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Le goût amer des bonbons Haribo, entre souffrance animale et esclavagisme moderne

Une production qui est tout sauf appétissante | © Belga

Food et gastronomie

« Haribo c’est beau la vie, pour les grands et les petits » promet le jingle. Mais pour ceux qui travaillent à la production des bonbons, loin d’être belle, la vie s’apparenterait plutôt à de l’esclavagisme moderne. 

Le géant allemand avait déjà fait l’objet d’une publicité des plus négatives quand avaient été révélées les conditions dans lesquelles la gélatine de porc essentielle à ses confiseries était produite. L’occasion d’apprendre qu’à mille lieues de l’univers coloré et joyeux de la marque, les porcs élevés chez Geilita, principal fournisseur d’Haribo, vivaient dans des conditions insoutenables, serrés les uns sur les autres, souffrant de blessures et d’infections et forcés de marcher dans leurs propres excréments. De quoi passer l’envie à certains, déjà, de savourer des sucreries. Un sentiment de dégoût que les nouvelles révélations concernant Haribo ne risquent que d’appuyer.

Esclavagisme sous les tropiques

En effet, selon les informations obtenues par la chaîne allemande ARD, qui a consacré un documentaire choc à Haribo, l’empire de la confiserie pratiquerait une forme moderne d’esclavagisme envers ses travailleurs au Brésil. C’est là, dans la chaleur tropicale, que se récolte la cire de Carnauba, une substance gluante issue des feuilles de palmiers qui donne aux bonbons leur appétissant aspect brillant, tout en garantissant qu’ils ne collent pas les uns aux autres. Mais pour l’obtenir, les travailleurs doivent supporter des conditions horribles.

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Derrière l’image sucrée, une réalité amère – Belga / PHOTOPQR/L’EST REPUBLICAIN

Selon les journalistes qui se sont rendus sur place pour les besoins du documentaire, les ouvriers sont forcés de dormir dehors, soit au sol soit dans leurs voitures, et ne disposent pas de toilettes, ni d’eau potable. Contraints de se désaltérer en buvant l’eau des rivières du coin et d’enchaîner les journées de travail interminables, ils ne sont payés que 40 real par jour pour leur peine, soit un peu moins de 11 euros. Des conditions que les journalistes d’ARD n’ont pas hésité à qualifier d' »esclavagisme moderne ».

Enquête en cours

Et selon Amnesty International, pas question de nier sa responsabilité en blâmant l’un ou l’autre contremaitre local. Ainsi que l’organisation l’a confirmé, c’est à la maison mère d’assurer un contrôle sur les fournisseurs afin qu’ils respectent les droits de l’homme. Affirmant de son côté ne pas être au courant de ces abus, Haribo a annoncé avoir ouvert une enquête.

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