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Meuf Paris : la mode anti-sexisme

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Chez Meuf Paris, les femmes et les hommes revendiquent l’égalité. | © DR.

Mode

Pour lutter contre le sexisme, Claire a créé Meuf Paris, une marque de vêtements aux slogans évocateurs qui cloue le bec aux harceleurs, mais pas que.

Ras-le-bol d’avoir le sentiment d’être déshabillée du regard dans la rue. D’essuyer la drague lourde d’un passant. Pire, de sentir un geste obscène dans un transport en commun bondé sans que personne réagisse. « Non c’est non », « Tu dirais ça à ta mère ? » ou encore simplement « NON » inscrit en rouge avec en filigrane les insultes trop souvent entendues dans la rue : Claire, 27 ans, fondatrice de Meuf Paris, en est convaincue, « les fringues peuvent donner du pouvoir ». Pour mettre en avant ses arguments, elle a l’idée de faire imprimer des répliques positives, drôles et engagées sur des tee-shirts et des sweats basiques. Après s’être essayée au cinéma, Claire, d’origine catalane, se découvre une fibre entrepreneuse.

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La collection Women Power est fabriquée à partir de coton biologique dans des ateliers garantissant aux salariés des conditions de travail décentes.
La collection Women Power est fabriquée à partir de coton biologique dans des ateliers garantissant aux salariés des conditions de travail décentes. © DR
Elle imagine d’abord une box de produits naturels pour lutter contre les règles douloureuses. Son constat est simple : « Pourquoi les femmes devraient-elles rester une journée par mois à la maison à cause des douleurs ? » Son idée originale convainc les investisseurs mais elle doit malgré tout abandonner le projet face aux obstacles des législations liées aux médicaments. L’année dernière, Claire fouille les sites Internet à la recherche d’un pull floqué. « Je n’ai trouvé que des qualificatifs négatifs comme ‘Je suis boudeuse’, ‘râleuse’ ou ‘Madame chiante’. » Encore une fois, elle se sert de son expérience et imagine une première collection de vêtements pour laquelle elle féminise les métiers : cheffe, aventurière, footballeuse…

« Je m’inspire souvent des mots masculins proposés par le correcteur automatique de mon téléphone », raconte-t-elle. Par la suite, elle invente des expressions comme « Gros ovaires » qui devient un best-seller. Elle reprend aussi l’anglicisme « badass ». « Ces mots évoquent des femmes qui osent, qui vont là où on ne les attend pas. » « Mon métier c’est le marquage », dit-elle humblement. Pas seulement. L’été dernier, la loi Schiappa, qui permet de sanctionner les outrages sexistes, n’est pas encore en vigueur.

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Claire décide de déambuler dans Paris en mini-short pour noter les remarques entendues sur son passage. La collection contre le harcèlement de rue est née. Les mantras comme « Egalomane » ou « Fragile » font leur apparition que l’on répète pour se donner confiance. « Je m’adresse à toutes les femmes et je veux montrer toutes les beautés. » Sur sa page Web, pas de tops sorties du moule Victoria’s Secret. Les tee-shirts sont portés par des mannequins de tailles et d’allures différentes, dont certaines avec un handicap. La marque trouve tout de suite son public sur les réseaux sociaux. « Des femmes atteintes de cancer ou d’autres qui viennent de porter plainte pour agression achètent ces vêtements  car ça leur fait du bien de porter ces messages », constate Claire, un peu étonnée par ces réactions.

La créatrice très « girl power » imagine déjà les prochaines collections. Cette fois-ci, elle s’empare d’un sujet qui fait débat : le genre dans la mode pour enfants. Avec Claire, les garçons porteront du rose et les filles du bleu. Le combat de Meuf Paris continue …

Pour chaque commande, 1 euro est reversé à une association, la Maison des femmes, qui accueille les victimes de violences. Tee-shirt à 29,90 et sweat à 49,90 euros.

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