La nouvelle collection couture de Carine Gilson : « La lingerie est devenue un véritable accessoire de mode »

Un savoir-faire digne des plus grandes Maisons. | © Carine Gilson

Mode

Dans son nouvel écrin du Boulevard de Waterloo, la créatrice belge, Carine Gilson, met en scène sa nouvelle collection Couture.

Ses pièces de lingerie font le tour du monde et, au fil des années, elle a développé un savoir-faire exceptionnel digne des plus grandes Maisons. Nous l’avons rencontrée à Bruxelles.

Paris Match. Vous avez créé votre Maison il y a presque trente ans. Quel bilan tirez-vous de votre parcours ?
Carine Gilson.
J’en suis assez fière. Je me suis investie avec beaucoup de courage, de passion et l’envie permanente d’y arriver. Mais je suis une éternelle insatisfaite donc j’ai encore envie d’aller plus loin et de relever d’autres challenges.

Parlez-nous de trois moments clés…
Le premier, c’est la découverte de cet atelier tout poussiéreux, près de la gare du Nord qui fabriquait des combinaisons et qui incrustait de la dentelle. J’ai eu un véritable coup de foudre et cet événement a lancé ma carrière. J’ai racheté la société en 1990. J’étais passionnée par cet univers et je voulais acquérir et perpétuer ce savoir-faire. Le deuxième, c’est mon premier voyage aux Etats-Unis. Nous étions en 1994 et je m’aventurais pour la première fois en dehors de la Belgique afin de présenter ma collection. C’est grâce à ce voyage que j’ai commencé à l’exporter et que je me suis rendue compte de son potentiel à l’étranger. Pendant longtemps, personne ne savait que j’étais Belge parce que j’étais plus connue à l’étranger. Le troisième, je dirais le jour où j’ai décidé de créer mon propre écrin pour la marque. Il y a quatorze ans, j’ai ouvert ma première boutique à Paris. C’était le début d’un autre métier pour moi.

Carine Gilson supervise toutes les étapes de la création.

Un nouvel écrin Couture à Bruxelles, c’est une nouvelle page d’histoire ?
C’est un nouvel écrin, mais aussi une nouvelle image et un nouveau concept. On a fait une refonte du logo. C’est « l’envol » pour la marque… Notre emblème, ce sont des ailes. Le premier écrin dédiait son univers aux oiseaux de paradis. Ils nous ont accompagnés pendant de nombreuses années. Et là… on évolue encore vers quelque chose de nouveau.

Vous avez choisi les architectes David Raffoul et Nicolas Moussalem. Vous désiriez faire un choix audacieux…
Ils sont audacieux, mais j’aimais leur côté Art Déco et leur approche. Ils font de la Haute Couture dans le domaine du design et vont jusqu’au bout du plus petit détail.

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Cette nouvelle collection, est-ce l’aboutissement d’un rêve ?
Ça n’est pas arrivé du jour au lendemain. Nous avons d’abord tout fait pour exceller dans notre domaine. J’ai toujours voulu pousser plus loin dans les finitions et je trouve que c’est une façon de rendre hommage à notre savoir-faire.

Modèle de la collection Soir ‘Flora’ disponible en boutique à partir de  mi-décembre.

Vous ouvre-t-elle de nouvelles portes en matière d’artisanat ?
De nouvelles portes créatives, certainement! Mais je garde mon ADN et je veux encore pousser plus loin le travail autour de la dentelle.

La Collection Soir est-ce aussi une façon de dévoiler ce qu’on ne veut plus cacher ?
Aujourd’hui, la lingerie est devenue un véritable accessoire de mode. Alors, j’ai envie de vous répondre oui. Mais la dentelle a toujours fait partie des métiers d’Art et de la Haute Couture. Je veux juste en dévoiler une autre facette. La façon dont je la travaille fait immédiatement penser à mon univers.

Juste pour le jeu…Pourriez-vous associer une pièce de lingerie à chaque péché capital…
La gourmandise ? Un bustier qui permettra de la contenir. La paresse ? Un déshabillé de soie. La luxure ? Une guêpière ! L’envie ? Un petit baby doll en soie et dentelle. L’orgueil ? Un kimono brodé de fil d’or. L’avarice ? Le pyjama… La colère ? Une pièce en dentelle de Chantilly noire.

26 boulevard de Waterloo – 1000 Bruxelles 02 289 51 47 – carinegilson.com

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