Paris Match Belgique

La cheffe (presque) belge Isabelle Arpin héroïne d’un documentaire sur Arte

Isabelle Arpin a décroché sa première étoile en 2016. | © ©Capture Arte

Food et gastronomie

La réalisatrice belge Delphine Lehericey consacre pour Arte un long reportage à la cheffe Isabelle Arpin, Bruxelloise d’adoption. Un joli format, intime et honnête.

 

Il faut bien l’avouer, Isabelle Arpin est une habituée des entrées en fanfare. Des retours aussi, comme dernièrement dans le monde des grandes tables, qui a vu la cheffe installer sa nouvelle adresse au numéro 345 de l’avenue Louise, dans l’hôtel particulier de l’avocat Jo Vanbelle. Une rentrée qu’annonce à sa façon et de manière intime le documentaire d’Arte « Une cheffe et sa bonne étoile », qui revient sur le parcours bruxellois de cette femme de goût du nord de la France. Et Delphine Lehericey – la réalisatrice entre autres de Puppy Love – réussit admirablement à dresser dans son reportage le portrait d’Isabelle Arpin, cheffe de cœur et cordon bleu de la scène gastronomique belge.

Lire aussi > Itinéraire d’un sous-chef : Toshiro Fujii

©Capture Arte

À la poursuite de l’étoile

Le récit débute dans les cuisines du restaurant Alexandre, où elle a posé ses couteaux près d’un an plus tôt. Elle y a rejoint Anca Petrescu après le départ d’Alexandre Dinonisio – qui opère désormais à la Villa in the Sky. Ensemble, elles ont fait le pari de redresser ce restaurant meurti par la perte de son étoile et des antécédents financiers lourds. Car le bateau coule. Et « comme financièrement, le restaurant était hyper juste, il n’y avait presque qu’une étoile qui pouvait le sauver », explique à l’écran Isabelle Arpin, à la poursuite de la consécration du guide Michelin.

Tu sais très bien que s’il n’y a pas cette étoile, c’est fini, l’aventure s’arrête.

La cheffe empoigne alors les armes qui font son unicité : une cuisine inventive, mais surtout une approche généreuse. « On met un rouge sur l’entrée et un blanc sur le plat. C’est pas grave, hein – on est quand même des spéciales », résume alors en quelques mots la restauratrice et complice d’alors Anca Petrescu. Mais une distinction au Gault & Millau et une étoile plus tard, la complexité de la vie des cuisines rattrape Isabelle Arpin, qui dépose le tablier.

©Capture Arte – Isabelle Arpin lors de la présentation en 2016 du guide Michelin des femmes cheffes.

Changement(s) d’adresse

Direction le Wy et ses gourmets chics, au cœur du Sablon. Son terrain est gigantesque, flambant neuf et son équipe jeune. Il faut à nouveau repartir de zéro, mais toujours avec son second préféré, un jeune cuisinier prénommé Scyna.

Lire aussi > Isabelle Arpin : le nouveau restaurant de la lady chef n’est pas là où on l’attend

©Capture Arte

Si « Une cheffe et sa bonne étoile » laisse le futur d’Isabelle Arpin en suspens, le présent lui répond, tout en laissant le mystère de ses choix intacts. La voilà désormais occupée à choyer d’autres gourmets, avec toujours à l’esprit l’objectif de poursuivre à aimer ce qu’elle fait. Et si la description d’Arte et la voix de Delphine Lehericey résument bien la chose, c’est l’image qui le fait le mieux : tout en silences et éclats de rire, le documentaire peint en peu de mots le portrait d’une cheffe qui en veut, sans pour autant cacher une sensibilité et un amour des autres qu’on voit peu en cuisine. Et qu’on aimerait admirer plus souvent, surtout partagé de la sorte.

« Une cheffe et sa bonne étoile » est disponible sur Arte jusqu’au 21 décembre 2017.

CIM Internet