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Charlie Winston, chanteur dandy et « hobo » a connu bien des galères… avant de renaître

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Le temps file… et le chapeau reste. Charlie Winston a conquis le cœur du public il y a près de 10 ans. Avec son 4e album, il a gagné en puissance et en douceur, posant sur la vie un regard réaliste et pourtant apaisé. Il a l’habitude d’enflammer les salles où il se produit en concert. Pause fashion exclusive, très lookée, avant son rendez-vous bruxellois en décembre.

Il a gardé une âme de hobo (sans domicile), du nom de son premier hit, mais il a posé ses valises en famille, dans le sud de la France. La vie choisit pour vous, pas forcément dans le sens que l’on voudrait. Mais Charlie Winston, quadra à la belle allure, est suffisamment philosophe que pour tirer le meilleur des imprévus. Avec un nouvel album, Square 1, étincelant, enfilant des pépites musicales comme autant de perles mélodiques sur le fil de sa jeune carrière, il renoue avec le bonheur d’aller à la rencontre des gens. Il reprend la route, costume cintré, chapeau posé de guingois sur la tête. Tel un saltimbanque, ce qu’on est dans la famille, parents, frère et sœur vibrant tous pour la musique. Papa de 2 enfants, il goûte intensément l’instant présent, ne croyant pas au destin, cherchant la vérité en chaque minute de l’existence. Cette séance photos exclusive pour Paris Match, il l’a vécue consciencieusement, avec jubilation et cette élégance naturelle qui sied tellement bien à cet Anglais adopté par la France… et la Belgique.

Paris Match. Ce 4e album est-il le plus personnel ?

Charlie Winston. Il représente, en tout cas, une sorte de témoignage après une période où je m’étais éloigné quelque peu, non pas de la musique, mais de l’artiste Charlie Winston. J’avais une vie à vivre et des thèmes à aborder. Si cette démarche était déjà présente dans mes autres albums, je l’ai vécu plus fort pour celui-ci. Oui, les choses vous échappent parfois et on ne contrôle plus rien. Cet album est ma façon d’accepter les événements, d’avouer que je peux avoir mes faiblesses, mes doutes, mes échecs. Il faut accepter que la vie prenne une autre direction. Les problèmes, qui surviennent ça et là dans la vie de tout un chacun, ne sont pas une fatalité. Attendre des lendemains qui chantent ne me semblent pas être la bonne solution. Soit on attend, soit on fait face au moment présent.

Devient-on plus philosophe avec le temps ?

Si c’est mon cas, devenir plus philosophe équivaudrait à me montrer plus stupide, ou disons plus innocent ! Le meilleur service que je puisse me rendre, par moments, est de redevenir un enfant. Un adulte passe son temps à ruminer les choses, à les analyser, les décortiquer dans tous les sens, et souvent à les compliquer. Avec cet album, j’avais envie d’exprimer une certaine profondeur à travers une grande simplicité.

« Le meilleur service que je puisse me rendre, par moments, est de redevenir un enfant »

La paternité vous aide-t-elle à retrouver une forme de fraîcheur ?

Devenir père a eu une influence énorme sur ma façon de vivre et de penser. J’ai tenu à séparer ma vie de parent de celle du musicien. Avant, toute mon existence était consacrée à la musique et à ma carrière. Désormais, chaque jour est constitué de phases où je me sens père et d’autres où je redeviens l’artiste. Et, étonnamment, cet état m’apporte beaucoup plus de liberté. Je vois chaque moment de la vie comme un polaroïd. Il n’existe pas de 1 sans zéro, pas de nuit sans le jour. J’ai écrit mes chansons en songeant que l’obscurité appelle la lumière, que l’insouciance appelle la gravité. Quand j’ai écrit le premier single « The Weekend », je voulais exprimer de la légèreté après des événements douloureux.

La classe du chanteur Charlie Winston, qui porte davantage jeans, T-shirt et baskets dans la « vraie » vie. Pantalon Akaso, chaussures Edward Grren pour Maison Degand. © Ganaëlle Glume

L’écriture de tout l’album fait, en effet, suite à une succession d’épisodes difficiles dans votre vie. Comment n’avez-vous pas baissé les bras ?

Mon fils a été diagnostiqué épileptique et j’ai souffert d’une double hernie discale. Nous avions décidé de nous installer quelques mois en Afrique, pour suivre le projet d’un ami d’enfance qui se bat pour enrayer le trafic d’ivoire transitant par le Malawi, mon deuxième enfant avait à peine 5 mois, nous n’avions plus notre maison en Angleterre et avions mis tous nos biens au garde-meubles. Tout a basculé le jour de notre départ avec la révélation de la maladie de mon fils et l’avis de mon neurologue me défendant de partir, 30 min avant de prendre notre taxi vers l’aéroport ! Nous avons tout annulé en quelques minutes. Ce fut très difficile à vivre, surtout pour ma femme qui a dû faire face à tout cela. Cette période m’a fait réfléchir et a été très révélatrice. Alors nous sommes partis nous installer dans le sud de la France, près de Nice et de mes beaux-parents.

J’ai eu alors envie d’un album très contrasté, avec des chansons légères et d’autres plus graves.

Votre écriture dépend-elle du lieu où vous vivez ?

Pas tant que ça. C’est plutôt mon paysage intérieur que je sonde pour composer. Je pense que ma démarche est de plus en plus introspective. Et en même temps, j’ai le sentiment d’être de plus en plus ouvert aux autres. Une bonne fois pour toutes, j’ai décidé que la vie serait plus simple ! Peut-être est-ce ma paternité qui me donne cette énergie et cette sagesse. J’ai juste envie d’être heureux, de mener une vie simple, d’être fidèle à mes valeurs. Je ne veux plus me cacher, je n’ai rien à cacher.

« Une bonne fois pour toutes, j’ai décidé que la vie serait plus simple ! »

Devez-vous jouer de votre image, celle du dandy Charlie Winston ?

Un jour, est apparu le Charlie Winston en costume, cravate et chapeau, celui que le public apprécie sous cette apparence. Et ça me va très bien. Le côté élégant, au style très recherché, c’est aussi moi. Mais au quotidien, quand je vais chercher mes enfants à l’école, personne ne me reconnaît car je ne porte pas de chapeau et je m’habille en jeans et T-shirt. Mon look me rend la vie plus simple : je peux endosser le costume de Charlie Winston quand c’est nécessaire, être moi et différent en même temps. Il s’agit aussi d’une forme de respect pour le public, j’ai envie de leur apparaîtr bien habillé car c’est aussi ce qu’il attend de moi. Mais soyons clair, ce style était le mien bien avant mon premier disque « Hobo ». Le succès a fait que tout le monde s’est mis à me parler de mon style et de mon chapeau. Il a donc fallu que j’explore d’autres terrains musicaux pour démontrer que je n’étais pas seulement le mec qui porte si bien le couvre-chef ! Aujourd’hui, tout va bien, et je renoue avec plaisir avec un style qui me correspond parfaitement.

Costume et chemise café Costume, chapeau créé spécialement pour Charlie Winston par Elvis Pompilio. © Ganaëlle Glume

>> Nouvel album : Charlie Winston, Square 1, Sony Music. En concert le 4 décembre au Cirque royal à Bruxelles.

>> Le reportage a été réalisé au Restaurant Louise 345  chez Isabelle Arpin, avenue Louise, 345 – 1050 Bruxelles. 02/ 644 48 87- louise345.com. Maquillage / Coiffure : Hicham Saghrou pour le Salon John Velasquez 38-40 rue des Chapeliers à 1000 Bruxelles  02 511 00 01 – salonvelasquez.com

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