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Tous les secrets du whisky, de son choix à une dégustation réussie

Sec ou on the rocks, l'important, c'est le plaisir | © Flickr @ Joshua Rappeneker

Food et gastronomie

Furieusement séduisant dans la main d’un dandy, irrésistible quand c’est une femme qui le sirote, le whisky est de ces nectars enivrants qui évoquent aventure et élégance et emmènent ceux qui le savourent loin, très loin, en plein coeur des Highlands. À condition de savoir comment le célébrer à sa juste valeur. Pour ne pas se tromper, on suit les conseils avisés d’Ann Miller, spécialiste du whisky écossais et ambassadrice internationale pour Chivas Brothers et la distillerie Aberlour. 

Garçon, un whisk(e)y s’il vous plaît ! Si les néophytes pourront attribuer la présence (ou non) d’un « e » à une simple orthographe aléatoire, cette voyelle en dit pourtant beaucoup sur le breuvage. En effet, les Irlandais et les Américains parleront de « whiskey » tandis que les Écossais ne jurent eux que par le whisky. Et au-delà de la façon d’écrire son nom, chaque pays adopte également une approche légèrement différente dans sa production puisqu’aux États-Unis le whiskey est distillé une fois seulement, contre deux fois pour le whisky écossais et trois fois pour son voisin irlandais. Si certains d’entre eux atteignent parfois des prix plutôt dégrisants, Ann Miller conseille toutefois de ne pas lésiner sur la qualité. « Plus on va aller dans du haut de gamme, plus les ingrédients seront nobles et plus la maturation se fera dans des fûts de qualité. Les artisans vont faire preuve de patience et de savoir-faire pour faire de ces ingrédients le meilleur whisky possible, en prenant le temps de maturer le whisky pendant de nombreuses années afin de développer des saveurs complexes. Autrement dit, plus on va aller vers des whiskies de qualité, plus on risque de les apprécier puisqu’ils sont extrêmement savoureux ».

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La règle pour profiter au mieux de ses saveurs ? Il n’y a pas de règles ! « Il y a différentes manières de savourer un whisky, et les gens aiment toujours vous dire laquelle est la meilleure, sourit Ann Miller. Mais le plus important, c’est de boire son whisky de la manière qui nous plait le plus. Sec, avec un peu d’eau, un glaçon,… Tous vont jouer différemment sur les arômes du breuvage. À chacun de décider la configuration qu’il préfère« . Ceci étant dit, cette connaisseuse passionnée concède toutefois que « bien souvent, c’est le whisky servi dans sa plus pure expression qui sera le plus agréable à boire : à température ambiante, servi dans un verre à dégustation traditionnel en forme de tulipe ».

 

Un verre en tulipe pour laisser les arômes s’exprimer – Aberlour

La meilleure approche pour déguster un whisky ? « On le découvre en deux temps, d’abord sec, et puis en ajoutant un peu d’eau dans son verre. Cela permet de casser la tension de surface et de vraiment libérer les arômes. De cette manière, on prend pleinement conscience du caractère du whisky ».

Tourbé or not tourbé

Un caractère parfois très fort, comme dans le cas des whiskys tourbés, dont le goût fumé et les arômes de réglisse ne plaisent pas à tous les palais. « Les whiskies tourbés sont très forts en bouche et en règle générale, soit les gens adorent, soit ils détestent. On peut très bien adorer le whisky mais détester les whiskies tourbés, car il n’est pas toujours possible d’apprendre à ses papilles à apprécier ces saveurs. Dans le cas d’Aberlour, on est dans un véritable whisky du Speyside, pas du tout tourbé. D’ailleurs, la plupart des gens qui le goutent pour la première fois adorent ! » s’enthousiasme Ann Miller. Et d’ajouter, soudain solennelle : « le seul crime avec le whisky, c’est de ne pas prendre le temps de savourer toute l’attention et le savoir-faire nécessaires à sa production. Ce qui veut dire qu’il faut laisser le whisky s’exprimer : en le mélangeant avec du Coca, par exemple, il est bien plus difficile de prendre conscience du temps et de l’expertise que les producteurs ont mis pour le réaliser ».

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