Paris Match Belgique

Le quinoa, la « graine d’or » ôtée de la bouche des Boliviens

Une agricultrice dans son champ de quinoa. | © Flickr/Bioversity International/S. Padulosi

Food et gastronomie

Sans gluten, riche en protéines et facile à cuisiner, le quinoa a conquis nos assiettes, au détriment de ses producteurs boliviens.

Difficile d’aller au supermarché ou au restaurant sans tomber sur du quinoa. En salade ou en galettes, il a remplacé les pâtes dans le cœur des intolérants ou réticents au gluten. Les Nations Unies ont déclaré 2013 « l’année mondiale » de cette graine riche en protéines venue d’Amérique Latine et cultivée depuis 5 000 ans dans les Andes. Le monde prend alors conscience de « cette culture face au défi de nourrir la population de la planète dans un contexte de changement climatique et de raréfaction des ressources en eau », estime Nadine Heredia, ambassadrice du quinoa dans la vidéo de Brut. Vu comme une alternative d’avenir, le quinoa est propulsé sur le devant de la scène. La production explose, les prix s’envolent.

Lire aussi > La spiruline 100% belge devrait voir le jour

Produit de luxe

Cet engouement pour le « super aliment » a permis à la Bolivie, le Pérou, de faire passer ses exportations de 2,5 à 65 millions de dollars par an entre 2006 et 2013, selon les chiffres rapportés par 20 minutes. Avec un prix du quinoa multiplié par trois environ. Cette explosion de la demande s’est faite au détriment des producteurs boliviens, qui ne peuvent plus s’offrir ce produit de luxe, autrefois base de leur alimentation.

Lire aussi > Pour répondre aux défis alimentaires, les insectes se lancent à la conquête des assiettes

quinoa
Bonheur des bobos, malheur des producteurs. Flickr/Jordi Burke

Ces chiffres font rêver et ont poussé d’autres pays à profiter de cet eldorado du quinoa. Près de 90 pays cultivent désormais cette « graine d’or », selon Brut. Parmi ceux-ci, le Pérou le produit de manière intensive et devient le premier producteur mondial, volant ce titre à la Bolivie.

Conséquence : l’offre excède la demande, les prix chutent drastiquement. Les petits producteurs sont contraints de vendre à perte. Alors que 250 000 personnes vivent de la culture de quinoa en Bolivie, cette situation a rendu leur vie difficile. Beaucoup ne peuvent plus désormais vivre uniquement de celle-ci. Aujourd’hui, près de 50 % de la population bolivienne vit sous le seuil de pauvreté.

Mots-clés:
agriculture Bolivie quinoa
CIM Internet