Paris Match Belgique

Pour son défilé, Dolce & Gabbana remplace ses mannequins par des drones

Vidéo Mode

Lors de la Fashion Week de Milan, Domenico Dolce et Stefano Gabbana ont ouvert leur défilé pour la collection autome/hiver 2018 avec des drones portant des sacs à main.

 

Des cloches d’églises et des chants grégoriens ont résonné ce dimanche à Milan pour une grande messe dont les prêtres, ou les dieux, n’étaient autre que les créateurs Dolce et Gabbana. Le défilé, clou de cette dernière journée de la semaine de la mode milanaise, a tenu en haleine ses fidèles pendant une bonne heure avant de débuter dans la salle du Metropol, ancien cinéma des années 40 devenu quartier général de la maison à Milan, transformé en église pour l’événement.

Des drones à l’ouverture du défilé. © BELGA/AFP PHOTO/Miguel MEDINA

Sur l’encadrement en marbre recouvert d’anges qui surplombe le podium, la devise « Fashion Devotion » annonçait le programme. Un message que les convives du défilé avaient déjà pu lire sur l’invitation rose reçue quelques jours plus tôt représentant les deux stylistes en petits « putti » (enfants nus dans la peinture italienne) volant au milieu d’autres anges nus.

Lire aussi > Noé Elmaleh défile à nouveau pour Dolce & Gabbana à Milan

Comme les voix de la mode sont impénétrables, -et surtout pour éviter d’interférer avec les drones-, l’assistance était priée d’éteindre le wifi de ses appareils électroniques personnels. Difficile de mettre au diapason une salle pleine. Les techniciens du spectacle, vêtus de chemises blanches de scientifiques et armés d’ordinateurs pour contrôler l’état de la connexion, ont exhorté les mauvais élèves à suivre les instructions.

Le suspense, et un peu d’impatience (45 minutes d’attente pour s’assurer que tout était ok), était donc à son comble lorsque le spectacle a commencé dévoilant en lieu et place des mannequins, un ballet d’une dizaine de drones. Volant au dessus de la passerelle et tenant des sacs à main de la marque, ces drones accessoirisés de petites caméras filmaient le public.

Des images retransmises en direct sur des écrans géants placés autour des estrades et sur les réseaux sociaux de la marque. Le « modeux » – filmeur compulsif avec son téléphone portable – à son tour filmé se retrouvait donc dans une drôle de mise en abyme.

Lire aussi > Dans le ciel, les champs et vos livraisons à domicile : les drones sont partout

Les mannequins ont ensuite pris le relais sur le podium dévoilant une collection où les références religieuses sont omniprésentes : des anges et des madones s’étalent en riches broderies dorées et colorées sur les vestes, les bombers, les robes, les manteaux, les sacs, les chapeaux. Les devises de la religion D&G ornent toute la collection : « Fashion Devotion », « Fashion is beauty », « D&G Heaven », « Santa Moda », « Power » dans des typographies tantôt classiques, tantôt pop. Froufrou, dentelles, strass, broderies, perruques, jean, velours, plumes, exubérance de bijoux… tout y est dans cette collection d’une richesse débridée.

© BELGA/AFP PHOTO/Miguel MEDINA

L’Olympe de Dolce et Gabbana est aussi peuplé d’animaux avec des looks qui permettent aux femmes de leur vouer un culte en se déguisant littéralement en zèbre ou en léopard. « Nous sommes tous pécheurs de mode et les femmes en sont les plus grandes dévotes » ont déclaré les deux stylistes à l’issue du défilé, visiblement amusés d’avoir fait le show.

 

(Avec Belga)

CIM Internet