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Nous mangeons moins de viande, mais nous tuons plus d’animaux

"Nous mangeons moins de viande, mais cela ne mène pas à moins de souffrance animale". | © Flickr/Marius Boatca

Food et gastronomie

Depuis quelques années, les Belges consomment moins de viande. Cette tendance contraste nettement avec le nombre d’animaux abattus chaque année, qui ne cesse d’augmenter.

En 2006, le Belge consommait 94,2 kg de viande par an. Un chiffre qui atteignait 84,1 en 2015. Du côté de l’abattage d’animaux, la tendance s’inverse : en 2013, environ 304 millions d’animaux étaient abattus en Belgique alors qu’en 2016, ils étaient 319 millions. « Nous mangeons moins de viande, mais cela ne mène pas à moins de souffrance animale », explique Yoleen Van Camp, député N-VA, sur base des chiffres qu’elle a reçus du Ministre fédéral de l’Agriculture.

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Une augmentation de 35% en cinq ans

« Chaque jour, quelque 860 000 animaux sont abattus pour atterrir dans nos assiettes », un chiffre qui dépasse les 300 millions à l’année. « De cette manière, le Belge moyen mange chaque année son propre poids en viande. Et le nombre d’animaux qui sont abattus ne cesse d’augmenter. En cinq ans, il a augmenté de 35% », continue Yoleen Van Camp ce vendredi dans la Gazet van Antwerpen. Elle-même végétarienne depuis quelques années, la député souligne que le transport d’animaux est encore trop souvent associé à la souffrance animale.

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Si notre consommation de viande diminue, on remarque également un changement au sein de cette consommation, les Belges préférant la volaille au bœuf, explique-t-elle dans le journal. « Par conséquent, plus de poulets sont abattus et le nombre total d’animaux tués augmente ». Ajouté aux importations, le chiffre total atteint, par an, 827 millions de kilo, « de cochons, de bovins et de poulets« .

Flexitarisme

Le terme est encore méconnu, pourtant sa signification est bien présente dans notre société depuis quelques années. Formé à partir de « flexibilité » et « végétarisme », ce mouvement décrit un mode alimentaire qui ne bannit donc pas totalement la viande mais qui en consomme en moindre quantité et en meilleure qualité. La première à y passer : la viande rouge, par souci environnemental et/ou le traitement des bovins.

(Avec Belga)

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