou de drogue. Ce désordre a recristallisé des choses très anciennes. C’est pourquoi je fais un grand travail sur moi depuis vingt ans. Cet ouvrage m’a vraiment permis de sortir de ces douleurs.

Était-ce difficile pour vous de vous livrer de la sorte ?
Pour moi, la démarche de l’authenticité est très importante. Cela gomme beaucoup de peurs, qu’on traduit par de la pudeur. Cela ne m’intéressait pas de me raconter d’une manière redondante, mais par la table et les recettes, oui, parce que je suis une fille qui cuisine par amour.

Les fêtes de fin d’année doivent être importantes pour vous.
J’adore Noël. J’ai un TOC de décoration. Je décore tout et partout. Mais, avant tout, c’est le rendez-vous familial par excellence !

Quel fut votre plus beau noël ?
C’était en Italie. J’avais 14 ans. Toute la famille était réunie. Ils étaient venus de partout. De Belgique, du sud, du nord… Il y avait une table infinie. Ce fut une grosse préparation en amont. Les femmes ont cuisiné pendant quatre jours et quatre nuits. Et on a mangé pendant deux jours d’affilée !

Et pour le Nouvel An ?
Vous allez rigoler, mais l’un de mes souvenirs les plus forts est une nuit de 31 décembre au cours de laquelle je n’avais pas envie de fête. Je me suis mise au lit, j’ai simplement attendu que l’horloge fasse son ouvrage… Ensuite, je me suis endormie paisiblement.

Vous avez plus de trente ans de carrière à votre actif. Quel est votre plus grand frisson ?
L’amour, complètement. Définitivement, l’amour qui me lie aux êtres et au public.

Quand vous revenez en Belgique, quels sont les premières choses que vous faites ?
La première, c’est d’aller voir mon papa. Puis, deux ou trois de mes amis. Ensuite, je vais déguster un américain au Vieux Saint Martin, place du Sablon, à Bruxelles.

UN SACRE CONTRE-EMPLOI
« Lorsque j’étais en famille pendant cette période où l’on ne pouvait pas se réunir, tout se réduisait comme peau de chagrin », explique-t-elle. « J’étais dans ma maison de campagne. Et je me suis mise à raconter ces histoires. Ma fille m’a dit : “Maman, tu devrais en faire un livre. Ce sont vraiment de superbes récits.” La convergence avec la table est tellement forte que cela ne pouvait pas être juste une autobiographie. Il fallait impérativement tout rattacher à la culture qui est la mienne. » Lara Fabian se lance également dans une nouvelle aventure, le cinéma, avec le film « Arlette »… et un sacré contre-emploi. « J’endosse le rôle d’une ministre du Commerce et j’ai une aventure avec la ministre de la Culture ! Ce soir-là, on finit au lit en grande pompe. C’est ma première expérience au cinéma. J’ai trouvé ce genre d’exercice très chouette. C’était pendant la période Covid. Nous avions un masque. Pour s’embrasser, c’était assez rigolo. On a beaucoup ri ! »

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