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Au Japon, le kimono en quête d’un nouveau souffle

Le kimono doit se renouveler pour séduire les jeunes générations | © Pixabay @ Unibay

Mode

A la lueur d’une lampe à incandescence, Yuichi Hirose appose délicatement une teinture bleue sur un fin tissu, dessinant un subtil motif destiné à orner un kimono, ces tuniques traditionnelles japonaises qui cherchent à se réinventer pour survivre.

Dans un atelier centenaire niché dans un paisible quartier de Tokyo, cet artisan de 39 ans répète inlassablement les mêmes gestes, transmis de père en fils. Il représente la quatrième génération de sa famille à perpétuer ce métier, mais doit désormais composer avec une industrie en déclin. Le kimono, terme qui signifie littéralement « quelque chose à mettre », « est devenu un habit très éloigné de notre vie quotidienne », souligne M. Hirose. Il faut donc « imaginer de nouveaux graphismes », créer de nouvelles occasions, moins formelles, pour le porter, « au concert ou au théâtre » par exemple, dit-il.

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De nos jours, il est réservé à des événements importants de la vie, tels que les mariages ou rites traditionnels comme le Jour du passage à l’âge adulte, célébré en janvier par les filles et garçons de 20 ans. Et même là, rares sont ceux qui s’offrent ces onéreux ensembles, dont le prix peut atteindre plusieurs milliers d’euros. Beaucoup préfèrent les louer ou les emprunter à des membres de leur famille.

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Pour Takatoshi Yajima, vice-président de l’association japonaise de promotion des kimonos, l’industrie doit absolument s’adapter à cette nouvelle donne pour enrayer le recul du chiffre d’affaires. Les professionnels du secteur « ont continué à vendre leurs produits sans baisser leurs prix », se focalisant sur les modèles sophistiqués en soie, déplore-t-il. Lui appelle au contraire à mettre en place les conditions « pour que le plus de gens possible puissent acheter des kimonos ». A la tête de son entreprise, il a développé des tuniques à des prix plus abordables, dans des matières comme du lin ou du coton, et la recette marche.

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Revisiter le kimono

Au-delà de la question du prix, le défi est de revisiter le kimono, lui donner un coup de jeune, préconise le créateur Jotaro Saito, qui présentait en mars sa collection à la Tokyo Fashion Week. Sur le podium, des kimonos revus « version Heisei », décrit-il en référence à l’ère impériale actuelle. « Les kimonos ne sont absolument pas dépassés, c’est tout à fait cool et amusant d’en porter », estime le couturier qui n’hésite pas à utiliser des tissus inhabituels comme le denim, le jersey ou la laine.

(Avec Belga)

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