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Le volte-face inattendu de Versace contre la fourrure animale

"La fourrure ? Je n'en veux pas", a déclaré Donatella Versace dans une interview au magazine The Economist 1843. | © Photo : Jens Kalaene/dpa-Zentralbild/dpa

Mode

Alors qu’elle avait jusqu’à présent refusé de rejoindre les marques devenues « anti-fourrure », la célèbre maison de haute couture Versace a finalement fini par céder.

 

L’information est tombée comme un poil sur la soupe. Dans un entretien accordé au magazine The Economist 1843 ce mercredi 14 mars, Donatella Versace a fait une annonce à laquelle on ne s’attendait pas vraiment : en finir avec la fourrure animale. « La fourrure ? Je n’en veux pas », a-t-elle déclaré dans les colonnes d’une interview intitulée « Versace : La résurrection ». Ou plutôt, elle n’en veut plus.

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Car si la sœur du fondateur de la maison de couture milanaise « ne veut pas tuer des animaux pour faire de la mode » car cela ne lui semble « pas correct », la célèbre marque ne s’était jusqu’à présent jamais privée d’utiliser la fourrure animale pour ses créations. À l’heure où plusieurs grandes marques comme Armani, Hugo Boss, Calvin Klein, Gucci ou encore Ralph Lauren bannissent les unes après les autres la fourrure de leurs catwalks, Versace préférait rester en retrait, refusant de rejoindre le club de plus en plus hype de la « mode compassion ».

Retour de veste

Un véritable « volte-face » pour le magazine britannique 1843 qui rappelle que le site de Versace appelait encore récemment (pas plus tard que mercredi dernier) ses clients à acheter « des manteaux ornés de fourrures qui font tourner les têtes ».

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Vivement critiquée pendant des années par les associations de défense animale, Versace aurait-elle retourné sa veste, sacrifiant ses précieuses créations en fourrure de vison au profit d’une image redorée ? « Versace est une marque de grande influence qui symbolise les excès du glamour, et sa décision d’arrêter l’utilisation de la fourrure montre que la mode compassion n’a jamais été aussi tendance », a estimé Claire Bass, directrice de la Humane Society International (HSI), une association britannique qui fait campagne pour la fin complète du commerce de la fourrure. Si cette dernière salue l’annonce de Donatella, la Fédération internationale de la fourrure s’est dite quant à elle « déçue » face à cette décision malgré laquelle « la majorité des grands couturiers vont continuer à travailler la fourrure car ils savent que c’est un produit naturel qui est produit de manière responsable ».

« Un énorme pas en avant »

De son côté, l’association belge GAIA s’est dite « très satisfaite » de cette nouvelle. « La fourrure est un produit dépassé, pour lequel les animaux souffrent le martyre. Par définition, sa production est cruelle. Qu’une maison de mode célèbre et réputée comme Versace annonce ne plus utiliser de fourrure, c’est encore un énorme pas en avant ! », a déclaré la directrice Anne De Greef. Dans un communiqué, l’association « espère non seulement que la marque restera fidèle à sa déclaration, mais aussi que la maison Versace rejoindra le programme international Commerces sans fourrure«  promu par GAIA en Belgique.

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