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Australie : Une « bibliothèque de vêtements » pour résister à la fast fashion

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Image d'illustration. | © Unsplash/Becca Mchaffie

Mode

Dans la boutique de Sarah Freeman, au coeur du Sydney commerçant, on n’achète pas de vêtements neufs : on emprunte des habits d’occasion. Un acte militant, pour dire non à la « Fast Fashion » et aux ravages environnementaux du consumérisme.

Choquée par la vitesse à laquelle ses compatriotes achetaient et jetaient, sans parfois les porter, des textiles de mauvaise qualité, Sarah Freeman a eu l’idée de convoquer dans le monde du textile le concept du prêt pour créer une « Clothes Library » ou « bibliothèque de vêtements ». « Aujourd’hui, on porte ses vêtements comme des préservatifs », dénonce cette passionnée du vintage dans sa boutique de Potts Point. « On les porte une fois puis on les jette ».

« Sur le papier, ce n’est pas ce à quoi les vêtements sont destinés. Mais dans les faits, ils sont aujourd’hui fabriqués de façon à tenir six lavages, ce qui est terrible, de mon point de vue », dit-elle.

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Fast Fashion, Fast Pollution

Entre 2000 et 2014, la production mondiale de vêtements a doublé et le nombre de vêtements achetés chaque année par les consommateurs a augmenté de 60%, selon le cabinet McKinsey & Company. En cause notamment, la « Fast Fashion » (la mode en accéléré), peu chère et aux collections perpétuellement renouvelées. Son mode de consommation implique que des vêtements présentés lors de défilés se retrouvent désormais très rapidement sur les étals, à bas prix et facilement accessibles grâce aux sites internet. Ce modèle a fait la fortune de marques mondiales comme H&M ou Zara et a trouvé en Australie un de ses marchés les plus dynamiques.

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Sarah freeman dans sa boutique/bibliothèque de vêtements. © AFP PHOTO / PETER PARKS

Mais cette fast fashion n’est pas sans conséquence pour l’environnement. Les cours d’eau proches des usines sont pollués en raison des rejets de substances chimiques. La destruction de tonnes de vêtements jetés consomme énergie et ressources. Même le lavage n’est pas durable car les textiles rejettent dans le processus des microfibres qui terminent dans les océans. Une situation qui a été mise en exergue par la décision de la Chine, pour des motifs environnementaux, de fermer ses frontières à 24 catégories de déchets solides, dont certains plastiques, papiers, mais aussi textiles.

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Des travailleurs trient les vêtements à la Société de Saint Vincent de Paul, une importante organisation caritative de recyclage de vêtements, à Sydney. © AFP PHOTO / PETER PARKS

La responsabilité du consommateur

La fermeture de la poubelle chinoise a encouragé en Australie la recherche d’alternatives. À l’Université Deakin de Melbourne, des chercheurs ont reçu des aides du géant H&M pour développer des « denims circulaires », avec l’idée que les vieux jeans peuvent être réutilisés dans la fabrication de nouveaux. Et les fabricants se montrent proactifs en faisant appel à des fibres naturelles, sachant que l’Australie est un grand producteur de laine et de coton de haute qualité, assure David Giles-Kaye, directeur général de l’Australian Fashion Council, organisme de promotion du secteur de la mode australienne.

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Mais, estime-t-il, la balle est dans le camp du consommateur. « Tant que les consommateurs demanderont des produits bon marché, les producteurs seront encouragés à fabriquer de façon moins durable », dit-il.

Sarah Freeman est également convaincue de la capacité du consommateur à faire changer les choses s’il accepte l’emprunt de vêtements d’occasion de bonne qualité contre un abonnement mensuel modique. « J’espère qu’il y aura une prise de conscience et que les gens feront l’effort de ne plus acheter de la Fast Fashion », dit-elle. « Si nous arrêtons d’en demander, les fabricants arrêteront d’en produire ».

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