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Comment le survêtement est devenu un basique chic

Adidas Originals

La ligne Adidas Originals vit un revival ultra pointu sous l'oeil de Danielle Cathari | © Adidas

Mode

Dans l’imaginaire collectif, sa coupe évasée et ses matières décontractées restent associées à l’esthétique street. Plus pour longtemps : des podiums aux jambes des célébrités les plus lookées, le survêtement est partout et s’impose désormais comme un basique au même titre que le jeans. Décryptage d’une renaissance aussi inattendue que confortable. 

Coupes en brosse, tissus satinés et vestes amples : le clip de Je danse le MIA d’IAM a figé dans bon nombre d’esprits le statut du jogging, élément incontournable du starter pack du bébé caïd et à l’opposé même du chic. Une catégorisation qui n’a fait que s’amplifier outre-Atlantique au début des années 2000, le jogging peau de pêche étant devenu l’accessoire obligatoire de toute starlette qui se respecte. Vulgaire, peu flatteur et surtout, beaucoup trop vu, le survêtement avait vécu alors une descente aux enfers aussi médiatisée que celles des carrières des héroïnes de téléréalité qui adoraient le porter. Un temps cantonné aux terrains de sport et aux fesses des marginaux de tous poils, quel que soit leur coefficient racaille, le survêtement aurait pu connaître le même sort que la coupe mulet, tendance brièvement adorée et depuis ô combien décriée. Sauf que depuis 2007, les cheveux de Britney, inconditionnelle du survèt’ s’il en est, ont repoussé. Et aujourd’hui, tandis que Brit-Brit fait office d’égérie pour le label Kenzo, le survêtement s’affiche lui aussi dans les plus hautes sphères de la mode.

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Fini, l’association automatique entre survêtement en public et laisser-aller. Assorti de bijoux précieux, d’un blazer ou même d’une paire de talons vertigineux, le pantalon de survèt’ se porte désormais de jour comme de nuit, et peut même, incroyable mais vrai, être considéré comme habillé. Et qu’importe si son nom, « sweat pants », signifie littéralement « pantalon pour transpirer » : il est désormais de bon ton de pratiquer l’athleisure de la gym à la ville. D’autant que les équipementiers de sports traditionnels ne sont plus les seuls à proposer des survêtements. Si le traditionnel tribande d’Adidas reste incontournable, ceux qui le désirent peuvent choisir d’acheter un survèt’ estampillé Vuitton, Gucci ou encore Balenciaga, rien que ça.

Le survêtement, nouvel uniforme des modeuses

Sans surprise, c’est de la street qu’est venu ce revirement inattendu qui voit désormais le jogging intégrer l’univers du luxe. Il y a trois ans, une nouvelle vague de rappeurs français, PNL en tête, rend au survèt’ ses lettres de noblesse tandis que des célébrités aux millions de fans telles que les Kardashian s’affichent avec des joggings accessoirisés bling-bling. Un look gentiment ghetto vite copié par leurs armées de followers, avant que les modeuses ne s’en emparent et n’affinent le concept. Trop « popu », le combo bas de survêtement ample et top ajusté et décolleté est remplacé par l’association du jogging resserré avec un blazer et des talons, un uniforme rapidement vu partout sur les réseaux sociaux.

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Signe que la tendance est bien installée : le label ultra pointu Vetements choisit en juillet 2016 déjà de collaborer avec Juicy Couture, dont le peau de pêche pastel était l’uniforme de Lindsay Lohan et autres Paris Hilton. Le survèt’ avait déjà l’approbation des masses, il est désormais adoubé par les créateurs les plus acclamés, signe qu’il est clairement là pour rester. N’en déplaise à Karl Lagerfeld. Le Kaiser de la maison Chanel avait ainsi déclaré que « les pantalons de jogging sont un signe de défaite. Vous avez perdu le contrôle de votre vie, donc vous sortez en jogging ». Et pourtant, il semblerait bien que le jogging l’ait emporté – du moins, jusqu’au prochain revirement de tendance.

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